‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 18 sur 199 · ÉLOGE DES SAUVAGES PAR MADAME DE LA PELTRIE · texte numérisé non relu

ÉLOGE DES SAUVAGES PAR MADAME DE LA PELTRIE

Voici maintenant, chères lectrices, deux charraantes lettres où Mme. de la Peltrie, dans l’effusion de son généreux cœur, rend compte au R. P. Vimont des progrès étonnants ainsi que des belles dispositions de ses chères séminaristes.

“ Je ne serais pas satisfaite, si je ne vous entretenais de la consolation que je reçois journellement de nos petites filles; j’en ai tout le plaisir qu'une mère pourruit souhaiter de ses bons enfants, tant en l’obéissance

(1) Cette lettre est antérieure à l'arrivée des deux Ursulines de

Paris. Mile. Barré, demoiselle de compagnie de Mme, de la Peltrie, habitait aussi cette petite maison de la Basse-Ville,

qu’elles me rendent, qu’en l’amour tendre et filial qu’elles me portent. J'avais commission, durant la retraite de nos Mères, de les faire prier Dieu, de leur faire répéter leur leçon; je ressentais, en faisant cette action, une joie qui ne se peut dire. Je ne manque point de leur faire dire tous les jours les actes que vous me donnâtes dernièrement et la prière de classe que vous avez faite très-conforme à mes désirs. Leur ayant fait entendre que nos Mères étaient avec Dieu, je leur fis garder, durant huit jours, un silence qui m’'étonna; j'en venais bien plus aisément à bout que des Françaises. L'un de ces jours, ayant gardé le lit une matinée pour quelque indisposition, comme je vins à passer dans leur chambre l’après-dinée, ce furent des caresses qui ne sont pas croyables: elles s’écriaient : ‘ Ningue, ningue, ma mère, ma mère ;”” elles se jetaient à mon cou, si bien que j'eus de la peine à m'en défaire. Je vous confesse, mor Révérend Père, que cela me ravit le cœur de voir un si grand naturel en des enfants barbares; aussi est-il vrai que s'ils étaient mes enfants propres je ne pourrais pas les aimer davantage. Etant allée vous voir dernièrement à St. Joseph de Sillery, je laissai deux de mes enfants à la maison; celles-ci ne firent que se lamenter en mon absence, l’on en trouva une dans un petit coin tout éplorée s’écriant: Daiar ningue, daiar, venez, ma mère, venez, daiar Madame.” Elles m’appellent tantôt d’une façon, tantôt d’une autre, croyant ainsi me faire répondre plus tôt. Je ne vous parle point des caresses qu’elles me firent à mon retour, d'aussi loin qu’elles m’apperçurent à travers la palissade de pieux qui forme la clôture, elles eussent volontiers sauté par dessus pour venir à ma rencontre !......”

‘ J'ai commencé à leur montrer À travailler à l’aiguille, mais mon principal exercice, c’est de les peigner,

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