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régulièrement constitué, il y a, comme dans l'Eglise, un premier supérieur qui est ordinairement l’Evêque diocésain ; ensuite une supérieure à l’intérieur du Monastère, qui, avec son conseil, gère les affaires impor-. tantes ; et en troisième lieu le corps effectif, composé des membres de la Communauté, qui, avec le temps, sont éligibles aux divers emplois et charges de la maison.
$Ë.—LES RESTES MORTELS DE LA MÈRE MARIE DE ST. JOSEPH SONT TRANSFÉRÉS DU JARDIN À LA NOUVELLE ÉGLISE.
Dix années s'étaient écoulées depuis la mort de la Mère St. Joseph, et sa dépouille mortelle reposait encore dans le jardin du Monastère. En 1662, le caveau de la nouvelle église étant enfin terminé, nos Mères se pourvurent de l'autorisation nécessaire pour faire la translation de ce corps vénéré. “Au printemps de l’année 1662, dit le vieux récit, on leva de terre les précieux restes de la Mère St. Joseph du jardin où ils avaient été enterrés, pour les transférer avec solennité dans le tombeau qu’on leur avait préparé au caveau de la nouvelle église. A l'ouverture du cercueil, on trouva la substance du cœur et du cerveau encore toute fraîche et exhalant un suave parfum. Une de nos sœurs s'étant emparée d'un petit morceau de ce cœur pour le porter sur le sien par dévotion, toutes celles qui l’approchaient ont senti l’odeur d'iris qui s’en exhalait. Toute la substance du corps de cette pieuse Mère était réduite en une masse blanche sous les” ossements, à l'épaisseur d’un pouce (1). L'on remit avec dévotion
(1) “ On remarqua que cette pâte blanche étant mise sur un fer chaud ou sur des charbons ardents, fondait comme de la cire ou de l’encens, et exhalait une très-douce odeur. Il en était de même des
| ces os dans une nouvelle bière, et la procession s'étant è 1 formée, on la porta au lieu destiné pour la sépulture : des religieuses.
“ Le R. P. J. Lalemant, directeur de la Mère Marie de St. Joseph, qui présidait à la cérémonie, nous fit une 1 exhortation touchante. Ayant pris pour texte ces pa-
roles de St. Paul aux Romains: ‘ Saluons Marie, qui a | beaucoup travaillé parmi nous,” il rapporta les vertus | de cette bienheureuse servante de Dieu, donna une ex- \ plication morale de cette substance blanche, de cette
odeur si douce, des quatre nœuds de sa ceinture (1) ï | restés sans corruption, et il ne fit point de difficulté de { l’appeler sainte, disant qu’il la croyait au ciel dans un
très-haut degré de gloire. Il fit aussi remarquer à nos
Mères que dans la vie du R. P. L. du Pont, il se trouvait quelque chose de semblable, et que les médecins ‘ ayant été appelés pour examiner ce qui paraissait êtr | extraordinaire à l’ouverture du cercueil, ils attestèrent
que de pareils faits ne pouvaient être attribués à des causes naturelles ; et il ajouta que l’on devait rendre le même témoignage aux restes mortels de la Vén. Mère
|: Rt. Joseph.”
| 4 Quelle douce consolation durent éprouver nos Mères en cette circonstance! Le parfum des vertus de cette chère sœur, la seule de la Communauté qui fût morte
depuis qu’elles étaient en Canada, n'avaient pas cessé
morceaux de son cœur que l’on mettait sur le feu. Quelques années après, l’occasion s'étant présentée d'ouvrir de nouveau le cercueil, la substance du cerveau se trouva réduite à deux petites boules dures comme de la pierre.”—Lettres de la Vên. Mère.
(1) La ceinture dont il est ici parlé est celle que l’on porte dans les maisons d’Ursulines fondées par la Congrégation de Bordeaux; cette ceinture fut portée par nos Mères jusqu'en l’année 1684, où l'on adopta les règles de Paris.
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