MORT DES FONDATRICES
Le s UELS jours d’indicible tristesse RE) pour les Ursulines de Québec > que le 18 novembre 1671 et SA le 80 avril 1672! “Les joies Jde ce monde passent vite, dit le l, \vieux récit, et elles sont toujours mé- HAS \ées d’amertume; nous en avons oO fait cette année la triste expérience.” La joie en effet avait été complète au Monastère au mois de septembre et d'octobre, lors de l’arrivée de ces chères sœurs de France si ardemment désirécs ; maïs bientôt les fêtes durent cesser, les chants d’allégresse se suspendre, et cette heureuse famille dut accepter la coupe amère de la douleur.
Il y avait au milieu d’elles deux mères par excellence, deux bienfaitrices, dont chaque membre de la Communauté eût voulu pouvoir conserver les jours précieux au prix même de sa propre existence. Mais ce sont des fruits mûrs pour le ciel, l’ange du Seigneur a reçu ordre de les cueillir.
La première moissonnée est la douce et pieuse dame de la Peltrie, fondatrice généreuse qui a mis le comble à ses bienfaits, en se donnant elle-même à ses chères
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Ursulines. Sur son lit de mort, elle voit avec attendrissement cette famille de vierges qui la bénissent ; elle entend surtout la douce voix de cette Mère vénérée à qui son âme a toujours été si intimement unie. Mais l'heure de la séparation a sonné ; ‘en moins de sept jours, dit le vieux récit, la mort nous la ravit, sans que
nos vœux et nos larmes, non plus que les remèdes, aient pu retarder d’un instant cette doulorreuse séparation.” Trois mois à peine s'étaient écoulé Communauté
s’alarmait de nouveau ; la Vén. Mère, courbée sous le poids de ses travaux, bien plus que sous le poids de ses soixante et douze années, semblait être sur le point d'aller rejoindre dans le ciel sa douce et pieuse compagne. Pour un moment le ciel se laisse attendrir, les vœux sont exaucés, et un prompt retour à la santé excite les plus vives actions de grâces. Mais ce n’est là qu’un éclair de bonheur ; bientôt les symptômes alarmants se renouvellent, et il faut se résigner au plus grand des sacrifices. Contemplons, chères lectrices, la Vén. Mère jetant ses derniers regards sur cette famille qu’elle à formée pour le Seigneur. Elle peut dire en toute vérité : “ J’ai combattu le bon combat, j'ai achevé
ma course, j'ai gardé la foi. Au reste, la couronne
de justice m'est réservée et le Seigneur me la rendra au grand jour, en exerçant envers moi ses infinies miséricordes.”?
Mais quelles angoisses pour ces chères filles qui, partagées entre la vénération et l’amour, sont prosternées autour du lit de mort de leur bien-aimée Mère ! Il nous semble voir au chevet de la chère et sainte malade cette bonne Mère St. Athanase, à qui la supériorité semblait légère, quand elle avait pour appui et pour soutien, celle dont la sagesse était si visiblement inspirée d’en haut; son regard attristé cherche en vain un
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