RESSOURCES DES RELIGIEUSES APRÈS L'INCENDIE
ous avons laissé nos Mères fai-
sant leurs adieux auxreligieuses
LA Hospitalières ; voyons-les, chè-
res lectrices, revenir sous la con-
d duite de leurs bons anges aux
ieux qui ont été témoins, il ya a peine trois semaines, de leurs angoisses et de leur céleste résignation.
Comment raconter ce qu’elles enrent à souffrir dans cette petite mai.
son de Mme. de la Peltrie, où elles
ete (MN étaient venues se réfugier? On se NZ rappelle que cette maison n'avait
que trente pieds sur vingt; cependant il ne s’agissait pas seulement d'y trouver place pour une famille de treize personnes, sans compter plusieurs pensionnaires, muis il fallait encore a ces infatigables ouvrières, le moyen de réunir autant que possible autour d'elles l'autre partie de leur troupeau dispersé: elles souffraient moins de se voir privées de tout, que de se trouver
dans la nécessité de suspendre l'instruction de leurs chers néophytes. Dans ce petit local, qui n'avait que deux chambres, elles durent donc trouver chapelle, classe et parloir, cellules, réfectoire et cuisine : quant aux cellules, on en revint à l’expédient de la Basse-Ville, et les lits s’étendirent à double rang sur des tablettes. Là anssi était l’infirmerie; il en fallait une, puisqu'il y avait dans cette petite famille une sœur bien-aimée dont la vie s’éteignait lentement au milieu des privations et des souffrances.
Cependant l’on n'était qu'à la fin de janvier, et plusieurs mois devaient s’écouler avant qu’on pût espérer aucun secours de France. Dans cette pénible position, nos héroïques Mères étaient loin d’avoir perdu courage ; les épreuves au contraire n’avaient fait que fortifier leur vertu, et pleinés de l'esprit de Jésus-Christ, ‘elles étaient comblées d’une sainté joie de se voir si pauvres, qu’elles étaient obligées de recevoir l’aumône des pauvres mêmes.”
Elles éprouvèrent en cette occasion, d’une manière bien consolante, l'intérêt et l'affection que leur portait toute la colonie. Nos lectrices se rappellent avec quelle libéralité les bonnes Mères de l'Hôtel-Dieu les pourvurent de leurs premières nécessités. “ Nos Révérends Pères, ajoute la Mère de l’Incarnation, nous ont secourues de toute l'étendue de leur pouvoir, jusqu’à nous envoyer les étoftes qu’ils avaient en réserve pour 8e faire des habits, afin de nous revêtir. Ils nous ont encore donné des vivres, du linge, des couvertures, des journées de leurs frères et de leurs domestiques (1); enfin
() Voici un trait qui prouve combien fut délicate la charité des RR PP. Jésuites envers les Ursulines en cette occasion. ‘Le 2 janvier 1651, la conclusion fut prise, unanimi omnium Patrum con-