‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 146 sur 199 · AGE · texte numérisé non relu

AGE

fille huronne es ‘ Relations Martin, ancien le, dont notre appartenait à it le missionfemme, qu'on béralité envers igée de vingtette jeune saude sa nation, nfants, un garle Notre-Dame, l'a conduit au haumonot avait m et Ste. Anne rge Marie. Cet prit la résolu- -Anne Garihonnfant, âgée pour avec autant de sonne qui aurait e Père Chaumoe les mains, enle près y avoir été ue religieuse, si x, ajoutuient-ils, fille, leur aînée

, leur répondit père de l'enfant mourir, il l'en

ant que ce serait

le missionnaire qui en répondrait si sa fille, lui ayant été confiée, n'était pas entièrement dévouée à Dieu, à qui sa femme et lui l'avaient présentée et la présentaient encore. Ce picux malade reçut ensuite les derniers sacrements avec beaucoup de dévotion, et mourut très-chrétiennement le 25 décembre de l'an 1673; de sorte que nous avons sujet de croire que Dieu lui a fait la grâce de naître au ciel, le même jour qu'il est né sur la terre pour notre amour, Sa veuve n'oublia rien de tout ce qu’elle devait à son mari, et ne se contentant pas de ses propres prières, elle fit des aumônes de blé et de porcelaine, (les grains de poreeluine servaient de monnaie parmi les sauvages,) afin que l'on priât pour le repos de son âme. Il:’y eut pas jusqu'à la petite Marie-Anne, qui, étant avertie de la mort de son père, ne demandât un chapelet ; elle alla le dire tout entier dans la chapelle de Notre-Dame de Foye.

“ Depuis ce temps-là, elle et sa mère nous pressent presque continuellement de la faire recevoir au Séminaire des Rév. Mèr: Ursulines ; et parce que M. le Comte de Frontenac y entretie:t depuis quelque temps de petites filles sauvages, elles se présentèrent toutes deux à lui, lorsque dernièrement il vint faire ses dévotions à Notre-Dame de Lorette. Elles lui demandèrent une place chez les religieuses. M. le Comte ayant répondu qu’à l’arrivée des vaisseaux il verrait ce qu’il pourrait faire en leur faveur, elles ne furent pas encore tout à fait contentes. Ainsi un des Pères de leur mission étant allé à Québec, elles vinrent l'y trouver par un très-mauvais temps, et le prièrent de les mener aux Ursulines.

4 La Rév. Mère St, Athanase, supérieure, qui était malade, envoya d’abord au parloir plusieurs de sesreligieurcs ; mais cellesci lui ayant rendu un compte très-avantageux de actre petite Huronne, elle vint elle-même recevoir l’enfant qu’on lui présentait. L'ayant vue, elle fut ravie de sa modestie, de ses réponses, comme aussi de la beauté de la voix et de toute la conduite de la petite Marie-Anne, qui n'avait que cinq ans et demi. Elle l’eût dès lors retenue si M. le Gouverneur n’eût promis de la mettre l'été prochain dans leur séminaire. Elle ajouta même que, s’il était empêché de garder sa parole, elle la recevait déjà pour ce temps-là,

Pour gage de sa promesse, la Mère St. Athanase lui fit quelques présents et l’adopta pour sa fille à la façon des sauvages.

“ La mère ct l'enfant, bien contentes des marques d'affection que leur ont données les religieuses, attendent le temps de Ja réception. Le grand-père, la grand’mère ct les autres parents de la petite Marie-Anne, sont dans les mêmes sentiments pour le sacrifice qu’ils en veulent faire. Toutes ces circonstances nous donnent sujet de croire qu’il y « quelque chose de surnaturel dans cette vocation, vu la tendresse extrême qu'ont naturellement les sauvages pour leurs enfants.”

Il y avait en effet quelque chose de surnaturel dans cette vocation, car, d’après les notes que nous avons trouvées concernant cette intéressante Huronne, nous voyons que sa santé seule fit défaut et mit obstacle À son pieux dessein de rester toujours dans “Ja maison des vierges.” Une année après son entrée au séminaire, elle fut attaquée d’une plaie dangereuse à la jambe, et nos bonnes Mères voulant hâter son rétablissement, la placèrent à l'Hôtei-Dieu, où des opérations faites par les plus habiles chirurgiens secondés par les soins tendres des Mères Hospitalières, lui sauvèrent la vie. Rentrée au séminaire, Marie-Anne parut souffrir des suites de la maladie. On l'envoie à Lorette, mais bientôt elle revient, craignant de se dissiper au village, et de perdre ainsi sa vocation. Ces alternatives de santé et de maladie se répétèrent pendant trois ans; notre petite postulante revenait chaque année espérant toujours pouvoir se consacrer au service de Dieu dans la “grande maison de Jésus.” En 1677, elle sortit définitivement du séminaire, et continua à servir Dieu avec ferveur au milieu de sa vertueuse famille où elle mourut encore jeune, parée de tous les attraits de l'innocence et de la vertu.

Page 1