‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 54 sur 199 · LE SÉMINAIRE SAUVAGE · texte numérisé non relu

LE SÉMINAIRE SAUVAGE

Il est plus difficile de constater le nombre des séminaristes sauvages qui ont habité le Monastère avant le premier incendie, tous les régistres ayant été brûlés, On comprend qu’il n’y avait pas le même intérêt ni la même facilité à rétablir les noms de cette famille mouvante qui se renouvelait sans cesse, la plupart gagnant les bois après avoir reçu les principes de la foi. Par ce qui nous reste des lettres de la Mère de l’Incarnation, on voit qu'il y avait en 1643, quarante-huit élèves au séminaire; plus tard il y en eut jusqu’à quatre-vingts. Notre Vén. Mère écrivait en 1646: ‘Notre petit séminaire a eu cette année de. l'emploi aussi bien que les précédentes. Notre plus grande moisson c’est l'hiver, que les sauvages allant à leurs chasses de six mois, nous laissent leurs filles pour les instruire. Ce temps nous est précieux ; car comme l’été, les enfants ne peuvent quitter leurs mères, ni les mères leurs enfants, et qu’elles se servent d’eux dans leurs champs de blé d'Inde, et à passer leurs peaux de castor, nous n’en avons pas un si grand nombre. Nous en avons néanmoins toujours assez pour nous occuper.”

Quant aux visites de sauvages passagers, hommes et femmes, qui venaient à nos parloirs recevoir en même

temps assistance spirituelle et corporelle, l’afluence en fut d’abord bien grande ; en une seule année, il y en eut jusqu’à huit cents. Vers l’an 1648, la Mère de l'Tncarnation regrette que le nombre en ait diminué, par suite des guerres et de la férocité des Iroquois. Mais bientôt la dispersion de la nation Huronne fournit ample matière à son zèle et à celui de sessœurs. L’arrivée en grand nombre de ces pauvres sauvages, en 1649, obligea cette infatigable Mère à étudier la langue Huronne. “J’appris donc assez de celle-ci, dit-elle, pour enseigner les prières et le catéchisme aux filles et femmes, ce que nous faisons alternativement par semaine, la Mère St. Joseph et moi, à une pleine cabane ; outre cela nous avions une assez grosse famille que nous nourrissions, sans parler des séminaristes.”’

Les régistres rétablis de mémoire après l'incendie, ne commencent avec quelque ordre qu’au mois d'août 1650, pour le séminaire sauvage.

“ Au mois d'Août dit le vieux récit, le Rév. P. Ragueneau nous a donné huit séminaristes. Au dit mois d’Août 1650, est entrée au séminaire Elisabeth Astache, Algonquine. La dite y est morte après avoir été assez longtemps au séminaire. Le dit mois et an, la communauté s’est chargée de la famille du bon Joseph Trondechorin, composée de treize personnes (1). Mme.

() ‘‘ Les Ursulines pareïllement avec leur bonne Fondatrice, Mme. de la Peltrie, dit le Rev. P. Ragueneau, ont entrepris en cette rencontre au-dessus de leur force, mais non au-dessus de la confiance qu’elles ont en Dieu. Elles se chargèrent incontinent d’une famille très-nombreuse, la première qui dans le pays des Hurons ait embrassé la foi. Leur séminaire fut ouvert à de petites filles qui accrurent leur nombre, et le zèle de ces bonnes Mères ne trouvant point quasi de bornes, leurs classes s'ouvrirent aussi à quantité d’externes, qu’elles instruisent du catéchisme en langue Huronue, et auxquelles elles donnent à

notre Fondatrice doit contribuer d’un poinçon (200 livres) de farine pour nous aider à les nourrir. Au dit an, Cécile Arenhatsi et les deux filles du pauvre Pierre Andakion.” (1)

Voilà certainement les indices d’une belle et grande famille dans la “ maison de Jésus.”

‘ Ensuite, continue le vieux récit, nous avons commencé à faire le catéchisme régulièrement aux femmes et aux filles sauvages.”

Il est bon de faire remarquer iei que ces instructions s'étaient données dès l’année 1640, aux Algonquines et aux Montagnaises, de la même manière que l’on instruit encore aujourd’hui pour la première communion, à l’école des Externes, les enfants des diverses paroisses de Québec qui sont présentées par leurs pasteurs.

Avant la dispersion de la nation Iuronne, il n’y avait pas à Québec assez de Hurons pour réclamer un catéchisme public; nos Mères jusque-là leur avaient donné, au besoin, des instructions particulières.

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