‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 22 sur 199 · STEP I · texte numérisé non relu

STEP I

8° Que les novices feront le quatrième vœu absolu, en la forme usitée en la congrégation des religieuses Ursulines de Paris. Qu'’elles prendront aussi l’habit des Mères Ursulines de la congrégation de Bordeaux, et selon la forme usitée en cette congrégation.

4° Qu'en cas de retour en France, les professes des deux congrégations de Paris et de Bordeaux, auront la liberté de retourner en leur maison de profession, le vœu n'étant que conditionnel ainsi que l’habit pour le pays. Et en cas aussi de retour en France, il leur sera libre, tant aux religieuses venues de France, qu’à celles qui auront été professes sur le pays, au dit Monastère du Canada, de s'établir toutes ensemble en quelque ville de France, sous le bon plaisir de Sa Majesté et de l’'Evêque du lieu, pour y vivre en la même observance régulière qu’elles faisaient en Canada, attendant l’occasion de retourner au dit pays de la Nouvelle- France, pour y secourir de rechef les sauvages, s’il plaît à la divine Majesté ieur en faire la grâce ; et elles se serviront pour le dit établissement, tant du revenu de la fondation que du fonds qu’elles pourraient avoir en France du dot des novices reçues à profession.

5° Pour le regard des constitutions, elles se feront dans le pays, selon qu'on le jugera plus à propos et même par l'avis des religieuses.

6° Que l’on enverra un supérieur, prêtre ou commissaire apostolique, qui dépendra immédiatement du pape; et pour tenir l’union stable et permanente l’on aura une bulle de Rome... rss

7° Que l’on gardera l'égalité entre les deux congrégations: lorsque l’on fera passer des religieuses de la congrégation de Bordeaux, l'on fera passer aussi des religieuses de la congrégation de Paris.

8° Cas advenant que les novices seraient jugées in-

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capables d’embrasser l’état religieux, et pour cela renvoyées, les frais de leur retour en France seraient pris sur leurs pensions courantes.

9° Il ne sera pas envoyé de religieuses d'aucun lieu de l’ancienne France, qu’au préalable elles n’ayent été demandées du supérieur des religieuses Ursulines qui résidera actuellement à Québec.

Nous soussignées, Supérieure et religieuses du couvent de Ste. Ursule, établi à Québec en la Nouvelle- France, étant assemblées au nom de Jésus-Christ, avons reçu les articles sus-nommés envoyés de France par ceux qui ont traité de nos affaires, et avons résolu de les observer et faire observer à l’avenir; et avons convenu ensuite que les religieuses qui sont venues ou qui viendront de la congrégation de Paris, prendront l’habit des Mères de la congrégation de Bordeaux, sitôt et quand la Supérieure l’ordonnera, et les novices qui seront reçues prendront aussi le saint habit et feront le 4me vœu d'’instruire les petises filles comme il se fait en la congrégation de Paris; et pour ce qui est des religieuses qui sont venues et viendront de la congrégation de Bordeaux, il leur sera libre de faire le 4me vœu absolu, etc.

En foi de quoi nous avons signé le présent acte, etc., le 8me jour de sept. 1641.

Sr. MARIE GUYART DE L'INCARNATION, Supre.

Sr. ANNE Le BuGL® DE STE. CLAIRE.

Sr. Céorre RicHER DE STE. CRoIx.

Sr. MARGTE. DE FLÉCELLES DE ST. ATHANASE.

Sr, MARIE DE SAVONNIÈRES DE ST. JOSEPH.

Cet arrangement, préparé par la Mère de l’Incarna-

tion, avait préalablement été envoyé en France aux Ursulines de Paris et de Tours, pour être approuvé et

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signé par les Religieuses de ces deux Monastères. Ce ne fut qu'après cette sage précaution que nos Mères elles-mêmes le signèrent, sûres que désormais l’unité de règle pouvait s'établir entre les sœurs de Québec, qu’elles vinssent de la Congrégation de Tours ou de celle de Paris.

L'heureux résultat de cette affaire réveilla de nouveau en France l’idée d’une union générale de toutes les Congrégations d’Ursulines du royaume, et des prélats s'étaient proposé d’en parler dans l'assemblée générale du clergé qui devait se tenir en 1645.

On écrivit de toutes parts à la Mère de l’Incarnation pour la féliciter sur le succès de ce projet d’union qu'on savait être entièrement dû aux prévisions de sa sagesse et de sa prudence consommée.

‘ Cette union des Religieuses Ursulines, dit le P. Don C. Martin, ayant été si heureusement conclue par les soins de la Vén. Mère de l’Incarnation, il n’est pas aisé de décrire la vie parfaite qu’elles menaient. Comme c’étaient des sujets choisis, qui n’avaient quitté les délices de la France avec une ferveur incroyable, que pour se consacrer au service de Dieu dans un pays de croix et d’épines, et pour jeter les fondements d’une colonie d’Ursulines au-delà de l'Atlantique, elles s’acquittaient de tous leurs devoirs avec tant de zèle et d’exactitude, qu’on peut les comparer aux premiers religieux de St. Benoit et de St. Dominique, qui ont servi d'exemple aux plus saintes communautés de tous les siècles suivants.”

La Vén. Mère de l’Incarnation avait déjà gouverné pendant trois ans sa petite Communauté par la commission qu'elle en avait reçue de Mgr. l’Archevêque, à son départ de Tours: le 12 juin 1642, les Ursulines firent leurs élections sous la présidence du KR. P. Vimont.

La Vén. Mère fut continuée dans la charge de Supérieure.

Des constitutions conformes aux engagements, et adaptées au pays, et dont nous parlerons plus tard, furent rédigées en 1647 par le R. P. J. Lalemant, alors supérieur de ce Monastère, “ à la prière et sollicitation des Ursulines,” comme le remarque le Journal des Jésuites. Ce règlement fut observé jusqu’à l’année 1682, époque à laquelle les Ursulines de Québec s’aflilièrent à la Congrégation des Ursulines de Paris, à la suggestion de Mgr. de Laval.

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