‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 3)Chapitre 62 sur 91 · DOMINATION FRANÇAISE · texte numérisé non relu

DOMINATION FRANÇAISE

tre in. La petite-vérole, cette maladie si redoutée et pourtant de si commune autrefois, enleva à notre Communauté, le sed 8 septembre 1755, ‘ une novice de six mois, Sr. Marie La Geneviève Besançon de Ste. Catherine, jeune personne 6 d’un caractère doux et paisible, capable de rendre sersn vice à la Religion, surtout dans notre saint institut.

Elle n’avait que 17 ans et fit généreusement à Dieu le sacrifice de sa jeunesse.”

A la même année se rattache l'entrée de notre dernier sujet sous la Domination française. Sept jeunes Diles. s'étaient enrôlées sous la bannière d’Ursule depuis 1750. Nous ne ferons que les nommer présentement.

En 1751, Mile Louise-Françoise Soupiraux, fille de M. Simon Soupiraux, chirugien de Québec, (1) et de Mme. M. Anne Gauthier.

Mile. M. Madeleine Cureux, fille de M. Michel Cureux de St. Germain, bourgeoïs de Québec, et de . Mme. Marie Louise Polonaise.

Mile M. Charlotte Brassard, fille de M. J. B. Brassard, bourgeois de Québec, et de Mme. Marie Françoise Hupé Lagronois.

(1) M. Soupiraux a été durant de longues années médecin du Monastère.

Mile Angélique Charlotte Parisé, fille de M. Gilles Parisé, bourgoois de Québec, et de Mme. Angélique Michaud.

‘ En 1753, Mlle. Marie Françoise Comparé, fille de M.F. X. Comparé, Notaire Royal à la Pointe-aux- Trembles, et de Mme. M. Françoise Briseboïis.

En 1755, Mlle Marie-Madeleine Massot, fille de M. Nicolas Massot, marchand de St. Malo établi à Québec, et de Mme Marie Richer; et aussi, Mlle Marie-Anne Brassard, sœur de la précédente du nom.” $17.—LE HÉROS QUE LA MORT SEULE À VAINOU ;—PRISE DE CHOUAGAN.

Reprenons la suite des événements, à l’année 1756. Si l'échec du Baron Dieskau, dans l’automne précécédent, n’avait pas abattu le courage des Canadiens, il les avait du moins un peu attristés ; aussi quelle ne fut pas la joie de la Colonie, quand on vit débarquer au printemps sur nos rives le Marquis de Montcalm ! Le mérite du nouveau général était déjà connu, et son arrivée en Canada fut regardé, comme une grande faveur du ciel. ‘ Notre Roi Très-Chrétien a encore envoyé cette année, dit l’Annaliste, sur différents vaisseaux, plusieurs nouveaux régiments composés de 8,000 hommes, et aussi, 1500 volontaires commandés par M. le Marquis de Montcalm, maréchal de camp, qui vient pour remplacer M. le Baron Dieskau, prisonnier chez les Anglais. Dieu fait tous les jours des miracies, pour la conservation d'un pays qui est sous la protection de la Ste. Famille, Jésus, Marie et Joseph ! ”

Il faut suivre maintenant notre historienne, dans son appréciation de l'expédition de Chouagan, que commandait le Marquis Montcalm, habilement secondé par M. de Bourlamaque, qu'il avait chargé du siège, et par M. Rigaud de Vaudreuil, frère du Gouverneur et officier des milices.

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‘ L'avantage remporté par nos barques sur le lac Ontario, la défaite de plus de 600 hommes dans la rivière Chouagan, (Oswego), la prise et la destruction d'un grand nombre de bateaux, les coups réitérés et presque toujours heureux vers le lac du St. Sacrement, la désolation portée dans la province de la Virginie, de la Pensylvanie, et du Maryland, le peu de monde que nousavons perdu dans ces expéditions ; enfin, la neutralité des cinq nations Iroquoises et le concours de toutes les autres en notre faveur, malgré les présents immenses et les efforts puissants de notre ennemi pour les attirer à son parti: tout nous prouvait d’une maniére indubitable la bénédiction du ciel, et semblait nous assurer la prise de Chouagan, dont on projetait l'attaque.

‘ Cependant, quelques esprits timides regardaient cette prise comme impossible et au-dessus de nos forces. (1) Plus de 1800 hommes de garnison dans des forts nouvellement construits, tous à portée de défendre la principale place et d'en empêcher l'approche; des espèces de frégates armées de canons ; des sauvages ennemis toujours à la découverte, des secours puissants attendus de l’ancienne Angleterre, les mouvements menaçants de la pointe, la difliculté de débarquer et d'ouvrir la tranchée : tout cela en effet était bien capable de décourager, si l’on n'eut compté que sur un bras de chair. Maïs M. le Marquis de Montcalm, étant aussi pieux qu’expérimenté dans la guerre, mit toute sa confiance au Dieu des armées, et elle ne fut pas vaine.

“ M. de Rigaud, Gouverneur de Trois-Rivières, qui conduisait l’avant-garde, se rendit le 10 août à la tête des Canadiens pour faciliter le débarquement, qui se fit sans perdre un seul homme, malgré l'opposition de

(1) Les fortifications de Chouagan se composaient du fort Oswégo, du fort Ontario, et du fort George ou William-Henry.

l'ennemi et le feu de ses barques. Le 12, la tranchée fut ouverte par M. le Colonel Bourlamaque. On établit une batterie contre le fort Ontario. L'ennemi, étonné de voir nos gens se jeter À la nage pour attaquer le fort, prit l’épouvante, et dans la nuit, il l’évacua. Ce fut un coup du ciel! car s’il eut fallu se battre, le fort étant neuf et bien muni d'artillerie, il nous eut occupés longtemps et fait perdre beaucoup de monde.

“ On fit de nouveaux travaux pour placer une nouvelle batterie sur Chouagan. Enfin après un feu des plus vifs de part et d'autre, la garnison anglaise se rendit le 14 au matin prisonnière de guerre. 1800 prisonniers, 100 pièces d'artillerie, cinq drapeaux, quantité de munitions de guerre, 800 bateaux, plusieurs barques, la caisse militaire enlevée, le Commandant Général tué d’un boulet de cañon : tel fut le résultat prodigieux de cette expédition !

‘“ Nous n’avons perdu que trés-peu de personnes, la plupart sauvages. Un ingénieur ayant été pris pour un Anglais, fut malheureusement tué par un de nos sauvages, lorsqu'il allait le matin prendre ses visées pour placer une batterie. Tout son regret en mourant était de n'avoir pas été tué par un Anglais. On a rasé tous les forts.

“Nous n'avons pas manqué de rendre à D'eu lareconnaissance qui lui était due, pour une victoire aussi inespérée. M. le Marquis de Vaudreuil a partagé les drapeaux entre les trois villes : deux furent donnés à l'église de Montréal, un à celle de Trois-Rivières, les deux autres à la Cathédrale de Québec. Mgr. fit faire en actions de grâces, le 20 août, une procession la plus magnifique possible. On y porta la statue de la trèssainte Vierge et les saintes reliques. Les drapeaux, après avoir été bénits, furent confiés à deux Chevaliers

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de St. Louis, et dans chaque église où s’arrêtait la procession, ils en faisaient hommage au souverain Maître du ciel et de la terre, les abaïssant À ses pieds sur les degrés du sanctuaire, Ce spectacle était un des plus beaux et des plus consolants pour les fidèles ; mais il était aussi bien affligeant pour les prisonniers Anglais qui en étaient témoins. Le 17 septembre de la même année, on fit une seconde procession pour terminer les prières publiques, qui se continuaient depuis plusieurs mois ; on y porta le très-saint Sacrement, et les trois châsses de St. Paul, de St. Flavien ct de Ste. Félicité.”’

Une douzaïne de jours après la victoire du Chouagan, l'heureux Général écrivait les lignes suivantes à la R. Mère Supérieure de l’Hôtel-Dieu, où son fidèle domestique avait été soigné :

‘ Madame, Continuez à m’accorder vos prières et celles de votre sainte Communauté. Ce n’est pas tout que d’avoir pris Chouegan, il faut aller à Carillon. J’arrivai hier, et je repars en trois jours. Je me flatte que Celui qui a pris Chouegan, saura repousser à Carillon les ennemis de sa religion. (C’est Dieu qui a fait un vrai prodige dans cette occasion. Il a voulu se servir de mes faibles mains ; aussi je lui reporte tout. Et je reçois avec

reconnaissance votre compliment et celui de votre illustre Communauté.

“# J'ai l'honneur d'être, etc.

“ Montcalm. ”

‘ L'expédition de Chouagan n’a pas été la seule heureuse de cette année. Dès le 27 mars, M. de Léry avait pris d'assaut le fort de Bulth (Bull), dans une saison des plus désavantageuses, à la vue pour ainsi dire d’un ennemi puissant et averti de se tenir sur ses gardes. Il a brûlé un hangard de 200 pieds de long sur 50 de large, appartenant aux Anglais. Il y a trouvé 80 milliers de poudre, quantité de bombes et de grenades, plusieurs canons. Il a pris 9 traînes chargées de vivres, et brisé

plusieurs bateaux. Ila tout fait jeter dans un lac, ne pouvant conserver tant de butin. Quatre-vingts Anglais ont été tués, et l’on a aussi fait plusieurs prisonniers. Nous r'avons perdu qu’un seul soldat ; il y a eu deux ou trois Canadiens de blessés.

“ Le 9 juillet, jour anniversaire du coup du Capt. de Beaujeu sur le Gén. Braddock, M. de Villiers, Capitaine dont il a déjà été parlé, avec 600 hommes, tant Canadiens que Sauvages, a tué 900 Anglais, en a fait prisonniers 60, et a brisé 500 canots.

‘ Pour mériter cette protection du ciel, on avait fait beaucoup de prières publiques, qui n’ont cessé qu’à la quinzaine de Pâques, après laquelle on les a recommencées.””

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