‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 91 sur 199 · Tome 2 = us ” ST neue · texte numérisé non relu

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empêcher et conserver sa personne, maïs il n’y a point d'éloquence qui le puisse détourner de ces actes d’humilité.”

“ Nous ne pouvons douter, dit le R. P.J. Lalemant, que Dieu n'ait de hauts desseins sur ces terres pour en tirer sa gloire, puisqu'il a relevé nos espérances, par le don qu'il nous a fait d’un prélat après lequel cette Eglise naissante soupirait depuis si longtemps... Il fut reçu comme un ange consolateur envoyé du ciel, et comme un bon pasteur, qui vient ramasser les restes du sang de Jésus-Christ, avec un généreux dessein de ne pas épargner le sien, et de tenter toutes les voies possibles pour la conversion des pauvres sauvages. Dieu lui a bientôt fait naître les occasions de leur faire connaître son amour; car, le jour même de son arrivée, un enfant Huron étant venu au monde, il eut la bonté de le tenir sur les fonts du baptème. Vers le même temps, un jeune homme, aussi Huron, malade à l'extrémité, devant recevoir les derniers sacrements, il voulut s’y trouver et lui consacrer ses premiers soins et ses premiers travaux, donnant un bel exemple à nos sauvages, qui le virent avec admiration prosterné près d’un pauvre moribond qui sentait déjà le cadavre, et auquel il nettoyait de ses propres mains, les endroits du corps où l’on devait faire les onctions sacrées.”’

‘ C'est un autre St. Thomas de Villeneuve pour la charité et l'humilité, ajoute notre Vén. Mère, car il se donnerait lui-même pour cela. Il ne se réserve pour sa nécessité que le pire. Il est infatigable au travail; c’est bien l’homme du monde le plus austère et le plus détaché des biens de cette vie. Il donne tout et viten pauvre, et l’on peut dire avec vérité qu'il a l'esprit de pauvreté. Ce ne sera pas lui qui se fera‘des amis pour s’avancer et pour accroître son revenu, il est mort à tout

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cela. Peut-être, (sans faire tort à sa conduite), que s’il ne l'était pas tant, tout en irait mieux; car on ne peut rien faire ici sans le secours du temporel : mais je me puis tromper, chacun a sa voie pour aller à Dieu. Il pratique cette pauvreté en sa maison, en son vivre, en ses meubles, en ses domestiques ; car il n'a qu’un jardinier, qu’il prête aux pauvres gens quand ils en ont besoin, et un homme de chambre, qui a servi M. de Bernières. Il ne veut qu'une maïson d'emprunt, disant que quand il ne faudrait que cinq sols pour lui en faire une, il ne les voudrait pas donner. En ce qui regarde néanmoins la dignité et l'autorité de sa charge, il n’omet aucune circonstance. Il veut que tout se fasse avec la majesté convenable à l'Eglise autant que le pays le peut permettre. Les Pères lui rendent tontes les assistances possibles, mais il ne laisse pas de demander des prêtres en France, afin de s'appliquer avec plus d’assiduité aux charges et aux fonctions ecclésiastiques.”

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