‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 177 sur 199 · MORT DE DEUX RELIGIEUSES À TROIS-RIVIÈRES · texte numérisé non relu

MORT DE DEUX RELIGIEUSES À TROIS-RIVIÈRES

À peine deux années s’étaient-elles écoulées depuis la fondation du Couvent de Trois-Rivières, que le Seigneur, y voyant déjà des fruits mûrs pour le ciel, commença à moissonner ses élus parmi cette petite famille religieuse. Au commencement de mars 1699, des lettres reçues de Trois-Rivières apportèrent la triste nouvelle de la mort de la Mère Marie le Vaillant de Vaucelle de Ste. Cécile, religieuse professe de Bayeux, qui avait été envoyée à la nouvelle fondation en qualité d’assistante, un mois après son arrivée de France en 1697.

Notre vieux récit rend à sa mémoire l'hommage suivant. “ Cette chère Mère avait eu une vocation extraordinaire pour le Canada dès sa plus tendre jeunesse ; cependant, la divine Providence n'ayant pas permis que les lettres qu’elle écrivait à nos premières Mères se fussent rendues, et nous eussent donné connaissance de son zèle pour la conversion des sauvages, elle ne put effectuer son dessein qu’en l’année 1697. Pendant le séjour que Monseigneur fit à Paris cette année-là, elle lui écrivit avec l'autorisation de ses supérieurs, s’offrant À venir en cette extrémité du monde pour travailler de concert avec nous à la conversion des jeunes filles sauvages. Notre bon Prélat ravi du zèle de cette fervente religieuse, la confirma dans ce dessein ; et elle eut le courage de tra-

verser la mer dans un temps de gucrre, et sans aucune assurance de l'accueil que nous lui ferions à son arrivée. Mais cette âme généreuse, brûlant de zèle pour la gloire de Dieu, fit alors une abnégation entière d'elle-même.

“ Le 7 septembre, nous reçûmes la nouvelle de son arrivée à Québec, et quoique nous n'eussions pas été prévenues de son voyage, elle reçut de notre Communauté la réception la plus cordiale. M. de Montigny et le R. P. Germain furent chargés de nous l’amener, et elle fut escortée par un nombre de dames passagères au bord du même vaisseau. Ayant pris congé de sa compagnie, la Mère Ste. Cécile fut conduite à la chapelle, où l'on chanta le Laudate trois fois en actions de grâces de cet heureux voyage ; puis on entonna le Te Deum pendant que cette nouvelle sœur saluait la Communauté comme font les novices au jour de leur réception.

‘ Les éloges qu'on fit dès-lors de la Mère Ste. Cécile, lui valurent l'affection et l'estime générales, car les personnes en la compagnie desquelles elle avait fait le voyage, ne pouvaient se lasser de parler des vertus qui les avaient charmées. Mais tout ce qu’on nous en avait dit n’était rien, en comparaison de l’estime et de l'amitié que nous eûmes pour elle après l'avoir connue ; ce qui produisit entre elle et nous une si grande union, qu’il semblait au moment de son départ qu’elle fût professe de notre maison. Elle avait des tendresses inexprimables pour les sauvages ; sa plus grande joie était de les voir ct, comme nos premières Mères, elle leur faisait mille amitiés, caressant leurs enfants et s'appliquant à leur faire plaisir en tout. Mais à peine eut-elle passé un mois en notre Monastère qu’elle nous fut enlevée pour la fondation de Trois-Rivières ; elle nous laissa très-édifiées des vertus qu'elle avait pratiquées durant son séjour parmi nous, surtout de son union intime avec Dieu et de son humble et respectueuse soumission envers ses supérieurs. Espérant pouvoir réussir plus tard à enseigner la doctrine chrétienne aux pauvres enfants de la forêt, nous l'avons vue, à l’âge de cinquante-cinq ans, assise sur les bancs des écolières, passer de longues journées à répéter en langue sauvage les prières et le catéchisme comme font les petits enfants.”

assurance cette âme alors une

arrivée à es de son a plus corhargés de ames pasde sa comle, où l'on t heureux te nouvelle au jour de

lui valuen la comit se lasser is tout ce

l'estime et

1e ; ce qui emblait au son. Elle lus grande s, elle leur ant à leur is en notre > T'rois-Rielle avait it de son ueuse sour plus tard le la forêt, r les bancs ngue saunfants.”

Il paraît que les études de la Mère Ste. Cécile furent singulièrement bénies de Dieu, car ses progrès furent tellement rapides, qu'en fort peu de temps, elle fut jugée capable d’instruire les Algonquins qui fréquentaient la nouvelle maison de Trois-Rivières, où son zèle pour la gloire de Dicu et ses autres vertus religieuses lui acquirent, dès son arrivée, la réputation d'une sainte.

SŒUR FRANÇOISE GRAVELLE DE STE, ANNE, PREMIÈRE SŒUR CONVERSE DE TROIS-RIVIÈRES, 1699,

Peu de temps après la mort de la Mère Marie le Vaillant de Ste. Cécile, les Ursulines de Trois-Rivières eurent à déplorer une autre perte sensible, dans la personne d’une humble et pieuse sœur converse, Sr, Ste. Anne ayant donné à la Mère Ste. Cécile pendant sa maladie les soins les plus tendres, contracta sa fièvre ; elle prit le lit le jour même de l'enterrement et mourut six jours après, n'ayant que dix-neuf ans de profession religieuse.

Sr. Ste, Anne était fille d’un des premiers habitants de la côte de Beaupré, M. Massé Gravel, homme d’une rare probité qui, par son industrie persévérante, sut se ménager d'amples ressources pour faire instruire ses filles aussi bien que ses garçons; sa mère Mme. Margucrite Tavernier, seconda noblement son mari dans le projet de faire instruire leurs enfants. La jeune : fille, qui montrait d'heureuses inclinations pour l'étude, fut done placée au pensionnat, où elle acquit en peu de temps, l'estime et l'affection de ses maîtresses et de ses compagnes.

Pendant son séjour au pensionnat, Françoise avait chaque jour sous les yeux les différents genres de travaux qui occupent diversement, bien que dans un même but, la religieuse institutrice et la religieuse Ursuline converse, et comme elle ambitionnait sur toutes choses le bonheur de servir Dieu à l'abri de toute distraction, sa résolution fut prise en faveur de ce dernier état si humble et si laborieux.

Elle retourna donc à la maison paternelle dans le dessein de dire adieu à sa famille; mais ses parents eurent de la peine

à consentir au pieux projet de leur fille et l'épreuve de sa vocation fut en conséquence prolongée. Enfin à l'âge de dixneuf ans, Françoise Gravel obtint la grâce qu'elle avait si longtemps désirée, et elle entra au noviciat le 7 février 1678. Sa sœur Madeleine qui l'avait dévancée de quatre ans en religion, était entrée à pareil jour, et il n’y a pas de doute que le bonheur dont elle jouissait dans ses humbles travaux, n'ait été pour beaucoup dans la décision de Françoise.

À sa vôêture elle reçut le nom de Ste. Anne, et elle parcourut avec une ferveur d'ange ses deux années de noviciat. Devenue professe, sa ferveur n’eut d’autres bornes que celles que lui prescrivait l’obéissance, Petite de corps et un peu délicate, elle trouvait dans son ardeur au travail les forces que semblait lui refuser la nature ; après avoir accompli la tâche particulière que lui assignait son emploi dans le Monastère, son délassement était de prendre part aux travaux communs. Douce et sociable, austère pour elle-même et indulgente envers autrui, sa conduite fut toujours une source abondante d’édification pour ses sœurs.

Choisie en 1697, pour la nouvelle fondation de Trois-Rivières, sœur Françoise Gravel de Ste. Anne eut besoin de tout son courage, pour s'éloigner de ces lieux si chers à son cœur d’où elle pouvait découvrir les côteaux chéris de son enfance, et le “ bouquet de sapins” près du toît paternel. Mais son âme généreuse accomplit avec joie ce dernier sacrifice, et le Seigneur lui accorda, en retour, les grâces les plus précieuses pour sa perfection. Comme elle était l’unique sœur converse attachée à la fondation, qui comprenait un pensionnat et un hôpital, on entrevoit quels durent être les travaux dans lesquels elle passa les deux dernières années de sa vie. Sa vertu, admirée de tous ceux qui avaient avec elle quelque rapport, même passager, lui valut à la mort cet éloge de sa supérieure, la Mère Marie Drouet de Jésus, qui disait dans sa lettre à nos Mères : “ Si la voix du peuple est la voix de Dieu, il y eut assurément, à la mort de cette chère sœur, une révélation bien authentique de sa béatitude, car les bénédictions lui furent prodiguées en abondance par les pauvres et les malades.”

e de sa de dixsi long- Sa sœur on, était eur dont CAUCoUp

arcourut Devenue lui preslle trou- | refuser assignait dre part le-même le source

Rivières, son çcoul'où elle bouquet rcuse acaccorda, Comme on, qui s durent

années dé elle loge de dans sa Dieu, il ivélation li furent

Page 1