MADAME DE LA PELTRIE DEMANDE L'ENTRÉE DU NOVICIAT
Voyant son œuvre enfin couronnée de succès, Mme. de la Peltrie conçut le dessein de se lier à sa petite communauté d’une manière permanente. Le moment qui lui parut le plus favorable pour faire cette importante démarche fut celui où Mile. C. Barré, la compagne fidèle de tous ses voyages et de toutes ses pieuses entreprises, se présentait à la communauté en qualité de postulante. Les religieuses furent on ne peut plus édifiées de cette humilité de Mme. de la Peltrie, demandant à genoux la grâce d’être admise au noviciat,
et d’être regardée comme la dernière parmi celles qui la vénéraient comme leur chère fondatrice. Cependaut on ne jugea pas que Dieu l’appelât à se faire religieuse. Cette pieuse dame qui ne cherchait qu’à accomplir la volonté du ciel, reçut cette décision avec une soumission d'enfant, et renonça sans retour à son premier dessein.
Elle continua donc à habiter le cloître en habit séculier, sans être liée par des vœux. Ce que nous ne pouvons assez admirer, c’est que dès lors, sans y être aucunement obligée, elle voulut s’assujettir à toutes les règles et observances de la vie monastique, suns vouloir accepter ni exemptions, ni priviléges, hors la liberté de sortir comme auparavant pour l'édification des sauvages et l'utilité des religieuscs. Elle permit à Mlle. Baxré d'entrer au noviciat, ainsi qu’elle lui en avait fait la promesse, et de plus lui fit don de 8,000 livres pour sa dot. L'acte de donation, signé de la main même de Mme. de la Peltrie, se trouve encore dans les archives du monastère. (1)