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qu’elle a conservé jusques à sa mort, chose assez ordinaire à celles qui ont le bonheur d’être élevées dans ce séminaire de piété. Notre Cécile donc étant aux abois, son confesseur lui demanda si elle n'avait pas regret de mourir. Hélas ! mon Pi, dit-elle, j'aurais bien tort de craindre la mort et de ne pas la désirer, puisqu’en me tirant de ce mande, elle me retirera des occasions d’offenser Dieu.
“Il est v.." sue j'espère bien que toutes mes confessions ont effacé mes péchés, mais elles ne m'ont pas rendue impeccable ; ma consolation est que je le serai après cette misérable vie : et puisque l'amour n'est pas assez grand en moi pour faire ce que la mort y fera, que la mort vienne donc pour me délivrer en même temps de la servitude de mon corps et de celle du péché!
‘“ Le mari de cette femme était à la chasse, bien avant dans les bois au moment où elle expira. Cécile lui apparut et lui dit le dernier adieu, lui recommandant surtout de ne jamais quitter la “ prière ”” qu'avec la vie. Cet homme, à ce spectacle, se tourne vers son compagnon de chasse, lui raconte sa vision et la mort de sa femme, et aussitôt il se met en chemin pour retourner à Québec. A son arrivée il apprend que sa femme avait expiré dans le même temps où elle s'était fait voir à lui.
‘“ Le changement de cet homme et sa ferveur (1) jointe à la constance qu'il garde depuis cet accident aux prières publiques et particulières, nous fait croire qu’il s’est passé en cette rencontre quelque chose de bien extraordinaire.”
(1) L’oncle de cette vertueuse Cécile, Joseph Chi8atenh8a, regardé avec justice comme un des apôtres indigènes du pays, se trouvait à Québec, lors de l’arrivée de nos premières Mères. De retour dans son pays (sur les bords du lac Huron) il fait les exercices spirituels, ‘et va hardiment de bourg en bourg, dit notre Vén. Mère, préchant aves une éloquence du paradis. Ses compatriotes, sachant qu'ii ne pouvait avoir cette science naturellement, étaient comme en extase en l’entendant parler. Il leur disait : Ah ! si vous saviez la charité qui est parmi ceux qui croient en Dieu, vous ne resteriez jamais comme vous êtes. Encore qu'ils ne se soient jamais vus, ce n’est qu’un cœur et qu’une âme. Je fus ravi l’an passé à Québec, à l’arrivée d’un vaisseau où il y avait des filles vierges vêtues de noir, qui pour l'amour de nous sont venues en ce pays. Les unes prirent avec elles
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