FUSION DES URSULINES DE QUÉBEC EN UN SEUL CORPS
Nous avons maintenant à mentionner un événement qui fit grand bruit en France, dans les diverses congrégations de l’ordre de Ste. Ursule, et parmi le haut et le bas clergé. Le plein succès qu’eut la Mère de l’Incarnation dans son entreprise, la fit regarder au loin comme une femme d’un talent tout-à-fait hors du commun.
Dès son arrivée à Québec, elle comprit la situation difficile que ferait au monastère, l'admission inévitable de Sœurs venant de différentes congrégations d’Ursulines de France. Déjà, quoiqu'il n’y eût que cinq religieuses à Québec, il y avait parmi elles, les usages, les
(1) Prieuré aux environs d'Angers.
règles, et les vœux des deux Couvents de Paris et de Tours. Par ses conseils donc, par la solidités de ses raisonnements et par l'entraînement de sa haute piété, la Mère Marie de l’Incarnation parvint à former un tout régulier et uniforme, de cette petite association des religieuses qu’elle avait dirigées et gouvernées jusqu’à ce temps, sans qu’il y eut eu d'élection canonique. Ce fut en 1641 que fut passé cet acte de fusion et d'accord si important, pour la stabilité future des Ursulines de Québec.
Entr'autres articles, il était convenu que les religieuse qui venaient de Tours feraient le 4me vœu, celui d’instruire la jeunesse, selon la règle des Ursulines de Paris; et que les religieuses de Paris prendraient à Québec l’habit religieux tel qu’on le portait \4 à Tours, c’est-à-dire, la cotte ou robe de dessous grise.
À En outre il fut décidé qu’on porterait le manteau d'Eglise au lieu du grand voile, à la communion, et qu’on adopterait la ceinture de cuir au lieu du cordon noir de St. François.
Tout cela fut fidèlement exécuté au jour désigné, en présence du R. P. Vimont, supérieur du collège de Québec, et le lendemain, 8 septembre 1641, les articles | d'union furent signés par toutes les religieuses de notre Communauté.
Nous allons transcrire ici ce document qui nous a paru un chef-d'œuvre de prudence et de charité.
1° Que les religieuses professes de la congrégation de Paris qui passeront de France en Canada, prendront l’habit des Mères Ursulines de la congrégation de Bordeaux.
2° Que les professes de la congrégation de Bordeaux qui viendront en Canada, feront le quatrième vœu d’instruire les petites filles, pour le temps qu’elles y seront.
nant,
serge