‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 123 sur 199 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Etat du Pensionnat entre les deux Incendies.

Liste des élèves telle que rétablie après l'incendie de 1686—Notices sur quelques élèves—Mlles. Anne de Lauson et Marie M. des Moulins passent du pensionnat au ciel—La première Hospitalière Canadienne de Montréal—Mlle. Jeanne Le Ber.

$l.—ÉTAT DU PENSIONNAT.

L nous tarde de parler à nos lectrices, de cette intéressante et chère portion de la famille du clitre qui constitue ce qu’on appeiie le Peusionnat. Déjà sans doute, en voyant s’accroître la population de la colonie, elles ont compris qu'il y avait aussi du mouvement à l’intérieur du Mo- Ÿ nastère.

En effet, dès l’année 1664, la Vén.

Mère écrivait: “C’est à l'endroit des , filles françaises que nous sommes le plus en occupées. Il n’y en a pas une qui ne passe par: nos mains, et cela réforme touts i1 colonie et

fait régner la religion et la piété dans toutes les familles.”

& L'on est fort soigneux de faire iustruire les filles françaises, répétait-elle en 1668 ; et je vous assure que s’il n’y avait des Ursulines, elles seraient dans un danger continuel de leur salut. Nous avons tous les jours sept religieuses de chœur employées à l'instruction des filles françaises, sans y comprendre deux converses qui

sont pour l’extérieur. Comme plusieurs ne sont pensionnaires que peu de temps, il faut que les maîtresses s'appliquent fortement à leur éducation, et qu’elles leur apprennent, quelquefois dans un an, à lire, à écrire, à jeter; les prières, les mœurs chrétiennes, et tout ce que doit savoir une fille. Il y en a que les parents nous laissent jusqu'à ce qu'elles soïent en âge d’être pourvues, soit pour :: monde, soit pour la Religion. Nous en avons huit tant professes que novices, qui n’ont point voulu retourner au monde, et qui font très-bien, ayant été élevées dans une grande innocence ; et nous en avons encore qui ne veulent point retourner chez leurs parents se trouvant bien dans la maison de Dieu. Deux de celles-là sont petites-filles de M. de Lauson bien connu en France, lesquelles n’attendent que le retour de M. de Lauson Charny pour entrer au noviciat.

“La colonie française s’augmente tous les jours (1670). Cette grande multiplication augmente aussi notre travail. Nous avons été obligées d'accroître nos classes, et Monseigneur notre Prélat a pris la peine d'écrire en France qu’on nous envoie deux religieuses pour nous donner du secours.”

On a déjà vu ce secours accordé à nos Mères dans l’arrivée de quatre Ursulines en 1671. Nous allons maintenant présenter la liste de ces premières élèves du pays, qui excitaient à un si haut point l'intérêt et la sollicitude de nos Mères ; plus d’une aimable lectrice découvrira dans cette longue suite de noms, celui qu'illustrèrent ses ancêtres au service de la Religion et de la patrie. Ncus ne pouvons nous flatter de donner cette liste complète, les régistres aussi bien qna les annales ayant dû être rétablis de mémoire après l’incendie de 1686. Cependant il était difficile à nos Mères, il nous

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Nous aurions aussi voulu pouvoir donner un plus grand nombre de notices sur ces intéressantes élèves ; mais le défaut d’espace ne nous le permet pas. D'ailleurs nous espérons, si Dieu nous en fait la grâce, publier plus tard un petit volume à ce sujet,

L'extrait suivant de la Relation de 1668 vous dira, chères lectrices, si vos devancières aux Ursulines de Québec sont dignes de vous être nommées, et si elles ont su répondre aux soins et au dévouement de leurs bonnes maîtresses.

(1) Il n’est question dans la liste qui va suivre que des élèves pensionnaires. Parmi les noms oubliés doivent se trouver bon nombre de ces élèves passagères qui n’étaient que peu de temps au pensionnat. 4 On nous en donne pour les disposer à la première communion, disait la Vên. Mère, et pour cet effet, elles sont deux ou trois mois aux classes.” Ailleurs: ‘Sans l’éducation que nous donnons aux filles françaises qui sont un peu grandes, durant l’espace de six mois ou environ, elles seraient aussi sauvages et peut-être plus que les sauvages mêmes. On nous les donne presque toutes les unes après les autres, ce qui est un gain inestimable pour le pays.”

La charité inépuisable de la Mère de l’Incarnation et l'intérêt qu’elle portait au Canada, se découvrent dans le passage suivant: ‘4 Nous faisons de grands frais, dit-elle, parce qu’on nous donne plusieurs filles françaises pour l'entretien desquelles les parents ne peuvent fournir que peu de chose, et d’autres ne peuvent rien donner du tout; et ce qui est à remarquer, les françaises nous coûtent sans comparaison plus à nourrir et à entretenir que les sauvagesses. Dieu est le père des unes et des autres, et il faut espérer de sa bonté qu’il nous aidera à les assister.”

Le nombre des élèves externes paraît aussi avoir été considérable à cette époque. ‘Les externes nous donnent beaucoup de travail, disait la Vén. Mère; mais nous ne veillons pas sur leurs mœurs comme ei elles étaient en clôture. Elles sont dociles, elles ont l'esprit bon, elles sont fermes dans le bien quand elles le connaissent,

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On ne peut assez estimer le bonheur du Canada, dit le R. P. Le Mercier, d’y avoir depuis près de trente aus les deux maisons religieuses d'Ursulines et d'Hospitalières, qui y étaient nécessaires, et qui s’acquittent dignement et saintement de ce que Dieu et les hommes ont pu attendre d’elles, chacune dans les emplois où la divine Providence les avait destinées.

“ Les Mères Ursulines ont eu tant de bonheur dans l'instruction des filles qu’on leur a confiées, soit pensionnaires, soit externes qui fréquentent leurs classes, qu’en voyant les ménages du Canada, et chaque maison en particulier, très-aisément on distingue, par l'éducation chrétienne des enfants, les mères de familles qui sont sorties de leur maison, d'avec celles qui n’ont pas eu cet avantage.”

.—LISTE DES ÉLÈVES TELLE QUE RÉTABLIE APRÈS L'INCENDIE DE ; 62 ÉLÈVES TE ÉTABLIE À 1686

Milles. Marguerite Bourdon (une des trois fondatrices de l'H6pital-Général de Québec,) Françoise Hébert, la fille de Maître Abraham l'Ecossais, Gen. Bourdon (Rel. Ursuline, Québec), la fille de M. Primault de Montréal, Marie M. et Louise Marsolet, Catherine Sensgtre, Louise Morin, Franç. Duguet, Franç. Denis, Louise fille de la veuve Poisson, tué par les Iroquois, la fille du Sieur ‘Boutet de St. Martin, Marie Daudier, Franç. Crevier de Trois-Rivières, Jacqueline, fille du Sieur Maheu de l'Ile d'Orléans, Gen. Drouin, petite-fille de Maître Zacharie Cloutier, Mlle. de la Blanchetière (1), Jeanne Peltier, Elizabeth Moyen (2), Ursule Prougt, (filleule de Mme. de la Peltrie), Jeanne Brassard, Marie

(1) Elle était du nombre des ‘ Filles du Roi.” Après une année de pension, cette demoiselle épousa M. Dotteville, neveu du R, P, de Lyonne.

(2) La Mère de l’Incarnation raconte ainsi les malheurs de cette estimable famille, ‘Le coup le plus funeste que les Iroquois aient

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RISTOIRE DU MONASTÈRE. 323

Sedilot dit Montreuil, Jeanne Langlois, Gen. de Chavigny, Marie Chartier, Isabelle Bouchet, M. Paradis, Marie M. Hertel (1), Louise Bissot, Marie Poulin, Charlotte de Chavigny, Marie Boutet, Anne Martin (2), Marie Macart, Gen. Peltier, Delphine Le Tardif, Agnès Duguet (Rel. Ursul. Québec), Mlle, du Plessis (3), Jeanne Godefroy de T. R., Gen. Nosse de Messeray, Marie Gagnié, Gertrude Couillard, Ang. Poisson de T. R, la fille de Mme. de la Chenaye, la fille de Nicolas Bonhomme, Françoise Dugué, Cath. Denis (4), Marie Gaignon, Cath. du Tilly, Anne du Plessis,

encore fait, a eu lieu à l’Ile-aux-Oies, (douze lieues en bas de Québec) qu’un honnête bourgeois de Paris, nommé M. Moyen, avait achetée, et où il s'était établi avec toute sa famille. Il fut surpris dans sa maison le jour du St. Sacrement, (juin 1655), au moment où tous ges domestiques se t’ouvaient dispersés. Lui et sa femme furent massacrés, et leurs enfants, avec ceux de M. Macart, furent emmenés captifs par ces barbares.”

Du nombre des captifs fut Mlle. Elis. Moyen ainsi que Mlle, Macart qui venaient de sortir du pensionnat. Cependant Dieu veillait du haut du ciel sur ces enfants. Il toucha le cœur de ces barbares, qui livrèrent quelque temps après ces infortunés captifs à des ambassadeurs français. De retour en Canada, Mlle. Elis. Moyen devint l'épouse du Major Lambert Closse, le ‘ Héros ”” de Montréal, et sa sœur Marie épousa le Capitaine du Gué, du régiment de Carignan. L'aînée des Dlles. Macart devint l’épouse de M. Basire, le plus riche marchand de Québec, qui s'occupa avec une extrême bonté de l'éducation de ces intéressantes orphelines dont il se fit le protecteur. Geneviève et Catherine reçurent à ses dépens leur éducation, et Mlle, Anne Macart fut adoptée par Mme. de la Peltrie en 1664. Geneviève devint l'épouse du Sieur de Villiers.

(1) Sœur de François Hertel surnommé le ‘{ Héros.”

(2) Fille de Maître Abraham l’Ecossais, qui donna son nom aux terres des plaines, près de Québec, achetées depuis par le Monastère,

(3) Fille du Gouverneur de Trois-Rivières massacré par les Iroquois en 1656. Elle était cousine des Dlles. de Lauson par sa mère, Mlle. des Prés.

(4) Voici encore une enfant chérie de nos bonnes Mères, dont le 4 nom et renom”’ se sont conservés depuis deux siècles au fond de

Marie Aubé, Marie Denis, (fille du Gouv. de l’Acadie), Gen. Macart, Mlle. des Rosiers de T. R., Mile. Moral de St. Quentin, Louise Côté, Mile. de la Meslée de T. R., la fille de la veuve Caron, Miles. Joliet, Baillargeon, Brindiliers, Béranger, Elisabeth

nos archives. Née à Tours, elle avait été amenée jeune encore à Québec, où sa famille s’entoura de toute la considération due à une noblesse ancienne et vaillante, qui sait aimer et défendre la religion de ses pères.

Mlle. Cath. Denis ainsi que sa sœur Gabrielle étaient au pensionnat, lors de l’arrivée des premières Hospitalières de Ville-Marie en 1659. Le séjour de ces ferventes religieuses dans notre Monastère fit grande sensation parmi les élèves, puisque notre vieux récit dit que ‘“‘plusieurs d’entre elles voulurent dès lors les suivre,” afia de contribuer à l'établissement solide de la Religion dans Ville-Marie. Parmi les plus ardentes de ces élèves se trouvait MIle. C. Denis ; mais comme la terreur régnait alors à Montréal, son père exigea d'elle une longue épreuve. D'ailleurs M. Denis, quoique membre du Conseil Souverain de Québec, n'était que médiocrement pourvu des biens de la fortune. Il dut donc attendre de la Providence quelques secours pour faciliter à ses files aînées l’accomplissement des desseins de Dieu sur elles. La bonne Providence ne trompa pas son attente, car les MM. de St. Sulpice, défrayèrent à ces deux sœurs les dépenses de leur entrée en religion. Ce fut au mois de novembre 1666, que Mlle. Catherine Denis partit de Québec en compagnie de la Sr. Raisin, qui retournait alors à Montréal sous la conduite de M. ?érot, curé de Ville-Marie, Elle entra à l'Hôtel-Dieu de St. Joseph le 21 du même mois, et y fit profession deux ans après. Les annales de sa maison rendent le plus beau témoignage à sa vertu. Elle occupa successivement les charges d’assistante, de dépositaire et de maîtresse des novices, et mourut pleine de mérites le 6 septembre 1730, ayant poussé sa vigoureuse existence jusqu’à l’âge de quatre-vingt-dix ans.

La sœur Raisin, cette compagne fugitive de la Sr. Bourgeois, s'était présentée aux Ursulines, et sa demande fit grand bruit dans le temps. Pour tout commentaire, nous citerons le mot à mot de notre vieux récit. ‘Cette année 1666, au mois de juillet, Sr. Marie Raisin de la Congrégation de Notre-Dame entra dans ce Monastère dans le dessein d'être religieuse Ursuline. Madame notre très-honorée Fondatrice la dotait. Elle était venue de France en l’année 1659 avec la pieuse

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truction des jeunes filles à Montréal. Ayant quitté ses compagnes sept ans plus tard, elle demanda et obtint l’entrée de notre maison, ce qui fit grand bruit à Québec comme à Montréal. Cependant on la soumit dans le noviciat aux épreuves ordinaires ; mais il parut certain que Dieu ne l’appelait pas ici, car environ trois mois après, voyant que notre vie austère ne lui convenait nullement, Sr. Marie Raisin se détermina d’ellemême à sortir avec l'agrément de la Communauté, et d’après les conseils qu’on lui donna à Québec, elle alla rejoindre ses premières compagnes.”?

() Mille. Marie Morin, qui fut la première novice canadienne reçue par les dignes Hospitalières de Montréal, naquit à Québec en 1649 et eut pour parrain M. d’Ailleboust gouverneur. Jeune encore elle commença à fréquenter nos classes externes, et ce fut vers le temps de sa première communion que son père la mit au pensionnat. Elle y entra le 23 février 1660, et telle fut son application et sa ferveur durant le cours des instructions préparatoires, que les autres élèves la regardaient comme un modèle de sagesse et de piété. Dès lors aussi elle disait ingénûment qu’elle voulait aller à Ville-Marie pour y mourir martyre de la foi; mais ses parents n'étant pas du même avis, elle dut modérer son zèle et rester à Québec encore deux années entières. Ce fut en 1662 que la jeune Marie, à l’âge de treize ans et demi, obtint de ses parents la permission de les quitter pour Dieu. Que d'épreuves n’eut-elle pas à soutenir pendant ses deux années de noviciat ! Seule de son âge et loin de sa famille, Mile. Morin, élevée dans une aisance honorable, dut faire alors l'apprentissage de toutes les privations attachées à la pauvreté. A cela vinrent se joindre deux graves maladies qui la mirent aux portes du tombeau, et ce ne fut qu’à l’aide d’une protection particulière de St. Joseph, auquel elle avait eu dès ses premières années la plus tendre dévotion, que la jeune servante de Dieu put enfin consommer son sacrifice. Sa vie d’'Hospitalière fut longue, utile et édifiante. Au premier incendie en 1695, elle était supérieure, la Sr. Macé était assistante et la Sr, Catherine Denis dépositaire. Comme on le sait, ce fut elle qui écrivit les annales de l’Hôtel-Dieu, œuvre digne de son intelligence et de sa haute piété, et à laquelle elle mit la dernière main en 1725. Une mort douce et calme vint terminer son existence en 1732 ; elle était âgée de quatre-vingt-deux ans.

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Charifou, Marie-Renée Godefroy de T. R., Marie Boucher de T. R., Jacqueline des Pins, Margte. Denis, Marie M. Marsolet, Mlle. de la Ferté, M. Toupin, Mlle. Le Blanc, Marie La Mouche, M. de St. Denis, Marie de Villiers, M. Cath. Nosse de Messeray, Franç. Phélipeau, Jeanne Soulard, Marie M. du Tilly, Anne Le Mire, Marie M. Sedilot des Noyers, Cath. de Launay, Franc. Pinel, Jeanne Lavallée, Charlotte Denis, Jeanne Courville, Jeanne Charpentier, Claire Gauthier, Isabelle du Pérat, Mile. Amiot, Marie Anne Migeon de Branzac, Mlle. Godefroy de Linctot, Marie Hamel, Mlle. Soumande (1), Gen. de la Glardière, M. Le Mire, Margte. du Tilly, Mlle. Le Grand, Miles. Trépagny, Ratté, Constantin et Poulin, Charlotte Bissot, Miles. Perrot et Loignon, Gen. Couïllard de l'Espinay, Mlle. de la Haye, Cath. Thivierge, Marie Duguet, Franç. Le Mire, Franç. Denis, Mlle. Boucher, Franc. Tellier, Mlle. Normand, Dorothée du Bois, Mlle. Rochon, Franç. Boucher, Thérèse Lessard, Mlle. des Noyers, Mile. des Prés, Claire Gauthier, Félicité Picard, Anne Mars, Jeanne Soulard, Cath. Denis, Miles. de Bellefond, la Brière, le Vasseur, et la Garenne, Miles. Pinguet, Boucher, de La Lande, de Comporté, de St. Amand, M. Thérèse Duguet, Barbe Montmenil, M. Thivierge, Isabelle du Buisson, Mlles. Gaïignon, Fournier et Mars, Favel, Boutteville et Roussel, Jeanne de St. Amand, Milles. La Branche, Roberge, Giroux, Durant, de Vitray, Margte. de Linctot, Isabelle de Joybert de Marson, Mlle. Xaintes, Jeanne Toupain, Louise Courville, Marie Anne La Roche, Jeanne du Menu, Mlle. Fournier, Louise de la Glardière, Marie Thérèse du Pont, Cath. Gauthier, Franç. Le Vasseur, Marguerite et M. Madeleine du Bois, Franç. Savin, Thérèse Gaulin, Louise Mars, Marie du Menu, Marie Anger, Cath. d’Ailleboust des Musseaux, Claire Montmorency, Cath. Loignon, Marie M. d'Amour des Chauxfours, Gertrude Rose, Marie-Thérèse Lacombe, Jeanne de Villeneuve, Anne de la Vallée, Mlle. Sédi!:: des Noyers, Marie-Anne Le Mire, Anne Bonnehomme, Jeanne Franç. Normand, M. Madeleine Gauthier, Margte. Guyon, Marie Trudelle, Louise Denis, Louise de

(1) Cette demoiselle est décédée au pensionnat dans le cours de l’année 1677, après une maladie de deux jours.

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Lanaudière (Rel. Ursuline Québec), M. Madeleine du Pont (depuis Mme. Lemoyne de Maricourt), Mlle. Blason T. R., Margte. Chorel de St. Romain, Margte. Pinard, Cath. Soulard, Marie Anne Gauvreau, Susanne La Rose, Marie Anne Begin, Isabelle de la Vallée, Marie Neveu, Marie Anne Roberge, Marie Anne Frérot de la Chesnaye, Louise de Xaintes, Marie M. Brassard, M. Madeleine Guyon, Isabelle de la Garenne, Louise Fauvel, Anne Joly, Anne Chrétien, Marie C. Mainville des Chênes, Anne Pomainville, Cath. Juchereau de St. Denis (Rel. Ursul. Québec), Marie Anne Guyon, Charlotte Charest, Barbe Belanger, Anne Le Hardy, Anne Picard, Isabelle du Perat, Louise et Charlotte du Tilly, Anne Sédilot-Montreuil, Louise Dion, Margte. Tessier, Hélène Routot, Marie M. Gariépy, Louise Mathieu, Charlotte Guyon, Anne Pinelle, Charlotte Renaud, Margte. Brière, Charlotte Côté, Marie Roussel, Anne de Lauson (1), Mlle. Le Moine T. R,, M.

(1) Parmi les élèves du Monastère que nous citons présentement, il en est deux qui méritent un intérêt tout particulier : ce sont les demoiselles Anne de Lauson, petite-fille du gouverneur de ce nom, et Marie M. des Moulins, de Trois-Rivières.

Ces deux élèves, qui avaient été confiées à nos Mères dès leur plus tendre enfance, se trouvaient au pensionnat à la mort de notre Vén. Mère Marie de l’Incarnation. Elles furent conduites auprès de cette bien-aimée Mère st reçurent sa dernière bénédistion. L’eftet de cette bénédiction paraît être de leur avoir ouvert à toutes deux l’entrée du ciel dans la fleur de leur innocence et de leur jeunesse.

Anne de Lauson n’avait que trois ans quand on l’amena aux Ursulines, peu de temps après la mort tragique de Jean de Lauson son père. Cette enfant unissait aux grâces ingénues de la nature, la vivacité de l'esprit et la bonté du cœur, en sorte que ses pieuses maîtresses n’eurent qu’à cultiver en elle les heureuses dispositions que le ciel y avait mises.

Ses succès dans la route épineuse de l’étude répondirent à l’attente de ses amis; on eut surtout la rare consolation de voir que cette jeune demoiselle savait déjà apprécier la ‘figure de tout ce qui passe ”” au point de vue de la foi. (Comme sa sœur Marie, elle était résolue de se consacrer à Dieu en s’enrôlant sous la bannière de Ste. Ursule ; mais à l’entrée de sa seixième année, au moment où la porte du noviciat allait s'ouvrir devant elle, le Seigneur appela à lui, la

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Guidet, T. R., Isabelle Le Fêvre T. R., Marie de Lauson (Rel. Ursul. Québec), Cath. Le Fêvre, Anne de Laroche, Louise de la Ferté (1), Margte. Seigneuret, Anne de la Chesnaye, Gen. Bissot, M. Guilbout, Mlle. Anne de la Marque (2), Marie M. des Moulins (3), Charlotte Béranger, Marie Chauvin T. R., Marie Beau-

jeune et pieuse Anne pour la placer parmi ses anges. Voici ce que dit notre vieux récit au sujet de la mort de cette aimable enfant. ‘6 Mlle. Anne de Lauson, nous fut enlevée en un moment le 13 novembre 1672, sans nous laisser le loisir de lui faire administrer les sacrements, ce qui nous causa une très-sensible douleur. L’ardeur que Mlle. de Lauson avait montrée pour embrasser la vie religieuse, jointe au désir qu’elle témoignait d'être enterrée avec le saint habit de notre ordre au cas qu’elle mourût avant son entrée au noviciat, fit qu'après son décès on la revêtit de l’habit d'Ursuline, et elle fut enterrée dans le caveau des religieuses.”

(1) Filleule de Mme. de la Peltrie.e On appelait ainsi, non-seulement celles qu’elle avait tenues sur les fonts baptismaux, mais encore celles dont elle défrayait l'éducation. Nous n’en indiquons que quelques unes.

(2) Demoiselle noble envoyée par le Roi en 1663. Protégée de M. Douit.

(3) Mile. Marie Madeleine des Moulins eut le bonheur de donner à ses jeunes compagnes le plus bel exemple de soumission à la volonté divine, en quittant sans regret à la fleur de son âge tout ce qu’elle avait aimé sur la terre. ‘Mlle. des Moulins, dit notre récit, nous avait été confiée à l’âge de quatre ans, par son père et sa mère, et nous l’avions élevée dans une grande innocence. Pieuse, aimable et intelligente, cette enfant semblait destinée à faire un jour le bonheur de sa famille, mais Dieu avait sur elle d’autres vues. Déjà ses parents avaient fixé l’époque où ils devaient venir de Trois-Rivières ln chercher, et leur douleur fut grande lorsqu'ils apprirent la nouvelle de sa mort,

& Cette jeune demoiselle qui était dans sa quinzième année, fut atteinte subiteisent d’une maladie mortelle, mais la vue d’une mort prochaine ne l’effraya point ; ayant fait son sacrifice, elle se disposa avec une piété fervente à paraître devant Dieu et mourut dans l’infirmerie des religieuses le 22 juin 1674. Comme sa compagne, Mile. de Lauson, Mlle. des Moulins a obtenu par ses ardentes prières la grâce d'être enterrée parmi des religieuses."

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dry, Claire Turgeon, Marguerite et Elisabeth Gravelle, Marie M. Bacon (filleule de Mme. de la Peltrie), Frang. de la Haye (filleule de Mme. de la Peltrie), Marie Dognon, Mlle. Gloria, Rosalie Duguet, Anne Macart (1), Barbe Denis, les deux filles de Jean du Maine, Mlle. Couillard de L'Espinay, Mlle, des Musseaux, Mlle. Lemaître T. R., Franç. Savard, Mlle. Lafond, Marie Boissel, Marie M. Pinguet, Mlle. de la Garenne, Geneviève, Catherine et Claire Bissot de Mingan, M. Jeanne de St. Quentin, Anne Goupil, Marie Perrot, Barbe Julien, Sébastienne Lognon, Simonne Bisson, Catherine Macart, Marie de Villeneuve, Jeanne Dandonneau, Marie Margte. et Marie Mad. Gloria (2), Anne Durant, Marie Cloutier, Jeanne-Isabelle Le Mire, Marie Ancelin, Marie Vigner, Dorothée Brassard, Marguerite La Marchère, Simonne Chalifou, Margte. de Villeneuve, Marie Fournier, Marie M. Bourgery (3), Anne Baillargeon (4), Frang. Capet, Marie Lambert, Anne Aubé, Marie-Anne Berry, Marie Bissot, M. Ga-

(1) Anne et Catherine Macart appartenaient à cette intéressante famille, dont le père et la mère furent massacrés à l’Ile-aux-Oies en

(2) Ces deux demoiselles furent religieuses à l'Hôtel-Dieu de Québhec. Petites-filles du bon et vaillant Jean Bourdon, elles se sont montrées dignes de la famille de saints à laquelle elles appartenaient. Son éducation étant terminée, Mile. Marie Marguerite Gloria entra à l’Hôtel- Dieu avec Gabrielle Denis, le jour de l’Assomption 1674, âgée d’environ quatorze ans. Après avoir passé vingt trois ans au service des membres souffrants de Jésus-Christ, elle mourut subitement le jour de Pâques 1697, dans l’exercice actuel de sa charge de maîtresse des novices.

Mile. Marie Madeleine Gloria fut reçue à l’Hôtel-Dieu de Québec vers la fin de l’année 1677. Elle prit à sa vêture le nom de Marie de lAssomption, et rendit dans la suite les services les plus importants à sa communauté. Nommée maîtresse des novices en 1701, élue supérieure en 1708, assistante en 1711, et ensuite dépositaire, elle s’acquitta toujours de ces différentes charges à la satisfaction de tout le monde.

(3) Captive ramenée des Cinq Cantons, rachetée en 1666.

(4) Captive aussi des Iroquois, délivrée par le Marquis de Tracy en

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liepy, M. La Roche, Louise Béranger, Mile. Soumande, Margte. du Tilly, Elisabeth Le Mire, Margte. Drouin, Franç. Goby, Marie Morin, Marie Lavoie, Marie Creste, Elisabeth Aubé, Margte. Couture, Isabelle Létourneau, Marie M. Marsolet, Marie M. Peltier, Marie-Charlotte Godefroy, Marie Nielle, Margte. Poulain, Mlle. Closse (1), Anne Perrot, la fille de Mr. de St. Luçon, Mlle. du Clos (2), Mlle. Leduc, Angélique Saillie, Mile, Le Fleur, Mlle.

(1) Cette intéressante orpheline, fille de Mme. Elisabeth Moyen dont nous avons vu plus haut la notice, fut privée de son père dès Pâge de deux ans, et voici à quelle occasion. M. Lambert Closse, Major de ville à Montréal, était un de ces hommes intrépides que Dieu suscite quand il lui plaît, pour la gloire de son nom et la défense de son peuple. D’une valeur au-dessus de tout éloge, il était toujours prêt à affronter les dangers et brûlait de s’immoler au salut de sa patrie adoptive. Ses amis, craignant à bon droit pour sa vie, lui disaient souvent qu’il devait songer un peu à sa conservation, mais il leur faisait cette admirable réponse: ‘Messieurs, je ne suis venu à Ville- Marie qu’afin d’y mourir pour Dieu, en le servant dans la profession des armes, et si je savais que je ne dusse pas y périr, je quitterais le pays pour aller servir contre le Turc, afin de n’être pas privé de cette gloire.” Bientôt ses désirs furent satisfaits : le 6 férrier 1662, les Iroquois vinrent fondre sur la ville de Montréal; le vaillant Major prit ses armes et courut à la mêlée: les barbares furent repoussés avec des pertes immenses, mais cette victoire fit couler bien des larmes, car le pays perdait un héros qui, depuis dix ans, s'était cent fois sacrifié pour sa défense.

Sa jeune veuve à qui ce nouveau massacre rappeïait les faits autrefois accomplis à l'Ile-aux-Oies, dans la maison de ses infortunés parents, ne chercha de consolation qu’au pied des saints autels. En 1669 elle fit le voyage de Québec pour placer au pensionnat sa fille alors âgée de neuf à dix ans, et cette enfant, douée des plus belles dispositions, répondit aux soins dont elle fut ici l’objet, et sut dans la suite par ses vertus et ses belles qualités, se rendre digne du beau nom de Lambert Closse,

(2) Au mois d'octobre 1669, on amena au pensionnat trois demoiselles de Montréal avec lesquelles nos lectrices seront sans doute bien aises de faire connaissance. Nous mentionnerons d’abord Mile. du Clos dont la mère, l’une des plus vertueuses femmes de son temps, fut aussi la plus intrépide entre toutes les dames de Montréal. Au mois

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Denis, Gabrielle Moneau, Marie Le Mire, M. Le Normant, Jacqueline Boulay, Anne du Fresne, Louise Morel, Marie de la Garenne, M. Hayot, Marie M. Morin, Mlle. St. Amand, Franç. Gravelle, Mlle. de Longchamp, Mile. Chapau, Ang. Batanville, Mile. L'Espérance, Mlle. Courville, M. Chalu, Cath. Puguet, Mlle. de Villieux, Marie Vincent, M. Montmorency, Marie M. Amiot,

de février 1661, Mme. du Clos, ayant aperçu de sa maison une horde d’Iroquois qui se jetaient inopinément sur des Français dispersés hors de la ville sans défense et sans armes, prit à la hâte sur ses épaules une grande charge de fusils, et courut jusqu’au milieu des Iroquois pour porter à ses compatriotes ce secours providentiel. Ceux-ci la reçurent comme un ange descendu du ciel, et forts de leur confiance en Dieu, ils mirent bientôt en déroute ces ennemis acharnés du nom chrétien, qui avaient déjà entonné leurs chants de victoire.

La seconde ‘{ Montréalaise de marque ’’ qui entra au mois d'octobre 1669, fut Mile. Angélique Sailly ; voici son annonce: ‘ Le 17 du dit mois et an est entrée en notre pensionnat pour être instruite Mlle. Ang. Sailly ; c’est Mile. Mance qui a répondu pour sa pension.” L’année suivante, Angélique retourna à Montréal, mais elle revint ici plus tard avec Mile. Souart, nièce du prêtre Sulpicien de ce nom, et passa encore quelque temps au pensionnat avant son retour en France. La troisième que nous voulons faire remarquer est Mile. Le Duc, la première Montréalaise qui embrassa la vie religieuse à Ville-Marie ; elle fit profession chez les Hospitalières de sa ville natale. Arrivée à Québec en 1669, elle s’appliqua si consciencieusement à ses devoirs de classe, qu’il fut dès lors facile de prévoir que le Seigneur avait sur cette jeune fille quelque dessein particulier pour son service. Cependant la demoiselle n’était pas persuadée que le Seigneur voulût posséder exclusivement son cœur ; elle aima le monde et quoiqu'’elle conservât toujours la plus tendre piété, elle ne songea, à son retour à Montréal, qu'aux moyens de s'établir dans la société le plus avantageusement possible. Cédant enfin à la grâce qui la sollicitait depuis longtemps, elle fit son sacrifice avec une générosité parfaite, entra au noviciat de l’Hôtel-Dieu en 1677, à l’âge de vingt ans, et y fit profession après deux ans d’épreuve. Dans la suite, sœur Leduc fut d'un grand secours à la communauté naissante, en s’acquittant dignement des premières offices de la maison, et elle continua à édifier grandement ses sœurs jusqu’à l’année 1712, époque où elle mourut de la mort des justes, âgée de cinquante-cinq ans.

Et

Mlle. Bondy, M. Anne Pinguet, Mile. Poirier, Mlle. Neveu, Marie M. de St. Luçon, Mlle. Prévost, Ang. Denis, M. Pezard de La. touche, Margte. Marie Savard, Mlle, de la Glardière, Miles, Denis et de Linctot T. R., Marie Gauthier, Gertrude du Buisson, Cath. Gauthier, Marie Lemelin, Clairé Gauthier, Marthe Béranger, Marie de La Rivière, Franç. Paradis, Cath. Pinguet, Marie Le Maître, Louise et Barbe le Vallon, Marie Marchère dit La Roche, Marie Racine (1), Madeleine Chatillon, Louise Morel, Jeanne Le Ber, M. Anne des Granges, Angélique Denis, Louise St. Amand, Marie M. Neveu, Marie Bedard, Marie M. La Forge, Marie Nolan, Marie Charderet, Marie M. et Margte. Le Gardeur, Gen. Thude, Thérèse Poirier, Marie-Ursule Durant, Marie de la Bourbonnière, Marie M. Berthelot, Marie La Mouche, Angélique de Lauson, Barthelemie Maillot, Charlotte Le Moine, Antoinette des Groisellrs, Anne de la Garenne, Miles. Marie Anne Robineau de Bécancourt, Gabrielle Migeon de Bransac (2), Jeanne la Ver-

(1) Voici la notice que notre récit a conservée de cette pieuse demoiselle ; ‘Mile. Marie Racine est sortie de notre pensionnat le 20 avril 1674 pour monter à Montréal et entrer chez les Mères Hospitalières afin de demeurer parmi elles.”?

Ayant écrit aux dames de l’Hôtel-Dieu de Montréal, pour obtenir quelques renseignements sur Ja suite de la vie de cette intéressante élève, voici ce que nous a répondu la Mere supérieure’en mars 1863.

‘ Mlle. Marie Racine entra à notre noviciat en 1674 ; elle y fit profession et mourut après soixante ans d’une vie fervente et régulière, à l’âge de quatre-vingts.”

(2) Mile. Gabrielle Migeon, fille du Lieutenant de Montréal, J. B. Migeon de Bransac, sortit du pensionnat à l’âge de seize ans. Douce et modeste comme un ange elle était de plus douée des qualités extérieures les plus propres à rendre son sort heureux selon le monde, Bien loin de songer à la vie religieuse elle se jeta au contraire dans les réunions les plus brillantes, et faillit être prise au filet comme ‘{ l’oiseau imprudent.”’ Une alliance avantageuse ayant été lestement résolue, un prêtre, ami de sa famille, lui conseilla de faire une retraite comme préparation prochaine à ses noces. Ayant suivi cet avis, le Seigneur la combla de grâces et lui manifesta si clairement les desseins qu’il avait sur son âme, qu’elle rompit sans retour avec le monde et entra chez les Hospitalières de Ville-Marie, au temps même fixé pour

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dure, Marie A. Boldue, Miles. du Puy, Landron, Rinville, La Garenne, Damour, de Xaintes, Isabelle Challe, Margucrite Boucher, Ang. de la Glardière, Catherine Denis, Françoise Cloutier, Jeanne Lemelin, Agnès Picard, Marie Joly, Anne Launan, Charlotte Frérot de la Chesnaye, Geneviève Parant, Mlle. du Perat, Louise de Xaintes, Marguerite Godefroy de Vieuxpont, Milles. Guyon, Manfis et Berthier, M. Renée Chorel de St. Romain, M. Anne Perrot, Marie-Agnès Bertiaume, Marie Thérèse Guyon, Gen. Damour des Chauxfours, Marie Robitaille, Marie A. Menage, Mlle. Normand des Iles, Geneviève Racine, Anne Huault, M. Madeleine du Tilly, Marie-Thérèse Lapierre, Isabelle La Brèche, Marie M. Drouard, Marie Thivicrge, Mlle. Marquis, Thérèse Parant.

Parmi ces jeunes élèves dont nous venons de donner la liste, un grand nombre ont excellé plus tard dans les vertus fortes et généreuses qui caractérisent la véritable mère chrétienne. Les nombreux enfants qu’elles ont élevés dans la crainte de Dieu sont leur éloge, et les régistres du Monastère après avoir conservé le nom des mères, nous montrent avec la même consolation celui de leurs picuses filles,

Loin de nous donc l’idée d'attribuer à la seule éducation du pensionnat, quelque religieuse et quelque parfaite qu’on la suppose, les vertus et les bonnes œuvres qui ont fait dès les premiers temps, et qui font encore le plus glorieux apanuge des femmes du Canada; nous connaissons trop bien par notre propre expérience, l'impérissable et puissante influence que Dieu accorde aux exemples d’une mère chrétienne, qui s'élève à la hauteur de sa sublime vocation. Parmi la longue liste des religieuses qui ont perpétué en ce lieu, depuis deux cent vingt-trois ans, l’œuvre bienfaisante de notre Vén. Mère Marie de l’Incarnation, combien n’y en a-t-il pas qui doivent aux vertus de leurs mères, la grâce d’avoir pu quitter les routes de la vie commune pour embrasser un état plus

son mariage, en septembre 1687, à l’âge de dix-neuf ans. Nos lec. trices trouveront ailleurs d’intéressants détails au sujet de sa mère qui se fit religieuse Hospitalière ; et aussi sur sa jeune sœur et sur sa nièce qui se firent religieuses dans notre Monastère.

parfait ? Bien plus, nous ne doutons pas que les nombreux et dignes prêtres du Canada n’ajoutent volontiers leur témoignage, pour proclamer ce que l’on doit à l'influence maternelle, Et ces citoyens respectables qui honorent aujourd’hui la religion de leurs pères, se faisant gloire de rendre à Dieu leurs devoirs de chrétiens, reconnaîtront aussi qu’ils se ressentent des leçons du berceau et du foyer.

Nous avons senti le besoin de laisser échapper cette paroïe de piété filiale, à l'égard de ces admirables mères du Canada.

Revenons maintenant au pensionnat pour y contempler une jeune vierge qui s'inspire, dans la solitude du cloître, de ces sublimes sentiments qui en feront plus tard un holocauste digne de se consumer au pied de l'autel du Seigneur.

Notice sur fille, Jeanne Le Ber.

Mlle. Jeanne Le Ber naquit en la ville de Montréal le 4 janvier 1662, et fut baptisée le même jour sous le nom de Jeanne, qui était le nom de sa mère comme aussi celui de sa marraine Mlle. Mance. Son parrain fut M. Paul de Chomedey, Sieur de Maisonneuve (1) Gouverneur de Montréal, homme aussi pieux que vaillant et dont l'exemple contribuait grandement à faire aimer et respecter la religion dans la colonie.

La petite Jeanne étant fille unique, devait être l’objet privilégié des soins de sa mère ; elle reçut sa première éducation à la

{1) Paul de Chomedey de Maisonneuve était un gentilhomme de Champagne d’une valeur peu commune, et qui dès l’âge de treize ans gervait dans les guerres de Hollande. Doué d’une sagesse bien extraordinaire dans un militaire de cet âge, il craignait sur toutes choses la contagion du mauvais exemple et, pour se mettre à l’abri de leur influence, il égayait ses loisirs en jouant du luth. La lecture des Relations lui inspira le désir de se consrcrer à l’œuvre d’évangélisation que les RR. Pères Jésuites avaient inaugurée en Canada. Ayant fait connaissance avec le R. P. Charles Lalemant, celui-ci le recommanda à M. Le Royer de la Dauversière qui, de concert avec le Baron de Faucamp, avait acheté de M. de Lauson l’île de Montréal. Ces messieurs le choisirent pour gouverner la petite ‘! colonie insulaire."

maison paternelle où, plus tard, elle devait pratiquer des vertus tout--fait extraordinaires.

Elle avait atteint sa quatrième année et offrait dans son extérieur le type d’un de ces beaux anges de Raphaël, quand la joie et le bonheur de cette aimable famille reçurent un nouvel accroissement par l’arrivée de Mlle. Marie Le Ber. Pendant plus de deux années certte vertueuse demoiselle partagea avec sa belle-sœur les soins de l’édueation de ses jeunes enfants. Elle fit alors connaître son dessein d’embrasser l’Institut des Ursulines. Son frère, fidèle aux maximes des associés de Montréal, mit tout en œuvre pour la retenir dans l’une des maisons religieuses qu’on venait d'y fonder ; mais reconnaissant ensuite que telle n’était pas la volonté de Dieu, M. Jacques Le Ber fit son sacrifice, et quoiqu’il en coûtât bien des larmes à sa famille, il amena lui-même sa sœur bien-aimée aux Ursulines de Québec.

M. et Mme. Le Ber étaient depuis longtemps décidés à envoyer leur fille à notre pensionnat pour y faire sa première communion et poursuivre un cours d’études convenable à une jeune demoiselle ; cependant on remettait toujours à plus tard cette nouvelle séparation, et ce ne fut que dans sa douzième année que Mile, Jeanne Le Ber, parée de toutes les grâces de l'innocence et de la beauté, fut présentée à nos Mères. Si l'éloignement de cette enfant chérie fut pénible au cœur de sa mère, il n'en coûta pas moins à son père qui l’aimait comme son unique; mais M. Jacques Le Ber ne recula devant aucun sacrifice pour assurer à sa fille Le bienfait de l'éducation. Il y avait déjà quelque temps que sa pieuse tante, la Mère de l’Annonciation, avait fait profession dans notre Monastère quand Mlle. J. Le Ber y fut amenée.

Ba Vierge de Ville-Marie aur Arsulines.

Dès son arrivée au pensionnat, au mois d'avril 1674, Jeanne Le Bcr se fit remarquer par sa piété, sa douceur et son angélique modestie. Ce fut surtout à l'époque de sa première communion que la vie de la jeune vierge parut admirable ; il était évident

qu’elle posait sur un fondement solide les bases de sa future sainteté,

Mapa : à

M. de Montgolfier, Sulpicien, voulant plus tard faire un recueil des vertus de Mlle. Le Ber, vint consulter ici celles de ses mattresses qui vivaient encore. Nos Mères lui firent un résumé fidèle de ce qu’elles avaient le plus admiré dans la conduite de cette enfant, et c’est par là qu’il commence la vie manuscrite de cette vierge. En voici les premières pages :

“ Les dames Ursulines de Québec, dont un des principaux engagements est de travailler à l'éducation des jeunes personnes de leur sexe, étaient déjà établies depuis quelque temps (trente-cinq ans) à Québec, où elles s’acquittaient de ce devoir avec zèle et succès. Leur réputation était déjà répandue dans tout le pays ; elles excellaient surtout pour le spirituel, dans l'éducation chrétienne, et pour le civil, dans les ouvrages de broderie, dont elles faisaient grand usage, particulièrement pour les ornements d'église. La jeune Le Ber fut envoyée à cette école. Rien ne pouvait être plus conforme à ses goûts et à ses inclinations. Sa mère, qui l’aimait uniquement, fut vivement touchée de cette séparation, qui n’était cependant que le prélude des sacrifices qu’elle eut à faire dans la suite, à l’occasion de cette chère fille. Jeanne Le Ber, prévenue de bénédictions au-dessus de son âge, entra avec plaisir au Couvent des Ursulines, où retirée dans l'enceinte de la maison de Dieu, elle faisait ses délices d’être élevée parmi les jeunes vierges, qu'on y formait à la piété comme à la plus parfaite observance de tous les devoirs de la vie chrétienne. Nous sommes du moins assurés que pendant tout le temps que Mile. Le Ber demeura aux Ursulines, elle y fit l'édification des autres pensionnaires et l’admiration des religieuses chargées de leur conduite. C’est le témoignage qu’en ont rendu ces mêmes religieuses, et c’est sur leur déposition que nous allons raconter ce qui suit :

“ Mlle, Le Ber, disent-elles, étant pensionnaire dans notre maison, nous a donné, dès sa plus tendre jeunesse, des marques de la plus sublime vertu, tout à fait rares et au-dessus de son âge. Elle avait surtout le plus grand mépris, disons mieux, une véritable horreur pour le monde, ses maximes, ses vanités et ses plaisirs. Douée d’un attrait singulier pour la retraite et le silence, elle avait un goût très-décidé pour la vie intérieure et l'esprit de prière ab-

sorbait toutes les puissances de son âme ; enfin, elle était pénétrée d’un grand respect et d’une soumission entière envers ses maîtresses. Voilà, disent-elles, ce que nous avons admiré souvent, et voici quelques traits qui la caractérisent parfaitement. Plusieurs personnes de la ville à qui elle avait été recommandée, lui envoyaient de temps à autre des douceurs ou des bagatelles d’amusement, comme des petits meubles dont on fait usage dans les travaux convenables aux demoiselles, et divers objets utiles pour la broderie, qu’on enseignait dans la maison. Pour les bagatelles de pur amusement, ainsi que les douceurs, elle n’y touchait jamais ; son esprit de mortification en eût trop souffert, et si par politesse, elle les recevait quelquefois, ce n'était que pour les livrer ensuite à celles de ses compagnes à qui cela pouvait faire plaisir. Quant aux meubles nécessaires pour ses broderies, Mile. Le Ber n’en voulait jamais que de simples, et lorsqu'on lui en présentait quelques uns, sa première attention se portait à les examiner avec soin. S'il arrivait qu’elle y aperçut quelque chose qui sentît tant soit peu la vanité, elle n’en voulait plus ou si elle était forcée de s’en servir par obéissance, elle se soumettait à la vérité, mais on la voyait arroser l'ouvrage de ses larmes.

“ Nous étions toujours dans l'admiration, de voir une enfant de son âge douée de tant de mépris et d’éloignement ju ces sortes de bagatelles, que les autres enfants recherchent pour ‘ordinaire avec tant d'empressement, Mais c'est que dès ls Mile. Jeanne Le Ber jugeait des choses selon les lumières de ia foi, et qu'elie discernait déjà dans ce qui est purement inutile, un amusement d'esprit en rapport avec les vanités d’un monde :prouvé qu’el détestait dans le fond de son cœur. Son amsur pour Ja vie cachée, la retraite et le silence, se manifestèrent Sgalement dans une infinité de circonstances. La jeune élève n’avait pas cependant de raison pour craindre de parler, car elle le faisait toujours bien. Mais comme elle ne voulait le faire qu’à propos, c'était avec peine qu’elle paraissait en certaines occasions où elle aurait pu être remarquée et s'attirer quelque louange. C’est un usage dans nos classes, qu'aux approches de certaines fêtes de l’année, et surtout au temps de Noël, tant pour cultiver la mémoire des enfants ct la

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remplir de bonnes choses, que pour leur donner de la grâce dans le port et les mouvements extérieurs, on leur fait apprendre par cœur quelque pastorale ou autre pièce de dévotion. Dans ces sortes d'exercices, chaque élève remplit un rôle.

“ L'on se conforme autant que possible, dans la distribution des rôles, à l’inclination et au caractère des jeunes filles. La petite Jeanne, qui était obligée de faire comme les autres, et qui aurait pu se charger de représenter les premiers personnages et s’en acquitter avec honneur, demandait toujours les rôles où il y aurait moins à réciter ; elle préférait même les personnages qui supposeraïient l'acteur dans un état de mépris. Il arriva cependant qu’un jour son tendre amour pour Notre-Seigneur lui fit trahir sa résolution, et l’on n’en connut que mieux son humilité. Il était question de faire remplir par différents personnages, l’adoration des pasteurs à la crèche de Jésus Enfant. On lui demanda comme aux autres qui elle voulait représenter dans cette pastorale. ‘ C’est l'Enfant Jésus, répondit aussitôt l’aimable Jeanne Le Ber.” “ Vous ne choisissez pas mal, Mademoiselle, répondit-on; mais nous serait-il permis de savoir la raison de ce choix?” “ C’est, répondit l'enfant sans hésiter, que le petit Jésus ne dit mot et ne se remue point, et que je voudrais limiter en toutes choses.”

“De ce recueillement intérieur qui faisait toutes ses délices, naissait l'esprit de prière et un zèle si ardent pour la méditation, dans laquelle le Saint-Esprit, ce semble, ait voulu être son premier maître, que durant son séjour au pensionnüt, dans cet âge si tendre, on l’a souvent trouvée seule, occupée de la prière, dans des lieux isolés de ses compagnes. Si quelquefois, durant les récréations communes, la pieuse Jeanne disparaissait tout à coup, l'on était sûr de la trouver prosternée devant le très-St. Sacrement, ou absorbée en Dieu dans quelque oratoire domestique.”

“ Outre le respect qu’elle avait pour la présence de Dieu, ajoute | M. de Montgolfier, elle puisa dans la maison des Ursulines, trois sortes de dévotions aussi solides dans leur nature que salutaires dans leurs effets. La première avait pour objet le très-saint Sacrement, la seconde, la Sainte Vierge, la troisième, les bons anges et surtout l'Ange Gardien. Dans la maison des Ursulines, Mlle,

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Le Ber eut occasion de se former à la première de ces dévotions, parce que les instructions, les exemples, les travaux, tout respirait l'amour pour ce grand mystère, et elle sut en profiter. Comme il était alors question de la préparer à la première communion, toutes ses actions ainsi que les instructions qu’elle recevait, devaient avoir, par conséquent, un rapport direct à cette sainte action, dont elle

* comprit bientôt toute l'importance ; aussi, la pieuse enfant fit-elle

sa première communion avec des sentiments de ferveur qu'il n’est pas possible d'exprimer. (Ce ne fut pas seulement une ferveur passagère, telle qu’elle se trouve dans la plupart des autres enfants. Au contraire, Mile. Le Ber se sentit puissamment soutenue et fortifiée dans la suite, par les grâces qu’elle recevait intérieurement dans le recours fréquent à ce divin sacrement. Elle le fut aussi extérieurement par l’exemple de piété que lui donnaient ces saintes religieuses, dont presque tous les travaux étaient consacrés à l'honneur du très-St. Sacrement, Les voyant toujours occupées à des ouvrages de broderie ou de dorure pour la décoration des autels, la jeune Le Ber prit tant de goût à ces travaux qu’elle égala dans la suite ses maîtresses, car elle y consacra toujours depuis, ses veilles et ses loisirs. (Comme l'amour tendre envers Marie suit de bien près celui que l’on a pour son divin Fils, aussi celuici est-il ordinairement la mesure du premier, et il en fut ainsi pour Mile. Le Ber. Enfin, sa dévotion envers les bons anges était aussi ardente que généreuse. La pensée de ces esprits bienheureux qui sont sans cesse en la présence de Dieu, l’affectait de telle manière, qu’elle ne pouvait se souvenir d'eux, sans éprouver dans son cœur de grands sentiments de confiance et d'amour, (C’est ainsi que Mlle. Jeanne Le Ber âgée de quatorze à quinze ans, sortit des

Ursulines de Québec, vers l’année 1677, pour revenir à Montréal dans la maison paternelle.”

Ba Vierge ve Ville-Marie Dans la maison de son père.

De retour à Montréal, au sein de sa famille, Mlle. Le Ber suivit aussi fidèlement que possible la règle du pensionnat. Elle se levait à une heure réglée, entendait chaque jour la sainte messe, faisait de grand matin la méditation, et avant le diner, l'examen

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