‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 121 sur 199 · DÉVOTION À JÉSUS ENFANT · texte numérisé non relu

DÉVOTION À JÉSUS ENFANT

Voici une de ces petites fêtes de famille donc nous aimons à conserver le souvenir; c’est l'inauguration de la chapelle de l'Enfant Jésus. Cette petite chapelle, qui se trouvait à l’entrée du chœur, dans une tribune, fut bénite le 25 novembre 1671, et l’on y fit, après la cérémonie, un salut solennel. Le chant du Zauda Jerusalem et de quelques motets analogues à la circonstance étant terminé, le R. P.J. Lalemant, alors directeur de la Communauté, assura son audience que tant que ce Monastère existerait, le Verbe Incarné y serait honoré dans l’humble état de sa divine Enfance. Cette parole remarquable fut comme une prophétie, car le culte de l'Enfant Jésus n’a jamais perdu au Mopastère sa primitive ferveur.

Plusieurs amis et entr’autres M. Sain, trésorier de France, l’un de nos plus signalés bienfaiteurs, instruits des fruits que produisait parmi les élèves cette aimable dévotion, se plurent à enrichir la petite chapelle. Grâce à leur libéralité, rien n’y manquait: tableaux, fleurs, parements, chandeliers, statuettes, tapisserie, tout y était du meilleur goût.

Ces précieux objets devinrent plus tard Ja proie d’un incendie, mais la dévotion au saint Enfant Jésus ne se

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perdit pas dans les flammes, lu chapelle reparut avec la nouvelle église, et elle fut enrichie de très-grandes indulgences obtenues de Rome par plusieurs de nos

seigneurs Evêques, entr'autres Mgr. de St. Vallier et Mgr. Plessis.

La vue de cet autel de Jésus Enfant, placé au bas du chœur actuel, nous reporte souvent au temps de notre Vén. Mère, et le salut du 25 de chaque mois ne nous

permet pas d'oublier sa tendre dévotion au Sacré Verbe Incarné.

Nous rappellerons encore ici une de ces ingénieuses et touchantes pratiques de nos anciennes Mères, pour augmenter parmi les séminaristes et les pensionnaires, la dévotion envers la sairte Enfance de Notre-Seigneur. Tous les ans à l’époque de Noëi, elles faisaient venir de Lorette (1) ou de Sillery, un petit sauvage qu’elles habillaient de neuf, honorant en lui le saint Enfant Jésus. Déjà l’on avait dressé dans la chapelle une grande et velle crèche, où figuraient de hauts sapins

(1) ‘ Les Hurons de Notre-Dame de Lorette, si dévots envers le saint Enfant Jésus, n’oubliaient pas non plus sa divine Mère. En 1678, ils envoyèrent à Notre-Dame de Chartres, en France, un vœu ou consécration, avec un collier de porcelaine, comme témoignage de leur vénération et de leur dévouement envers la Vierge, mère du Dieu Sauveur. Cette ceinture, de quatre doigts de large, est faite de grains de porcelaine blans et noirs, bordée de soie de porc-épic rouge. On y lit: Virgini parituræ votum Huronum. Les lettres sont formées par les grains noirs, les blancs servent de fond. Cette ceinture ainsi qu'une autre envoyée par les Abénaquis en 1799, se conservent dans une des chapelles de la crypte de l’église de Notre-Dame de Chartres. { Pour remercier ces bons Hurons et honorer leur piété, le chapitre de Chartres leur fit don, en 1680, d'une grande chemise d'argent du pois de cinq à six marcs, remplie de diverses reliques. Ce précieux reliquaire se voit encore dans la chapelle de la Nouvelle-Lorette, près Québec.'’—Relations inédites de la Nouvelle-France.

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