‹ Les Ursulines de Québec [microforme]Chapitre 114 sur 156 · RE SES · texte numérisé non relu

RE SES

dut plus d'une fois éprouver la éentation de revoir la patrie, surtout lorsqu'elle vit es conrpagne de miesion, la Mère Compain de Suinte Oégile, reprendre en 1655 la route de France et de son Monastère de Tours.

Vers le temps -de la mort de la Mère S. Joseph, la Mère de Notre-Dame tomba gravement malade : *‘ Nons avons pensé la perdre, écrivait la Vén. Mère, mais elle est À présent (oetobre 1652) en meilleur état qu'elle n’a été depuis sept mois que dure sa maladie, Comme c'est une fille propre à tout, sa maladie ne nousa pas pou incommodées.'” En 1660, le Réoit note qu'elle eut encore use maladie extraordinairewent douloureuse dont elle se ressentit le reste de sa vie. Son aùle lui donnait des forces et elle n'était pas plus tôt en état de marcher qu’elle reprenait ses fonetions. Æn 1670, elle était chargéa de la principale conduite d'une cinquantaine de petites filles sauvages, et s'acquittait de aa besogne avec beaucoup de succès, disait la Vén. Mère,

Lans ses ennuis et ses épreuves, elle allait à la Mère de l'Incarnation ayee une confiance toute filiale, ot repronsit courage sous l’uscendant de ce cœur embrasé qui réchauffait les âmes, et les élevait en holocauste jusque sur l'autel brûlant du Cœur de Jésus, La mort de la Vén. Mère lui fut une épreuve cruelle: —Quoi, ma Mère, lui disait-elle, allez-vous donc partir sans moi ?—Ne vous uffliges pas, mon enfant, lui répondit avec une douceur ravissante la sainte Mère, Dieu sera toujours votre père, et quand je serai devant sa Mujesté, je ne vous oublierai pas; quoique absente je ne luisserai pas d'être avec vous,” Tendres et touchantes paroles, si consolantes encore aujourd'hui pour les filles de Marie de l'Incarnation.

La Mère de Notre-Dame dut aussi être grandement confortée par cette vision dont parle la Mère de l’Incarnation, à l'occasion du départ de in Mère Sainte-Céoile : ‘ Je dirai, écrit la Vén. Mère, pour la consplation de celles qui restent st pour les engager à persévérer jusqu'à la fia dans la vocation où Notre Seigneur les » appelées (le Canada), que lorsque cette chère Mère (lu Mère

Sainte Cécile) était ébranlie pour s'en retourner, une personne (1) eut une vision, où elle apergut un grand cervle, au milivu duquel la très-sninte Vierge était assise sur un trône, tenant son petit Jésus entre ses bras, Toutes les Ursulines de cette maison étaient enfermées dans ce cercle, où elles environnaient cette Mère de bonté qui les tenait en sa protection, L'une d'elles tâcha à plusienrs reprises de rompre le cercle afin d'en sortir, et la sainte Vierge autant de fois se levait de son trône pour la retenir et refermer le cercle qui s'entr'ouvrait, Muis enfin cette fille rompit le cerole et s'en alla. Elle continua néanmoins d'être regardée de lu Mère de Dieu, mais de loin et comme par compassion."

La Mère Sainte-Céoile s'en retournant au Monastère de sa profession, ne faisait rien contre le devoir, aussi la sainte Vierge ne lui refuse pas ses faveurs ; mais elle se privait de ces tendresses maternelles et spéciales, qui seront pour les filles héroïques dont les cœurs généreux ne compteront pas les sacrifices afin d'établir en ce pays le règne et l'amour de Jésus.

A la mort de la Mère de l'Encarnation, la Mère de Notre- Dame restait seule ici de sa maison de Tours. Elle travailla encore huit ans avec zèle sous les yeux de sa céleste Mère et Patronne, et mournt le 25 septembre 1680, ‘* nous laissant, dit le Récit, tout embaumées de ses vertus, qu'elle a couronnées par une grande patience et fidélité à son Dieu. Elle avait surtout été remarquable par son zèle pour l'instruction de la jeunesse et par sa charité universelle. Elle était âgée de 60 ans, ayant de Religion 40 ans, dont elle avait passé 36 en ce pays.”

(1) Cette vision paraît se rattacher à celle où la sainte Vierge assura qu'elle-même relèverait le Monastère de ses ruines après le premier incendie en 1650, et que nous avons attribuée à la Mère 5. Augustin de l'Hôtel-Dieu. Peutêtre aussi la Vén. Mère parle-telle d'elle-même en tierce personne. Ce détail au reste se trouve dans la vie de la Vên. Mère publiée par Dom Claude Martin en 1677.

La fière Marie de Villiers de &. André, Professe de Magny, 1657-1683.

Dans les années qui s’écoulèrent entre la mort des Fondatrices et le second incen lie du Monastère, une troisième Ursuline, pro fesse de France, passa heureusement du ‘ cercle ”” béni de Marie sur la terre à son cortége céleste : c'est la Mère Marie de Villiers de S. André, arrivée ici le 29 juin 1657. Il ne nous reste au sujet de cette chère Mère que les notes de notre vieux Récit, l'incendie ayant détruit tous nos documents, et la maison de Magny, de même que celle de Tours, ne n'étant pas rétublie après la Révolution de 1789. Que n’avons-nons au moins quelques débris de leurs archives, ce que nous avons pu recueillir de la maison de Paris nous ayant été si précieux.

‘ Notre chère Mère de S. André, dit le R‘eit, persévéra généreusement dans sa vocation, nonobstant les tiès grandes infirmités qu'elle contracta bientôt, le climat lui étant contraire, Son caractère distinctif était la piété. Elle avait de touchuntes pratiques de dévotion auxquelles elle a été fi èle jusqu’à $a mort. Son extérieur étuit fort modeste, religieux et bien composé ; sa seule vue inspirait la pensée de Dieu ct de la vertu. Sa dernière maladie a été de six mois, et quoiqu’elle eût r.çu les derniers sacrements, sa mort surprit tout le monde, ayant été suffoquée en un instant par un abcès interne dont elle avait beaucoup souffert. La Mère S. André décéda le 25 vetobre 1683. duns l'office. de Dépositaire, qu’elle remplissait avec di-cernement et édification poirtous. Elle était âgée de 52 ans, ayant de Religion 87 ans, dont elle avait passé 26 en notre Monustère.”

L'Évêiue de Meuux, Mgr Dominique Poguier de Saint- Brisson, dont elle était, dit-on, parente, lui avait fait une pension annuelle de 1-0 Ib<, qu'il nugmenta dans la suite jusqu’à 250 1bs., ordonnant par testament à ses héritiers de lui payer cette somme, ce qui fut filèlement exécuté.

Soeurs Sainte-droule et Saintes Marthe,

Sœur Catherine Lézeau de Sainte Ursule fat la première converse qui fit son noviciat daus uotre Mouustère de Québec.

Ce

‘ Après ses deux ans de probation, la Communanté avait de la difficulté à l’admettre à cunse de ses infirmités qui étaient fort considérables; Mme. notre chère Fondatrice, qui l'aimait à cause de sa grande vertu, lui donna une place sur la fondation, Cette chère sœur, continue le Réeit, se montra ennemie de son corps qr'elle traitu avee une rigueur extrême malgré ses infirmités ; elle était pleine de mépris pour elle-même et d’une tendre charité pour le prochain, parfaitement respectueuse et soumise à tous les ordres de ses supérieures. Son zèle pour le salut des âmes ne lui laissait perdre aucune occasion de dire un bon mot et de tâcher d’inspirer la haine du péchéet le mépris du monde et de ses vanité, On peut bien lui appliquer la béatitude des faméliques pour son désir insatiable d'entendre parler de Dieu et des choses spirituelles, at aile pouvait dire avec le prophète : Je serai russasiée quand votre gloire m'apparaîtra, Cette chère sœur est morte d’une £uxion de potirine le 27 octobre 1684, munie de tous ses sacrements, lle éiuit native Ce Maran près de la Rochelle, et avait 38 années de Religion; nous ne pouvoas dire au juste son âge ni le nom de ses parents, les registres qui l’indiquaient ayant été brûlés dans notre second incendie.”

Sœur Antoinette Mékinon de Sainte-Marthe arriva à Québec en même temps que la Mère de Villiers de S. André, et fit profession en notre Monistère en 1659. Elle étuit de Normandie. De même que pour la précédente, aucun document ne nous donne le nom de ses parents ni l'époque de sa naissance, ‘* Elle mourut le 20 octobre 1676, après trois ans d’une maladie fort extraordinaire à laquelle tous les remèdes furent inatiles. C'était une fille pieuse, laborieuse, et remylie de zèle pour le bien de la Communauté.”

à Le Dr garant pv

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