FAMILLE DE SAINTS ; PETITE POSTULANTE BAUVAGE
L'année 1674 on reçut au séminaire une petite fille huronne dont nous trouvons des détails fort intéressants dans les “ Relations inédites ” nouvellement publiées par le R, P. Félix Martin, ancien supérieur des Jésuites à Québec. Cette petite fille, dont notre vieux régistre nous fournit aussi quelques détails, appartenait à une famille de bénédiction. “ Les chefs en sont, dit le missionnaire, Hotachétak et Catherine JeSachégnien sa femme, qu'on peut justement appeler l’aumonière, à cause de sa libéralité envers les pauvres. Entr'autres enfants, il ont une fille âgée de vingttrois ans, très-bien faite pour une sauvagesse. Cette jeune sauvago, appelée Marguerite, s'ést mariée à un homme de sa nation, appelé Jacques, qui lui laissa en mourant trois enfants, un garçon et deux filles. Il y eut un an à la Présentation de Notre-Dame, que Jacques, étant déjà attaqué de la maladie qui l’a conduit au tombeau, sa femme lui rapporta ce que le Père Chaumonot avait dit dans son sermon, du sacrifice que St. Joachim et Ste, Anne avaient fait de leur fille unique, la bienheureuse Vierge Marie, Cet exemple le toucha, et, de concert avec sa femme, il prit la résolution de présenter de même à Dieu leur fille Marie-Anne Garihonnentha. Ils lui déclarèrent leur dessein, et cette enfant, âgée pour lors de quatre ans et demi seulement, y consentit avec autant de joie et de ferveur qu’eut pu le faire une grande personne qui aurait eu une vocation bien décidée à la vie religieuse. Le Père Chaumonot est ensuite appelé, et on lui met l'enfant entre les mains, en le priant de la conduire chez les Ursulines afin qu'après y avoir été élevée en qualité de pensionnaire, elle y soit reçue religieuse, si Notre-Seigneur lui en conserve la volonté. Pour eux, ajoutaient-ils, ils faisaient à Dieu un entier sacrifice de cette fille, leur aînée qu’ils aimaient plus qu’eux-mêmes.
“ Le missionnaire, qui voulait les éprouver, leur répondit d’abord qu'il penserait à cette affaire. Mais le père de l'enfant ne se contenta pas de cette réponse ; et avant de mourir, il l'en chargea encore très-particulièrement, en protestant que ce serait