‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 3)Chapitre 55 sur 91 · S11.—UN VISITEUR DE BOSTON—FÊTE JUBILAIRE · texte numérisé non relu

S11.—UN VISITEUR DE BOSTON—FÊTE JUBILAIRE

Des scènes plus aimables que celles des frontières se passaient au vieux cloître, pendant cette année 1754. Nous les citons d'autant plus volontiers qu’elles se rapportent à deux vénérées Mères dont nous avons déj parlé et dont nous parlerons encore.

Au commencement de l’année, ce fut d’abord une visite d’un genre tout nouveau. Un jeune Monsieur de Boston arrivait à Québec, et se faisait conduire aux Ursulines pour y voir une tante bien-aimée. Quels sentiments durent traverser le cœur magnanime de cette Mère Wheelwright de l’Enfant-Jésus, en voyant pour la première fois, ce neveu venu de si loin tout exprès pour elle? Nous ne savons en quel idiome ilsse communiquèrent leurs sentiments, et les nouvelles si intéressantes de la famille ; mais nous savons trèsbien que M. Wheelwright avait affaire à une tante en tout point française, moins la naissance ; française d’adoption, d'éducation, de langue et de croyance religieuse. “Mgr. dit le Récit, a eu la bonté d’accorder à M. Wheelwright l'entrée de notre Monastère, espérant que cela pourra contribuer à sa conversion. ”

Cette famille Wheelwright paraît avoir eu l'âme grande et généreuse. Malgré les préjugés de Religion, ils ne laissèreut pas:er aucune occasion de donner des marques d’e:tiine et d'affection à leur parente Ursuline; encore on cette circonsiuice, nous voyons l’aftectueux neveu laisser à sa bonne tante ‘ un beau couvert d'argent avec gobelet de même métal. ”

Nous convions maintenant nos lectrices à une fête jubilaire, qui fit tressaillir le Monastère tout entier, il y a cent dix ans. Le 10 octobre de eette année 1754,

notre vénérée et chère Mère Supérieure, la Mère Anne

Migeou de la Nativité, a célébré le 50e anniversaire de sa | te profession religieuse. Elle a renouvelé ses vœux en pré- | 54. sence de notre digne évêque, Mgr. de Pontbriand, qui | La e* est venu exprès dire la sainte Messe dans notre petite | éjà église. Nous y avons chanté plusieurs motets. Après la . ll

messe, le Te Deum à été chanté avec une flâte allemande pi ne et un violon, toutes les religieuses ayant un cierge à la nl ur main. La Communauté et le Pensionnat ont eu récréa- 1] | ux tion tout ce jour, et ont été traités magnifiquement au Al ! els réfectoire. A 41 heures du soir, nous avons eu la béné- 1 de diction du S. Sacrement; dix-neuf messes avaient été diant tes le matin dans notre église. Les vers et compliments ut sesont dits et faits dans la salle de récréation. La journée . s’est terminée au son des instruments, et tambours et les

fifres ! Le touten considération de notre très-honorée et très-aimée Mère qui, depuis treize ans, gouverne cette maison avec une grande prudence et une grande sagesse, à l'édification du dedans et du dehors. Nous prions le Seigneur de nous la conserver de longues années pour le bien de notre Communauté. La parure et le luminaire de notre église ont été les mêmes qu'à la grande fête du 100e anniversaire.”

Reste à nos lectrices à juger si les temps modernes peuvent offrir plus d'agrément et d’aimable gaieté, pour un jour de fête.

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