‹ Les Ursulines de Québec [microforme] (volume 4)Chapitre 95 sur 199 · EL · texte numérisé non relu

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car il y avait cinq semaines qu'on n’avait point eu de repos ni de jour ni de nuit. Cependant, je n'ai pas vu qu'aucune de nous ait été hors de sa tranquillité. Le bruit même de la garde ne nous donnait aucune distraction. Nos gens n’entraient dans notre clôture que le soir : ils en sortaient le matin pour aller à leur travail, notre dortoir étant toujours bien fermé. La nuit on leur laissait les passages d'en bas et les oflices ouverts, pour faire la ronde et la visite.

‘“ Pour moi, je vous assure que j'étais extrêmement fatiguée : car encore que je fusse enfermée dans notre dortoir, mon oreille néanmoins faisait le guet toute la nuit de crainte d'alarme, et pour être toujours prête à donner à nos soldats les munitions nécessaires en cas d'attaque. Nous avions vingt-quatre hommes auxquels il fallait donner tous les besoins de guerre et de vivres. Ils étaient divisés en trois corps-de-garde et faisaient la ronde toute la nuit par les ponts de communication qui allaient partout, et nous gardaïent ainsi fort exactement. Enfin, nous fûmes heureuses d’être délivrées de ce fardeau, et l’on en chanta un 7e Deum en toutes les églises.”

Mais, outre les vingt-quatre hommes dont il est ici parlé, la Mère de l’Incarnation avait d’autres soldats qu'il ne faut pas oublier. ‘Toutes les avenues des cours étaient barricadées, dit-elle; nous avions anne douzaine de grands chiens qui gardaient les portes de dehors, et dont la garde valait mieux sans comparaison que celle des soldats pour écarter les sauvages; car ils craignent autant les chiens français que les hommes, parce qu'ils se jettent sur eux et les déchirent quand ils les peuvent attraper.” (1)

(1) Ces bons chiens de notre Mère de l’Incarnation nous rappellent les chiens du nord transportés au sud (Texas). Il nous semble les

Le danger éminent était passé, cependant l’on n’était pas encore en parfaite assurance à l'égard des Iroquois ; “ car si l’ennemi vient à l’automne, dit la Vén. Mère, il ravagera les moissons ; s’il vient au printemps, il «mpèchera les semences.” Elle écrivait en septembre : ‘ Il y a près de cinq mois qu'il se fait tous les jours un salut solennel où le St. Sacrement est exposé, afin qu'il plaise à Dieu de protéger le pays.” Il le protégea en effet, et à part quelques surprises particulières, on en fut quitte pour la peur, chacun éprouvant en son âme un nouveau degré de confiance en la Providence divine sous la protection de Marie.

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