‹ Les Ursulines de Québec [microforme]Chapitre 107 sur 156 · EE · texte numérisé non relu

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Plusieurs communautés de l'Ordre, entre autres les communautés de Tours et de Paris, cette dernière sur- ‘tont qui était extrêmement riche en reliques, parta- ‘gèrent générénsement avec leurs sœurs lointaines de la Nouvelle-France.

Ces trésors étaient devenus si abondants que “ l'an ‘de notre salut 1674, dit le Récit, la chapelle des saintes Reliques fut érigée en notre Monastère, par la permission de M. de Bernières, Vicaire Général de Mgr. “de! Laval, alors en France, et de M. Ls. Ango des Maiïzerets, notre KR. P. Supérieur. Après avoir fait, en présence des Religieuses, l'ouverture des trois boîtes * de saintes Reliques envoyées de Rome (*) par le R. P, Boucher, Jésuite, Assistant Général dela Cnmpagnie en France, et le R. P. Quinquet, Général de l'Ordre ‘des Minimes, ils marquèrent l'avant chœnr des Reli- ‘’gieuses, comme étant an lieu propre à y construire “une tribune ou chapelle (?) où ces saintes Reliques "ét les autres que nous possédions déjà seraient honorées. "La chose fut exécutée la même année et la suivante par le zèle et la piété de la Mère S. Athañase, et mise ‘dans sa perfection par la Mère S. Joseph qui lui suc- ‘céda. Les saintes Reliques furent posées dans des châsses de bois doré données par la famille de la Mère ‘des Anges, comme il est marqué sur la listedes bienfaiteurs de la dite ehapelle.” (1) Dans ces boîtes se trouvaient le chef de sainte Candide et des reliques très-considérables de S. Castor, S. Bon etc.

(?) Cette tribune était située à l'extrémité sud-est du réfectoire actuel du demi-pensionnat, à la hauteur du second étage, en face de Ja grande griile de cet ancien et très-joli chœur des Religieuses. Dans les réparations récentes, on a retracé les contours de cette grille, dans le mur qui sépare le réfectoire du demi-pensionnat dela partie affectée aux parloirs. Après l’incendie de 1686, la chapelle des Saints fut placée là où elle se voit aujourd’hui.

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Des Indulgences considérables furent obtenues pour cette chapelle. En 1700, la fête des saintes Reliques fut fixée au second dimanche d'août, et c'est à la même époque que nous la célébrons encore aujourd'hui,

Il n’ést pas étonnant que notre chapelle des Sairits, devenue en quélqne sorte de nouvelles catacombes, ait inspiré tant d'intérêt et de dévotion à deux grands évêques, illustres bienfaiteurs de ce Monastère, Mgr. de Saint-Valier et Mgr. Plessis. C'était là, comme sur les tombeaux des Saints Martyrs, qu'ils venaient célébrer leur dernière messe, quand ils avaient à entreprendre la longue et périlleuse navigation de l’Atlan-

tique.

Nous n'avons parlé due des reliques reçues avant 1700 ; bien d’autres sont vénues grossir notre trésor : reliques de la saiite Famille, des Apôtres, des Patriarches de notre Ordre, S. Augustin et sainte Angèle etc. Un des fragments les plus considérables de ces reliques est celui d’un doigt de la bonne sainte Anne, l'aimable patronne de notre Canada, si renommée par les nombreux prodiges qu’elle opère parmi nous depuis plus de deux siècles (*).

Nous verrons dans la suite de cette Histoire, quel fut le dévouement des Religieuses pour sauver des flammes ces dépôts sacrés, et avec quelle confiance on invoquait leur protéction, dans les nécessités publiques ou partièulières.

() “Nous voyons encore d’antres miracles sur les dévots de la sainte Famille, disait la: Mère de l'Iricarnation en 1665. A sept lieues d'ici il y a un bourg appelé le petit Cap, où il y 4 une église de sainte Anne, dans laquelle Notre-Seigneur fait de grandes merveilles en l'honneur de cette auguste mère de la très-sainte Vierge. On y voit marcher les paralytiques, les aveugles recevoir l'usage de la vue, es malades de quelque maladie que ce soit recevoir la santé.’

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