‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 170 sur 199 · UNE CÉRÉMONIE DE PROFESSION TROUBLÉE PAR UN ACCIDENT · texte numérisé non relu

UNE CÉRÉMONIE DE PROFESSION TROUBLÉE PAR UN ACCIDENT

Au temps passé en Canada, c'était la ferveur plutôt que les poëles russes ou les fournaises, qui empêchait les fidèles aussi bien que les religieuses de geler lorsqu'on allait à l'Eglise en hiver. Cependant, on usait quelquefois d’un petit expédient pour tempérer la chapelle, et au mois de janvier 1696, il arriva en conséquence aux Ursulines, un accident qui faillit devenir funeste.

C'était le 26, il y avait fête au sanctuaire ; l'autel rayonnait de lumière et au milieu des flambeaux et des fleurs on distinguait un plat d'argent sur lequel était déposé un voile noir, signe béni de la consécration d’une nouvelle vierge au Seigneur. Cette vierge heureuse, prête à s’immoler à Dieu, était sœur Marie du Puy, fille de M. Paul du Puy, ancien officier du régiment de Carignan et Lieutenant civil de Québec. Sa mère était Mme. Jeanne Couïllard, dont la famille ancienne et distinguée s’est perpétuée dans ce pays depuis deux cent quarante ans. Mais nous donnerons ailleurs la notice biographique de Mile. du Puy, ou sœur Marie de l'Enfant-Jésus, racontons ici les circonstances de l’accident qui rendit si remarquable le jour de sa profession religieuse.

La novice et les religieuses ayant pris leurs places au chœur, la cérémonie commence. Le R. Père Germain fait un discours ravissant sur le bonheur de se donner à Dieu dès les beaux jours de la jeunesse ; M. de Montigny officiait à l'autel et les assistants faisaient retentir la petite chapelle de leurs chants d’allégresse. Mais bientôt un malaise impossible à décrire s'empare de toute l'assemblée. M. de Montigny, pensant se trouver mal, quitte ses habits sacerdotaux et sort pour prendre l'air ; plusieurs ecclésiastiques, affectés de la même manière, le suivent de près. Un instant après ils rentrent, ct à peine ontils repris leurs places, qu'iis sortent encore! Mêmes accidents du côté des religieuses... la plupart ne pouvant plus se tenir debout ni respirer, quittent à la hâte leurs rangs et s’en vont pour ne plus revenir. Quelques unes persistèrent à rester jusqu’à la fin de la cérémonie, mais au sortir

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