PREMIÈRE VISITE ÉPISCOPALE DU MONASTÈRE
Bientôt après son arrivée à Québec, Mgr. de Laval fit la visite épiscopale du Monastère selon son devoir de premier pasteur. Ce fut une consolation pour la Communauté de voir le zélé Prélat s'occuper si tôt de ses intérêts spirituels. Un incident de cette visite donna toutefois de l'inquiétude à nos bonnes Mères. Monseigneur examinant les Constitutions composées par le R. P. J. Lalemant en 1646, proposa d'y faire des changements. La Vén. Mère qui savait avec quelle bénédiction on avait observé jusque-là ces Constitutions, en fut vivement alarmée, “car, disait-elle, quand on est bien il faut s’y tenir, parce qu’on est assuré qu’on est bien ; mais en changeant, on ne sait si on sera bien ou mal.” (1)
(1) Rien n’est plus admirable que la charité et l'attention que le R. P. Lalemant avait apportées à ces Constitutions primitives. La Mère de l’Incarnation et ses religieuses, ‘ayant prié ce bon Père de leur dresser des Constitutions et des Règlements pour le pays d’après les expériences qu’elles y avaient faites, il le fit, dit la Vén. Mère, avec une entière charité, et avec tant de déférence à nos sentiments, qu’il n'y a
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Le digne Prélat, qui avait donné une année à la Commuuauté pour la discussion de cette affaire, changea lui-même de sentiment et confirma les Constitutions primitives, qui furent observées jusqu’à l'adoption des Constitutions de Paris en 1682.
Nos lectrices nous sauront gré d'ajouter ici quelques mots d'explication sur la forme de gouvernement qui régissait nos Mères il y a deux siècles, et qui est passé jusqu’à nous, sans révolution ni réforme.
La constitution d’un Monastère ressemble beaucoup à la constitution de l'Eglise elle-même. Pour mieux développer cette idée, nous ajouterons que de profonds penseurs ont souvent dit, que le gouvernement général de l'Eglise renferme ce qu’il y a de mieux dans les différentes formes de gouvernement inventées par les hommes. Ce gouvernement revêt la forme monarchique dans la personne de Notre Saint-Père le Pape, qui décide des questions en dernier ressort; il est aristocratique et constitutionnel dans les conciles, où les Pères de l'Eglise se réunissent pour délibérer, et ne décident qu'à la majorité. Dans la personne des fidèles, ce gouvernement devient, pour ainsi dire, républicain ; car dans l'Eglise catholique, les fidèles de tous ordres ont une voie ouverte vers les diverses dignités de l'Eglise : voilà pour le gouvernement de l'Eglise en général.
Maintenant, pour ce qui regarde tout ordre religieux
chapitre que chaque sœur n’ait lu trois fois, et dont elle n’ait conféré avec lui, disant en toute liberté ses pensées et ses sentiments sur ce qu’elle avait lu. Le chapitre était ensuite présenté à la Communauté pour être reçu par suffrages secrets, et il n’y en a pas un seul que toutes nos sœurs n'aient reçu, quoique nous eussions conclu que nous recevrions de Ja main du Révérend Père, tout ce qu'il ferait, sans y apporter toutes ces formalités. Il faut avouer qu’il ne se peut rien voir de :nieux concerté ni de plus propre à notre dessein et Institut en ce
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