‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 17 sur 199 · SILLERY · texte numérisé non relu

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aider à sauver les enfants, lui fait souhaiter des trésors au-dessus de ses forces. Cette vertueuse dame ne cesse de visiter ces bonnes gens, et ne pouvant parler leur langue, elle leur parle des yeux, et elle leur parlerait bien plus volontiers des mains ; car si elle pouvait exercer le métier de maçon ou de charpentier pour leur élever de petites demeures, ou de laboureur pour

leur aider à cultiver la terre, elle :'v emploierait avec d'autant plus d’ardeur, qu’elle voit bonnes dispositions en ce peuple pour s'arrêter us ses bras sont

faibles aussi bien que les nôtres.”

Plus loin le même Père ajoute: “Si Mme. de la Peltrie les mène en quelque endroit, elles la suivent avec plus d'amour que les enfants n’en ont à suivre leurs vraies mères. J'ai admiré ce que je vais dire; quaud cette honnête dame les mène à l'habitation de Sillery, ces enfants se dispersent çà et là pour voir leurs parents; puis, Madame est-elle prète à partir, vous les voyez aussitôt quitter leurs parents pour se ranger auprès d’elle, l’embrassant avec plus d'affection que leurs propres parents.”

“Je n'ai point vu, dit le R. P. Le Jeune, de mères plus jalouses de leurs enfants que Mme. de la Peltrie et les Ursulines le sont pour leurs petites séminaristes ; l’amour qui prend sa naissance en Dieu est plus généreux et plus constant que les tendresses de la nature ; ces bonnes religieuses semblent n'avoir ni bras ni cœur que pour cultiver ces jeunes plantes, et les rendre dignes du jardin de l'Eglise, pour être un jour transportées dans les sacrés parterres du Paradis. Le dessein de cette bonne dame était de commencer un petit séminaire de six pauvres petites orphelines sauvages, la difficulté de jouir de ses biens ne lui permettant pas davantage; son cœur est bien moins limité que ses

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forces, au lieu de six, il en est entré dix-huit dans cette petite maison. Ilest vrai qu’elles n’ont pas logé toutes ensemble en même temps; mais pour l'ordinaire, elles étaient six ou sept logées avec Mme. de la Peltrie, trois religieuses (1) et deux jeunes Françaises, sans compter les filles et les femmes sauvages, qui entrent à toutes les heures, en la chambre où l’on enseigne leurs petites compatriotes, et qui, assez souvent, y passent la nuit, étant surprises par le mauvais temps, ou retenues par quelqu'autre sujet.”

“Voilà jusqu'où se porte l’affection de cette dame, qui a augmenté le nombre de ses enfants, en proportion du secours qu’on lui donnait de France ; son cœur est si bon et si grand que si elle avait autant de force que de bonne volonté, elle ferait construire de petits logements aux sauvages pour les arrêter, et son plaisir serait d'aller instruire les nouvelles chrétiennes et leur apprendre à dresser et tenir nets leurs petits ménages et même de leur faire à manger de ses propres mains.”

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