‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 48 sur 199 · PAS DE POËLES AU MONASTÈRE EN HIVER · texte numérisé non relu

PAS DE POËLES AU MONASTÈRE EN HIVER

Pendant les huit années que nos bonnes Mères habitèrent le premier Monastère, c’est-à-dire, depuis le 21 novembre 1642 jusqu’à l'incendie de 1650, leurs plus grandessouffrances provinrent du froid ; pendant un hiver de six mois, elles n'avaient encore pour chauffer la maison que des cheminées. “Notre cheminée est au bout pour chauffer le dortoir et les cellules, dont les séparations ne sont qu’en bois de pin........encore, ne croyez pas qu’on puisse y demeurer longtemps en hiver sans approcher du feu ; ce serait un excès d’y demeurer une

heure, encore faut-il avoir les mains cachées et être bien couverte. Hors les observances, le lieu ordinaire pour lire, écrire et travailler, c’est auprès du feu. Nos couchettes sont de bois et se ferment comme des armoires, et quoiqu'elles soient doublées de drap ou de serge, à peine y peut-on se réchauffer. A quatre cheminées que nous avons, nous brûlons par an 175 cordes de gros bois; après tout, quoique le froid soit si grand, nous tenons le chœur tout l’hiver, maïs l’on y souftre un peu.” Quelle ferveur! Ne faut-il pas s'être exercée depuis longtemps à la mortification et être morte à la nature, pour souffrir aussi gaîment de telles incommodités ?

Ces souffrances toutefois, chères lectrices, ne se bornèrent pas au premier incendie, car nos traditions domestiques ne font remonter l’usage des poêles qu’à l’année 1668, époque de l'entrée de Mlle. Marie Madeleine de Lauson. ‘ Alors, disent nos Annales, un poêle fut placé dans le grand dortoir des religieuses, par ordre des Supérieurs, à la demande de cette illustre famille.”

Page 1