‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 53 sur 199 · LE PENSIONNAT · texte numérisé non relu

LE PENSIONNAT

Avant de retracer les derniers et sombres événements qui dispersèrent pour un temps la famille des Ursulines, nous allons donner un aperçu de l’état du pensionnat français et du séminaire sauvage, pendant les huit années que nos Mères occupèrent le premier Monastère, c'est-à-di:e depuis le mois de novembre 1642, jusqu’au mois de décembre 1650.

Les Ursulines, à cette époque, avaient ordinairement un pensionnat de dix-huit à vingt (1) demoiselles françaises. Plusieurs d’entre elles se firent religieuses Hospitalières ou Ursulines; d’autres prirent leur parti dans

() La Vên. Mère de l’Incarnation écrivait en 1650 : ‘‘ Dès le lendemain de notre arrivée à Québec on nous amena toutes les filles tant françaises que sauvages qui se purent rencontrer, pour les instruire dans la piété et dans les bonnes mœurs... L'on est fort soigneux en ce pays de faire instruire les filles françaises,”

le monde, et devenues dans la suite mères de famille, elles élevèrent dans la crainte de Dieu de nombreux enfants, qui furent le soutien de la foi et l’ornement de la société en Canada. On aimera sans doute à connaître le nom de ces premières élèves de notre Institut, qui ont eu le bonheur d'être formées À la vertu par nos fondatrices. Voici les plus connus :

Mile. Elisabeth Couillard, Mlle. Catherine de Repentigny, “°° G, Juchereau de More, “Geneviève Bourdon, °° M. Madeleine Nicolet, °° M. Hayot,

°° M. Olivier Le Turdif, “°J. Porchet,

M. Marsolet, °° M. Madeleine Hertel, M. Couillard, “°° M. Madeleine de Chavigny, “°° Marie M. de Repentigny, “ Jeanne Godefroy, “Marie de la Poterie, “M. Madeleine Badeau,

Mlle. Geneviève de Chavigny.

Il existait alors dans le pays un singulier état de choses, si différent de ce que l’on voit de nos jours, qu'il y a intérêt à le noter ici en passant. (C'était une gêne extrême dans les affaires et les transactions causée par la rareté de l'argent. D'une extrémité de la colonie à l’autre, même rareté, même embarras. Il était malheureusement dans l'intérêt de la Compagnie des Cent- Associés que les choses demeurassent en cet état : il n’y avait donc que le commerce des échanges et des produits. Les colons achetaient de la Compagnie tous les effets, toutes les provisions dont ils avaient besoin, et payaient en pelleteries. La peau de castor valait trois francs à Québec.

À ce que nous venons de dire, nous ajouterons l’extrait suivant d’un compte payé en 1646, pour la pension de Mile. CO... appartenant à une des familles marquantes du pays.

Reçu le 13 janvier pour la pension de Mlle. C. 84 cordes de bois de chauffage.

‘“ le G6mars 4 cordes de bois de chauffage,

“ le 13 mars pot de beurre pesant 12 Ibs.

‘“ ‘le 13 nov. 1 cochon gras, 1 baril de pois. 1 baril d’anguille salée,

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