VISITE DES HOSPITALIÈRES DE MONTRÉAL
Vers la fin de l'été 1659, nos Mères eurent le plaisir de revoir leur ancien et toujours cher ami, M. l'abbé Vignal, qui revenait de France pour s'employer dans la maison de St. Sulpice, à Montréal. “Ayant amené avec lui les trois fondatrices de l'IHôtel-Dieu de Montréal, Mesdames Judith Moreau de Brésoles, Catherine Massé et Marie Maillet, il vint nous les introduire, dit le récit, et Mme. de la Peltrie obtint de Mgr. de Laval, la permission de les retenir chez nous jusqu’à leur départ pour Montréal. Ces dignes Hospitalières passèrent ici près d’un mois, et nous devons ajouter que leur piété était très-exemplaire, et leur conversation aussi édifiante qu'agréable. N'étant pas encore voilées, elles
portaient sur leur habit modeste, une petite collerette ou guimpe carrée à la mode du temps passé, et cela pour se distinguer des personnes séculières. Ce ne fut que plusieurs années plus tard qu’elles se revêtirent de l'habit monastique porté par les Hospitalières de la Flèche, mais elles étaient vraiment Religieuses longtemps avant d’en avoir porté l'uniforme.”
Ces âmes d'élite, choisies pour l’inauguration d’une œuvre aussi importante que difficile, ont su y imprimer dès le commencement le sceau d’une vertu peu commune, et il semblerait qu’elles n’eussent demandé, pour les sœurs héritières de leurs travaux, que privations et souffrances.
Cette congrégation d'Hospitalières, sous le patronage de St. Joseph, avait été établie à la Flèche en 1643, par M. de la Dauversière ; mais ce ne fut qu’en 1669 que la Rév. Mère du Ronceray (1) vint de France, chargée de transmettre aux sœurs de Montréal la permission de se revêtir de l’habit monastique et de prononcer des vœux solennels.
(1) Cette même année (1669), dit le vieux récit, arrivèrent les Rév. Mères du Ronceray et Le Jumeau de Lanaudière, qui venaient pour donner le voile aux Hospitalières de Montréal. Elles ont logé chez nous comme les premières; mais elles n’y furent guères, parce que l’occasion se présenta bientôt de monter à Montréal où se trouvait leur Monastère, Avec ces bonnes Mères, il y avait une pieuse fille qui désirait se faire sœur converse, et qui, voyant la paix et l’union qui régnaient dans notre maison, avait grand désir de ne pas passer outre et de rester chez nous ; maïs on lui fit entendre que nous ne la recevrions pas vu le besoin que ces bonnes Mères avaient d’elle, et considérant que ce serait une injustice de la leur ravir, après qu’elles l'avaient amenée de France pour leur maison. Mais avec toutes ces raisons nous eûmes bien de la peine à lui faire changer de résolution.’
Voilà encore un de c:s faits si honorables à la mémoire de nos Mères, et dont nous trouvons les détails étrangement défigurés dans certains récits d'histoire tout récents.
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