‹ Les Ursulines de Québec [microforme]Chapitre 117 sur 156 · FETE MP · texte numérisé non relu

FETE MP

Prougt, (filleule de Mme. de la Peltrie), Jeanne Brassard, Marie Sedilot dit Montreuil, Jeanne Langlois, Gen. Chavigny, Marie Chartier, Isabelle Boucher, M. Paradis, Marie M. Hertel (!), Louise Bissot, Marie Poulin, Charlotte de Chavigny, Marie Boutet, Anne Martin (*), Gen. Peltier, Delphine Le Tardif, Agnès Duquet (R. U), Mlle. du Plessis ( ), Gen. Nosse de Mezeruy, Murie Guagnié, Gertrude Couillurd, Ang, Poisson des T, R. (R. U), la fille de Mme. de la Chenaye, lu fille de Nicolas Bonhomme, Françoise Dugué, Cath. Denis (4),

(1) Sœur de François Hertel surnommé le ‘ Héros.”

(2) Fille de Maître Abraham l’Écossais, qui donna #on nom aux Plaines d'Abraham, célèbres par le combat de Montcalm et Wolfe.

(3) Fille du Gouverneur des Trois-Rivières massacré par les [roquois en 1656. Elle était cousine des Dlles. de Lauson par sa mère.

(*) Voici une autre enfant chérie de nos bonnes Mère:, née à Tours, et amenée jeune encore à Québec, où sa famille s'établit,

Miles. Catherine Denis était au pensionnat à l’arrivée des premières Hospitalières de Montréal en 1659. Leur séjour dans notre Monustère fit grande sensation parmi lee élèves: ‘ plusieurs voulurent dès lors les suivre pour contribuer à l'établissement de la Religion au centre niême des incursions iroquoises.”” Catherine était une des plus ardentes. M. Denis, quoique membre du Conseil Souverain de Québec, n'était pas en moyens de seconder le généreux dessein de ses filles. Les Messieurs de Saint-Sulpice lui vinrent en aide et défrayèrent les dépenses de l'entrée en Religion de Catherine et de Gabrielle. Catherine laissa Québec en novembre 1666, sous la conduite de M. Pérot, curé de Ville-Marie, Elle entra à l'Hôtei-Dieu de Montréal le 21 du même mois, y occupa plus tard des charges importantes et mourut le 6 septembre 1730, à l'âge de K4 ans, Gabrielle entra à l'Eôtel-Dieu de Québec en 1674 et mourut en 1704.

En même temps que Mile, Denis, Sr. Marie Raisin retournait à Montréal. Elle était venue en Canada en 1659 avec la vénéiée Sr. Bourgeoys pour aider à l'établissement de la Congrégation N.D, Sr. Raisin voulut essayer de la vie d'Urauline. ‘ Cette anuée (1666), au mois de juillet, Sr. Marie Raisin de la Congrégation N.-D., entra en cette maison dans le dessein d'être religieuse. Mme. notre Fondatrice la dotait. Son entrée fit grand bruit. Cependant après quelques mois d’épreuve, elle demanda d'elle-même à sortir, ce qu'elle exécuta au mois d'octobre suivant.”

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Marie Gagnon, Cath, de Tilly, Anne du P'essis, Marie Lesseau (1), Marie Aubé, Marie Denis. (fille du Gouv de l'Acadie), Gen. Macart, Mile. des Rosiers des T, R., Mlle. Moral de S. Quentin, Louise Côté, Mile, de la Meslée des T. R., lu fille de la veuve Caron, Milles. Joliet, Baillargeon, Brindiliers, B'ranger, Elisabeth de Beaulieu, Marie de Tilly, Cath. Le Febvre, M. Morin (2), Mlle, de la Prade, M. Aubuchon, la file du Sienr Laframboise, Marie Charifou, Murie-Renée Godefroy des T, R., Marie Boucher des T, R., Jacqueline de: Pins, Margte, Denis, Marie M. Marsolet, Mlle. de la Ferté, M, Toupin, Mile. Le Blanc, Marie La Mouche, M, de St, Denix, Marie de Villiers, M, Cath. Nosse de Mézeray, Franç. Philippaux, Jeanne Soulird, Marie M. du Tilly, Anne Le Mire, Murie M. Sedilot des Noyers, Cath, de Launay, Frang. Pinel, eunne Lavallée, Charlotte Denis, Jeanne Courville, Jeanne Charpentier, Claire Gauthier, Isabelle du Pérat, Mlle. Amyot, Marie Anne Migeon de Bransac, Mlle, Go-

(?) Elle arrivait de France en 1657, et était recommandée à Mme. de la Peltrie par les Pères de l'Oratoire.

(2) Mlle. Marie Morin, qui fut la première novice canadienne de l'Hôtel-Dieu de Montréal, naquit à Québec en 1649 et eut pour parrain M. d’Ailleboust gouverneur. Elle entra à notre pensionnat en février 1660, fit sa première communion avec une ferveur exem-

plaire, disant dès lors ingénument qu’elle voulait aller à Ville-Marie

pour y mourir martyre de la foi. Elle réjoignit en 1662 les Hospitalières de S. Joseph, et fit l'apprentissage de toutes les privations attachées à la pauvreté. À cela vinrent se joindre deux graves maladies qui la mirent aux portes du tombeau, et ce ne fut qu'à l'aide d’une protection particulière de S. Joseph, auquel elle avait eu dès ses premières arnées la plus tendre dévotion, que la jeune servante de Dieu put enfin consommer son sacrifice. Sa vie d'Huspitalière fut longue, utile et édifianie. Au premier incendie de son monastère en 1695, elle était supérieure, la Sr, Macé était assistante et la Sr. Catherine Denis dépositaire. Ge fut elle qui écrivit les annales de l’Hôtel.Dieu de Montréal, œuvre digne de son intelligence et de sa haute piété. Elle y mit la dernière main en 1725, et mourut huit ans après, âgée de quatre-vingt-deux ans.

defroy de Lintot, Marie Hnmel, Mlle, Sonmande (1), Gen. de la GHardière, M. Le Mire, Margte, de Tilly, Mlle. Le Grand, Milles, Trépagny, Ratté, Constantin et Poulin, Charlotte Bisot, Miles. Perrot et Loïignon, Gen. Couillard de l’Expinay, Mlle, de l1 Huye, Cath, Thivierge, Marie Duqgnet, Françg. Le Mire, Frang Denis, Mlle. Boucher, Franç Tellier, Mlle. Normand, Dorothée d Bois, Mile, Rochon. Franç. Boucher, Thérèse Lessard, Mlle, des Noyers, Mile, des Prés, Claire Gauthier, Félicité Pieurd, Anne Mars, Jeanne Soulard, Cath. Denis, “iles, de Bellefond, lu Brière, le Vasseur, et la Garenne, Mlles, Pinguet, Boucher, de La Lande, de Comyorté, de Suint-Amand, M. Thérèse Duquet, Barbe Montmenil, M. Thivierge, Isabelle du Buisson, Miles, Gagnon, Fournier et Mars, Favel, Boutteville et Roussel, Jeanne de S.. Amand, Miles, La Branche, Roberge, Giroux, Durand, de Vitray, Margte, de Lintot, Isabelle de Joybert de Marson, Mlle, Xuintes, Jeunne Toupuin, Louise Courvile, Marie-Anne La Roche, Jeanne du Menu, Mlle. Fournier, Louise de la Glardière, Marie Térèse du Pont, Cath. Gauthier, Frans, Le Vasseur, Marguerite et M, Madeleine du Bois, Françg. Suvin, Térèse Gaulin, Louise Mars, Marie du Menu, Murie Angers, Cath, d'Ailleboust des Musseaux, Cluire Montmorency, Cath. Loïgnon, Marie M, d’Amours des Chauxfours, Gertrude Rose, Marie Térèse Lacombe, Jeanne de Viileneuve, Anne de la Vallée, Mlle, Sédilot des Noyers, Marie-Anne Le Mire, Anne Bonhomme, Jeanne Françoise Normand, M. Madeleine Gauthier, Margte, Guyon, Marie Trudelle, Louise Denis, Louise de Lanaudière (R. U.), M. Madeleine du Pont (depuis Mme, Lemoine de Maricourt), Mile. Blason, T, R., Margte, Chorel de Saint-Romuin, Margte. Pinard, Cath. Soulard, Marie Anne Gauvreau, (R, H. D.), Susanne Lau Rose, Marie-Anne Bégin, Isabelle de la Vallée, Marie Neveu, Marie-Anne Roberge, Marie-Anne Frérot de la Chesnuye, Louise de Xuintes, Marie M. Brassard, M, Madeleine Guyon, Isabelle de la Garenne, Louise Fauvel, Anne Joly, Anne

(1) Cette demoiselle décéda au pensionnat en 1677, après deux jours de maladie.

Chrétien, Marie C, Mainville des Chênes, Anne Pomuinville, Outh, Jucherean de Saint-Denis (R. U.), Marie-Anne Guyon, Charlotte Charest, Barbe Bélanger, Anne Le Hurdy, Anne Picurd, Tsabelle du Pérat, Louise et Charlotte de Tiily, Anne Sédilot- Montreuil, Louise Dion, Margte, Tessier, Helène Rottot, Marie M. Gariépy, Louise Mathieu, Charlotte Guyon, Anne Pinelle, Charlotte Renaud, Murgte, Brière, Charlotte Côté, Marie il Roussel, Anne de Lauson (*), M. Mad. des Moulins (?}), Mlle,

F1 Le Moyne, T.R., M. Guidet, T. R., Isabelle Le Febvre, T. R., il Marie de Lauson (R. U.), Cath. Le Febvre, Anne de Laroche, He 21 Louise de la Ferté, Margte. Seigneuret, Anne de la Chesniye, 4:40 Gen. Bissot, M. Guilbout, Mlle. Anne de la Marque (3), Char- 11 | lotte Béranger, Marie Chauvin T. R., Marie Beuudry, Claire

Turgeon, Murguerite et Elisabeth Gravelle, Marie M, Bacon (fileule de Mme. de la Peltrie), Françoise de lu Huye (filleule de Mme. de la Peltrie), Marie Dognon, Mlle. Gloria, Rosalie Duquet, Anne Mucart, Barbe Denis, les deux filles de Jean du Maine, Mlle, Couillard de l'Espinay, Mlle, des Musseuux, Mlle,

; (1) Entrée au pensionnat à l'âge de trois ans, peu après la mort | tragique de «on père, et décédée presque subitement le 13 novembre là 1672, deux mois après la profession de sa sœur Marie, ainsi qu'il a À été dit lors de l'entrée de Mile. Angélique de Lauson, en 1675. (2) Mile. des Moulins n'avait que quatre ans lor-qu’elle fut confiée à nos Mères. ‘Nous avions élevé cette chère petite dans une "d grande innocence. Elle avait 14 ans lorsqu'elle fut frappée d’une maladie mortelle, qui l’'emporta le 22 juin 1674. A «es instantes prières, nous l’avons enterrée chez nous avec les Religieuses. Ses parents par reconnaissance nous donnèrent cinq cents livres. Mlle. de Lauson et elle sont décédées dans l'infirmerie des Religieuses.?? Ces deux aimables jeunes filles, entrées presque en imnême temps au pensionnat, décédées au même âge, dans la muison de Dieu, n êlant leurs cendres à celles de nos premières Mères, nous paraisssent bien privilégiées. Toutes deux avaient été conduites à la Vén. Mère, peu avant son départ de ce monde. Cette précieuse bénédiction semble avoir eu pour effet de leur ouvrir le ciel. (3) Demoiselle noble envoyée par le Roi en 1663, protégée de M. du Douyt.

Lemauître T. R., Françoise Savard, Mile, Lafond, Marie Boissel, Marie M. Pinguet, Mlle, de la Garenne, Genevièvo, Catherine et Claire Bissot de Mingan, M. Jeanne de St, Quentin, Anne Gou:il, Marie Perrot, Barbe Julien, Sébastienne Lognon, Si

monne Bisson, Catherine Mucart, Marie de Villeneuve, Jeanne Duandonneuu, Marie Marute, et Marie Mad, Gloria (!), Anne Durand, Marie Cloutier, Jeanne-Isabelle Le Mire, Marie Ancelin, Murie Vigner, Dorothée Brassard, Marguerite La Marchère, Simonne Chalifoux, Murgte. de Villeneuve, Marie Fournier, Marie M. Bourgery et Anne Buillurgeon ( ), Françoise Capet, Marie Lambert, Anne Aubé, Marie-Anne Berry, Marie Bissot, M. Ga

liepy, M. La Roche, Louise Béranger, Mlle, Soumande, Margte de Tilly, Élisabeth Le Mire, Margte. Drouin, Françoise Goby Marie Morin, Marie Lavoie, Marie Creste, Elisabeth Aubé, Margte. Couture, Isabelle Létourneau, Marie M. Marsolet, Marie M. Peltier, Marie Charlotte Godefroy (R.U.), Marie Niel, Margte Pouiain, Mile. Closse (3), Anne Perrot, la fille de M. de Saint-

(1) Ces deux demoiselles furent religieuses à l'Hôtel-Dieu de Québec. Elles étaient petites-nièces du vaillant Jean Bourdon, et se montrérent dignes de la famille de saints à laquelle elles appartenaient Mile. Marie Marguerite Gloria dite du Précieux Sang, entrée à l'Hôtel- Dieu en 1674, âgée d'environ quatorze ans, mourut subitement le jour de Pâques 1697, dans l'exercice actuel de la charge de maîtresse des novices. Mile. M. Mad. Gloria dite de | Assomption, entrée sur la fin de l’année 1677, mourut en 1724, après avoir rempli les principales charges de 84 (Communauté.

(2) Captives ramenées des Cinq-Cantons par le Marquis de Tracy en 1666.

L (8) Cette intéressante fille de Mine. Elisabeth Moyen fut privée de son pêre «lès l’âge de deux ans. M. Lambert Closse, Major de villle à Montréal, était un de ces hommes intrépides que Dieu suscite pour la gloire de son nom et la défense de son peuple. D'une valeur audessus de tout éloge, il était toujours prêt à affronter les dangers et brûlait de s'immoler pour salut de sa patrie adoptive. Ses amis, craignant un jour pour sa vie :—‘* Messieurs, reprit-il, je ne suis venu à Ville-Marie qu'ufin d'y mourir pour Dieu en le servant dans la proà fession des armes, et si je savais que je ne dusse pas y périr, je

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Lugon, Mlle, du Clos (1), Mlie Loduo, Angélique Sai''y, Mlle. Le Fleur, Mile. Denis, Gabrielle Monenu, Marie Le Mire, M. Le

quitterais le pays pour aller servir contre le Ture, afin de n'être pas privé de cette gloire.’ Ses désirs furent bientôt satisfuits. Le 6 février 1662, les Lroquuis étant venus fondre sur Montréal, le vaillant Major courut aux armes: les barbures furent vigoureusement repoussés, mais cette victoire fit couler bien des larmes, cur le pays avait perdu un héros qui, depuis dix ans, s'était muinte fois sacrifié pour sa défense.

Sa jeune veuve à qui ce massacre rappelait les faits accomplis à l'Ile-aux-Oies, dans la maison de ee in‘crtunés parents, ne chercha de consolation qu'au piad Ces veinis nutelo, Æn 1669, elle fit le voyuge de Québec pour meitre aa pensiunnat es fille unique Jeanne- Cécile, Cette enfant, douée des plus belles dispositions, répondit aux soins dont elle fut l’objet, et sut se rendre digne de son nom, Elle épousa M, Bizurd, et en secundes noces, M. des Bergères de Rigauville.

(1) Au mois d'octobre 1669, on amena au pensionnat trois autres demoisel es de Montréal uvec lesquelles nos lectrices seront bien aises de faire connaissance, Nous mentionnerous d’abord Mlle, du Clos dont la mère, une des plis vertueuses femmes de eon temps, fut aussi des plus intrépides, parmi les dames de Montréal. Au mois de février 1661, Mme. du Clos, ayant aperçu de sa maison une horde d’Ircquois qui se jetaient inopinément sur des Français dispersés en dehors de la ville sans défense et sans armes, prit à la hâte sur res épuules une grande charge de fusils, et courut à leur secours au risque de sa propre vie. Elle fut reçue comme un ange descendu du ciel, et les ennemis qui avaient déjà entonué leur chant de victoire, furent aussitôt mis en fuite.

La seconde, qui entra au mois d'uctubre 1669, fut Mile. Angélique Sailly : ‘ Le 17 du dit mois et an est entrée en notre pensionnat pour être instruite Mile. Ang. Sailly ; c'est Mlle. Mance qui a répondu pour ea pension.” L'année suivante, Angélique retourna à Montréal, mais elle revint plus tard avec Mlle. Souart, nièce du prêtre Sulpi. cien de ce nom, et passa encore quelque temps au pensionnat avant son retour en France.

La troisième est Mile, Le Duc, la première Montréalaise qui ait embrassé la vie religieuse à Ville-Marie; elle fit profession chez les Hospitalières de sa ville natale. Dès son entrée au pensionnat, le

Normand, Jucqueline Boulny, Anne du Fresne, Lonise Morel, Marie de la Garenne, M. Hayot, Mario M. Morin, Mlle, Suint- Amand, Françnise Gravelle, Mile. de Longehamp, Mlle, Chnppau, Ang. Battanville, Mile, L'Espérance, Mile, Courville, M. Chulu, Cath. Duquet, Mlie. de Villieux, Marie Vincent, M, Montmorency, Muie M. Auyot, (R. U.), Mlle, Douuire de Bondy, M. Anne Pinguet, Miie, Poirier, Mile, Neveu, Marie M. de Saint-Lugon. Mile, Prévost, Ang. Denis, M. Pezurd de Lu Touche, Margte, Mirie Suvard, Mile, de la Glurdière, Milles, Denis et de Lantot T, R,, Marie Guuthier, Gertrude du Buisson, Cuth, Gauthier, Marie Lemelin, Claire Guuthier, Mirthe Bérunger, Mairie de La Rividre, Françoise Parudis, Cath. Pinguet, (R, U.), Marie Le Muiître, Louise et Barbe le Vallon, Marie Mirehère dit La Roche, Marie Racine (1), Madeleine Chatillon, Louise Morel, Jeunne Le Ber, M. Anne des Granges, Angélique Denis, Louise St. Amand, Mirie M. Neveu, Marie Bédurd, Mirie M, Lu Forge, Marie Nolund, Murie Ciarderet, Marie M, et Murgte, Le Gardeur, Gen. Thude, Térèse Poirier, Mirie-Ureule Durand, Marie de lu Bourbonnière, Marie M, Berthelot, Marie Lu Mouche, Angélique de Lauson, Bartholemie Maillot, Charlotte Le Moine, Antoinette des Groiselliers, Anne de la Gurenne, Mes Mirie Anne Robineuu de Bécancour, (R. U.), Gabrielle Migeon de Bransuc (*), Jeanne

Seigneur sembla manifester ses desseins particuliers sur cette jeune demoiselle, Elle aima le monde néanmoins et ne purut d'abord songer qu'aux moyens de s'établir le plus avantagensement possible. Cédant enfin à la grâce qui la sollicitait, elle entra au novicrar de l'Hôtel-Dieu en 1677, à l'âge de vingt ans, et fut d'un grand secours à la communauté naissante, Elle mourut en 1712, âgée de 57 ans.

(1!) ‘Mlle. Murie Racine est sortie de notre pensionnat Île 20 avril 1674 pour monter à Montréal et entrer chez les Mères Hospitalières afin de demeurer parmi elles.” Elle y mourut à l’âge de 80 ans, après plus de 60 ans d’une vie ‘ervente et régulière.

(2) Mlle. Gabrielle Migeon, fille du Lientenunt de Montréal, J. B. Migeon de Brunsac, sortit du pensionnat à l'âre de seize ans, Douce et modeste comme un ange, elle était douée des quulités extérieures les plus propres à lui faire un bel avenir selon le monde, Elle se jeta avec ardeur dans les réunions les plus brillantes, et faillit

la Verdure, Marie À. Bolduc, Miles. du Puy, Landron, de Rainville La Garenne, Damours, de Xaintes, Isabelle Chaille, Marguerite Boucher, Ang. de la Glardière, Catherine Denis (R. Hôtel-Dieu), Françoise Cloutier, Jeanne Lemelin, Agnès Picard, Marie Joly, Anve Launan, Charlotte Frérot de la Chesnaye, Geneviève Pa rant, Mlle. du Pérat, Louise Xaintes, Marguerite Godefroy de Vieuxpont, Miles. Guyon, Manfis et Berthier, M. M. Renée Chorel de St. Romain, M, Anne Perrot, Marie Agnès Berthiaume, Marie Térèse Guyon, Gen. Damours des Chauxfours, Marie Robitaille, Marie A, Menage, Mile, Normand des Iles, Geneviève Racine, Anne Huault, M. Madeleine de Tilly, Murie-T'érèse Lapierre, Isabelle La Brèche, Marie M. Drouard, Marie Thivierge, Mlle. Marquis, Térèse Parant.

hotice sur fille, Panne Le Ber.

Mile. Jeanne Le Ber naquit à Montréal le 5 janvier 1662, et fut büptisée le jour même sous le nom de Jeanne, qui étuit le nom de sa mère comme aussi de sa marraine Mile, Mance. Son parrain fut M. Paul de Chomedy, Sieur de Maisonneuve (1) Gou-

être prise comme ‘l'oiseau imprudent,”’ dans les filete du plaisir. Une alliance avantageuse ayant été lestement résolue, un prêtre, ami de sa famille, lui conseilla de faire une retraite comme préparation prochaine à ses noces. Pendant ces jours de recueillemerit et de prière, le Seigneur la combla de grâces, et lui manifesta si claire. ment ses desseins sur son âme, qu'elle rompit sans retour avec le monde et entra chez les Hospitalières de Ville-Marie, au temps même qui avait été fixé pour son mariage, en septembre 1687, à l’âge de dix neuf ans. Nos lectrices trouveront ailleurs d’intéressants détails sur 84 mère, qui se fit aussi religieuse Hospitalière, eur sa jeune sœur et sur sa nièce, qui furent religieuses dans notre Monastère, (!) Paul de Chomedy de Maisonneuve était un gentilhomme de Champagne d’une valeur peu commune, et qui dès l’âge de treize ans servait dans les guerres de Hollande. Doué d’une sagesse bien extraordinaire dans un militaire de cet âge, il craignait sur toutes choses la contagion du mauvais exemple, et pour s’eu préserver, il égayait ses loisirs en jouant du luth. La lecture des Relations lui inspira le

verneur de Montréal, homme aussi pieux que vaillant et dont l'exemple contribuait grandement à faire aimer et respecter la religion dans la colonie,

La petite Jeanne étant l'unique fille, devait être l’objet privilégié des soins de sa mère; elle reçut sa première éducation à la maison paternelle où plus tard elle devait pratiquer des vertus tout à fait extraordinaires.

Elle avait atteint sa quatrième année et offrait dans son extérieur le type d’un de ces beaux anges de Raphaël, quand le bonheur de cette aimable famille reçut un nouvel accroissement par l’arrivée de Mlle. Marie Le Ber. Pendant plus de deux ans cette vertueuse demoiselle partagea avec sa belle-sœur les soins de l’éducation de ses jeunes enfants. Elle fit alors connaître son dessein d'embrasser l’Institut des Ursulines. Son frère, fidèle aux maximes des associés de Montréal, mit d’abord tout en œuvre pour la retenir dans une des maisons religicuses qu’on venait d’y fonder ; mais reconnaissant que telle n’était pas la volonté de Dieu, M. Jacques Le Ber fit son sacrifice, et maigré bien des larmes, amena lui-même sa sœur-bien-aimée aux Ursulines de Québec,

M. et Mme. Le Ber étaient depuis longtemps décidés à envoyer leur fille à notre pensionnat; cependant on remettait toujours à plus tard cette nouvelle séparation. Mlle, Jeanne Le Ber était dans sa douzième année quand parée de toutes les grâces de l'innocence et de la beauté elle fut présentée à nos Mères. Il y avait déjà quelque temps que sa pieuse tante, la Mère de l’Annonciation, avait fait profession dans notre Monastère,

Ba Vierge de Ville-fMarie aur Ersulines.

Dès son arrivée au pensionnat, au mois d'avril 1674, Jeanne se fit remarquer par sa piété, sa douceur et son angélique mo-

désir de se cousacrer à l’œuvre d’'évangélisation que les RR. Pères Jésuites avaient inaugurée en Canada. Ayant fait connaissance avec le R. P. Charles Lalemant, celui-ci le recommanda à M. Le Royer de la Dauversière qui, de concert avec le Baron de Faucamp, avait acheté de M. de Lauson l'île de Montréal. Ces messieurs le choisirent pour gouverner la petite ‘ff colonie insulaire.’

riens mngeiee pen dim Art ivinie pommier na criteres es einen

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destie, Ce fut surtout à l’époque de sa première communion que la vie de la jeune vierge parut admirable; il était évident qu’elle posait sur un fondement solide les buses de sa future sainteté,

M. de Montgoifier, Sulpicien, voulant plus t .4ire un recueil des vertus de Mlle, Le Ber, vint consulter cell 2 sos maîtresses qui vivaient encore, et voici comment il s'exprime,

Les dames Ursulines de Québec, dont un des principaux engagements est de travailler à l'éducation des jeunes personnes de leur sexe, étaient déjà établies depuis quelque temps (trente-cinq ans) à Québec, où elles s’acquittaient de ce devoir avec zèle et succès. Leur réputation était déjà répandue dans tout le pays ; elles excellaient surtout, pour le spirituel, dans l'éducation chrétienne, et pour le civil, dans les ouvrages de broderie, dont elles faisaient grand usage, particulièrement pour les ornements d'église, La jeune Le Ber fut envoyée à cette école, Rien ne pouvait être plus conforme à ses goûts et à ses inclinations, Sa mère, qui l’aimait uniquement, fut vivement touchée de cette séparation, qui n'était cependant que le prélude des sacrifices qu’elle eut à faire dans la suite, à l’occasion de cette chère fille. Jennne Le Ber prévenue de bénédictions au-dessus de son âge, entra avec plaisir au Couvent des Ursulines, où retirée dans l’enceinte de la maison de Dieu, elle faisait ses délices d'être élevée parmi les jeunes vierges, qu’on y formait à la piété comme à la plus parfaite observance de tous les devoirs de la vie chrétienne. Nous sommes du moins assurés que pendant tout le temps que Mlle, Le Ber demeura aux Ursulines, elle x fit l'édification des autres pensionnaires et l’admiration des religieuses chargées de leur conduite. C'est le témoignage qu’en ont rendu ces mêmes religieuses, et c'est sur leur déposition que nous allons raconter ce q'ii suit :

‘“ Mile, Le Ber, disent-elles, étant pensionnaire dans notre maison, nous a donné, dès sa plus tendre jeunesse, des marques de Ja plus sublime vertu, tout à faitrares et au-dessus de son âge, Elle avait surtout le plus grand mépris, disons mieux, une véritable horreur pour le monde, ses maximes, ses vanités ot ses plaisirs. Douée d’un attrait singulier pour la retraite et le silence, elle avait

un goût très-décidé pour la vie intérieure, et l'esprit de prière absorbait toutes les puissances de son âme; enfin, elle était pénétrée d’un grand respect et d’une soumission entière envers ses mafîtresses, Voilà, disent-elles, ce que nous avons admiré souvent, et voici quelques traits qui la caractérisent parfaitement. Plusieurs personnes de la ville À qui elle avait été recommandée, lui envoyaient de temps à autre des douceurs ou des bagatelles d’amusement, comme des petits meubles dont on fait usage dans les travaux convennbles aux demoiselles, et divers objets utiles pour la broderie, qu’on enseignait dans la maison. Pour les bagatelles de pur amusewent, ainsi que les douceurs, elle n’y touchait jamais ; son esprit de mortification en eut trop souffert, et si par politesse, elle les recevait quelquefois, ce n’était que pour les livrer ensuite à celles de ses compagnes à qui cela pouvait faire plaisir. Quant aux meubles nécessaires pour ses broderies, Mile, Le Ber n’en voulait jamais que de simples, et lorsqu'on lui en présentait quelques-uns, sa première attention se portait à les examiner avec soin. S'il arrivait qu'elle y aperçut quelque chose qui sentît tant soit peu la vanité, elle n'en voulait plus, ou si elle était forcée de s’en servir par obéissance, elle se soumettait à la vérité, mais on la voyait arroser l'ouvrage de ses larmes.

* Nous étions toujours dans l'admiration, de voir une enfant de son ge douée de tant de mépris et d’éloignement pour ces sortes de bagatelles, que les autres enfants recherchent pour l'ordinaire avec tant d’empressement, Mais c'est que dès lors Mlle. Jeanne Le Ber jugeait des choses selon les lumières de la foi, et qu’elle discernait déjà dans ce qui est purement inutile, un amusement d'esprit en rapport avec les vanités d’un monde réprouvé qu’elle détestait dans le fond de son cœur. Son amour pour la vie cachée, la retraite et le silence, se manifestèrent également dans une infinite , circonstances, La jeune élève n'avait pas cependant de raison pour craindre de parler, car elle le faisait toujours bien. Mais comme elle ne voulait le faire qu’à propos, c'était avec peine qu'elle paraissait en certaines occasions où elle aurait pu être remarquée et s’attirer quelque louange. C’est un usage dans nos olasses, qu'aux approches de certaines fêtes de l’année, et surtout

au temps de Noël, tant pour cultiver la mémoire des enfants et la remplir de bonnes choses, que pour leur donner de la grâce dans le port et les mouvements extérieurs, on leur fait apprendre par cœur quelque pastorale ou autre pièce de dévotion. Dans ces sortes d'exercices, chaque élève remplit un rôle.

L'on se conforme autant que possible, dans la distribution des rôles, à l'inclination et au caractère des jeunes filles. La petite Jeanne, qui était obligée de faire comme les autres, et qui aurait pu se charger de représenter les premiers personnages et s’en ac-

‘ quitter avec honneur, demandait toujours les rôles où il y aurait

moins à réciter ; elle préférait même les personnages qui supposeraient l'acteur dans un état de mépris. Il arriva cependant qu’un jour son tendre amour pour Notre-Seigneur lui fit trahir sa résoiution, et l’on n'en connut que mieux son humilité. Il était question de faire remplir par différents personnages, l’adoration des pasteurs à la crèche de Jésus-Enfant, On lui demanda comme aux autres qui elle voulait représenter dans cette pastorale, ‘ C'est l'Enfant-Jésus, répondit aussitôt l’aimable Jeanne Le Ber.” ‘“ Vous ne choisissez pas mal, Mademoiselle, répondit-on; mais nous serait-il permis de savoir la raison de ce choix ?” ‘ C’est, répondit l'enfant sans hésiter, que le petit Jésus ne dit mot et ne se remue point, et que je voudrais l’imiter en toutes choses.”

“# De ce recueillement intérieur qui faisait toutes ses délices, naissait l'esprit de prière et un zèle si ardent pour la méditation, dans laquelle le Saint-Esprit, ce semble, ait voulu être son premier maître, que durant son séjour au perxicnnat, dans cet âge si tendre, on l’a souvent trouvée seule, occupée de la prière, en des lieux isolés de ses compagnes. Si quelquefois, durant les récréations cowmunes, la pieuse Jeanne disparaissait tout à coup, l'on était sûr de la trouver prosternée devant le très-saint Sacrement ou absorbée en Dieu dans quelque oratoire domestique.”

‘ Outre le respect qu’elle avait pour la présence de Dieu, ajoute M. de Montgolfier, elle puisa dans la maison des Ursulines, trois’ sortes de dévotions aussi solides dans leur nature que salutaires dans leurs effets. La première avait pour objet le très-saint Sacrement, la seconde, ia sainte Vierge, la troisième, les bons Anges

et surtout l'Ange Gardien Dans la maison des Ursulines, Mlle, Le Ber eut occasion de se former à la première de ces dévotions, parce que les instructions, les exemples, les travaux, tout respirait l'amour pour ce grand mystère, et elle sut en profiter. Comme il était alors question de la préparer à la preruière communion, toutes ses actions ainsi que les instructions qu'elle recevaii, devaient avoir par conséquent, un rapport direct à cette sainte action, dont elle comprit bientôt toute l'importance ; aussi, la pieuse enfant fit-elle sa première communion en des sentiments de ferveur qu’il n’est pas possible d'exprimer, (Ce ne fut pas seulement une ferveur passagère, telle qu’elle se trouve dans la plupart des autres enfants. Au contraire, Mlle. Le Ber se sentit puissamment soutenue et fortifiée dans la suite, par les grâces qu’elle recevait intérieurement dans le recours fréquent à ce divin sacrement. Elle le fut aussi extérieurement par l'exemple de piété que lui donnaient ces saintes religieuses, dont presque tous les travaux étaient consacrés à l’honneur du très-saint Sacrement. Les voyant toujours occupées à des ouvrages de broderie ou de dorure pour la décoration des autels, la jeune Le Ber prit tant de goût à ces travaux qu'elle égala dans la suite ses maîtreses, car elle y consacra toujours depuis ses veilles et ses loisirs. Comme l’amour tendre envers Marie suit de bien près celui que l’on a pour son divin Fils, aussi celuici est-il ordinairement la mesure du premier, et il en fut ainsi pour Mile. Le Ber. Enfin, sa dévotion envers les bons Anges était aussi ardente que généreuse. La pensée de ces esprits bienheureux qui sont sans cesse en la présence Ge Dieu, l’affectait de telle manière qu'elle ne pouvait se souvenir d'eux sans éprouver dans son cœur de grands sentiments de confiance et d'amour. C’est ainsi que Mlle, Jeanne Le Ber, âgée de quatorze à quinze ans, sortit des Ursulines de Québec, vers l'année 1677, pour revenir à Montréal dans la maison paternelle.”

Ba Vierge De Ville-Marie Dans Ia maison de son père,

De retour à Montréal, Mlle, Le Ber suivit aussi fidèlement que possible la règle du pensionnat. Elle se levait à une heure réglée,

cntemntréérnésehimnint sctriasee sairasratsthhttniiigéinisie mi

Sridsssis br éiléiissehietiise

entendait chaque jour la sainte messe, faisait de grand matin la méditation, et avant le dîner, l'examen de conscience, accoïnplissant avec la plus serupuleuse exactitude la volonté de ses vertueux parents. Ceux-ci, justement fiers de leur fille, voulurent qu’elle s’habillât -elan son rang, et elle y acquiesga sans résis. tance, pers :iñée 1, à'on ne la contraindrait jamais à transgresser en ce point la modestie chrétienne, Cette jeune fille, éclairée de l'Esprit-Saint sur la frivolité des avantages extérieurs, comptait pour peu de chose Je fragile éclat d’une beauté peu commune, et eile ne paraissait iar.a1s sans se faire une extrême violence. Son cœur pur ne put s'urnviir aux folles joies ni aux affections de la terre, et à l’âge de Ax-se: 1 ‘ns elle prit une résolution dans l'accomplissement de laquelle cctre vierge magnanime s’éleva à la hauteur de l'héroï:2° ch'étien. ! : nt par le vœu de chasteté perpétuelle que l’innocenie vies .‘r"gur# son grand sacrifice. Elle eut voulu dès lors faire le vœu de réclusion perpétuelle, mais son directeur, M. Séguenot, n’y donna son consentement que cinq ans plus tard.

Pendant ce noviciat sévère, la pieuse vierge eut la douleur de perdre sa mère, ce qui allait »jouter à la difficulté de son entreprise, Enfin elle fit le vœu si ardemment désiré; queique douleur qu'éprouvât M. Le Ber, il se priva de cette dernière et chère compagnie de ses vieux jours, O Religion de Jésus crucifié| vous seule pouvez inspirer à l’homme assez de générosité pour accomplir de pareils sacrifices |

Voilà donc Jeanne Le Ber séquestrée par son propre choix dans la maison de son père, et ÿ menant pendant dix ans une vie plus ungélique qu'humaine. C'était bien alors qu’elle imitait ‘ le saint Enfant-Jésus dans la crèche, qui ne dit mot et qui ne remue point,” et qu’elle voulait au pensionnat “ imiter en toutes choses.” Elle n'avait d'autre vêtement qu’une robe de serge blanche ; une ceinture de luine noire et un voile blanc d’un tissu grossier complétaient son habillewent.

Son amour pour le Dieu caché dans l’Eucharistie lui inpira le désir de s'approcher de plus près de son divin Maître, et son père, accoutumé à faire à Dieu le sacrifice de ses plus chères affections

prit lui-même toutes les mesures nécessaires pour l'érection d'une chapelle de cin juante-quatre pieds de long sur vingt-quatre de large, Cette chapelle se trouvait contiguë à la nouvelle église des Sœurs de la Congrégation, (7) et n’en était séparée que pur une simple cloison. Du côté de l'évangile était une petite griile par laquelle la pieuse recluse pouvait se confesser et recevoir la sainte communion.

Za Vierge de Ville-Marie passe Les Vir-nent Dernières années de sa bie dans une cellule près De la Congrégation Notre-Bante.

Tout étant préparé pour la réception de Mile. Le Ber, il fut jugé expédient par les autorités ecclésiastiques, que l'entrée de la

(:) La fondatrice des sœurs de la Congrégation vivait encore à cette époque. Ce fut en 1653 que la pieuse sœur Bourgeois passa de France en Canada, pour aider à la fondation de Montréal par l'instruction des enfants. Elle nc trouva pas d'abord occasion d'utiliser son zèle, car ‘fon a été environ huitans, écrivait-elle, sans pouvoir garder d'enfants à Montréal,” Sa persévérance ne se lassa pas, et en 1658 elle ouvrait une école, qui devait s’augmenter d’un pensionnat pour les petites filles en 1666. L'œuvre de la Vén. sœur Bourgeois eut encore à traverser bien des épreuves, puisque ce ne fut qu’en 1671 qu’elle obtint l’approbation royale. Mais à partir de cette époque, l’Institut naissant fit de rapides progrès, et il en est venu à ce beau résultat dont nous nous réjouissons aujourd’hui.

Vers l’an 1690, Mgr. de Saint-Valier appela les sœurs de la Congrégation à Québee, pour y former à la Basse-Ville un établissement de la Providence. Elles ouvrirent ensuite une école, qui devint de plus en plus nécessaire par l’accroissemènt de la population.

Après quarante-sept années de travaux, d'épreuves et de souffran. ces, la Vén. Marguerite Bourgeois mourut à Montréal en odeur de sainteté, le 12 janvier 1700, dans la quatre-vinglième année de gon âge, après avoir fondé plusieurs missions qui témoignent encore de son zèle et de sa piété. Le 15 décembre 1878, Ia S. C. des Rites ayant rendu un rapport favorable, S. S. Léon XIII l’a déclarée Vé:nérable le 19 du même mois. Espérons que le Canada verra augmenter la liste de ses Vénérables, et aura bientôi ses Bienheureux et ses Saints.

Dose eee

“ Recluse ” dans son étroite cellule, se fît avec une grande solennité, Ainsi, le 5 août 1695, à la suite des vêpres, le jour de Notre-Dame des Neiges, le clergé, suivi des fidèles, se rendit à la résidence de M. J, Le Ber. Ce père, que Dieu éprouvait comme un autre Abraham, parut bientôt, conduisant par la main cette fille unique et chérie pour l'offrir à Dieu; la procession s’avança lentement par la rue Notre-Dame jusqu’à la nouvelle église des Sœurs. Là, la sainte fille se prosterna devant l'autel, pour recevoir la bénédiction de l'Église et offrir à Dieu son sacri- 1 fice. L'émotion de l'auditoire était à son comble, mais pour un Alt pere de soixante-quatre ans, c'en était trop, il ne put assister à Hi l'immolation de la victime; impuissant à comprimer les senglots qui oppressaient sx forte poitrine, il s'échappa en toute hâte du lieu saint. M. Dollier de Casson, supérieur du séminaire de Saint- Sulpice, bénit la cellule de Mlle. Le Ber, et après lui avoir fait une exhortation analogue à la circonstance, il l’y conduisit pendant que l’on chantait au chœur les litanies de la sainte Vierge. Voici le règlement que suivit Mile. Le Ber pendant les dix-neuf Fi | années qu'elle passa dans cette profonde retraite, où elle ne voyait ji son propre père qu'une fois l’anuée. Elle se levait à quatre heures du matin en été, et à quatre et demie en hiver, faisait trois fois par jour la méditation, et à onze heures l’examen particulier. Elle se confessait une fois, et recevait la communion quatre fois la semaine, entendait toutes les messes qui se disaient à l’église et se levait toutes les nuits pour faire-son adoration devant le S. Sacrement, de minuit À une heure, même dans la saison la plus rigoureuse. ÆElle récitait tous les jours, comme les religieuses de notre ordre, l'office de la très-sainte Vierge. Les médecins l'ayant obligée de continuer l'usage de la viande, elle se restreignit à la soupe et au bouilli pour le reste de ses jours, et ne fit jamais usage de vins de France, alors si communs dans le pays. Eile prenait ses repas à genoux, dans la posture d’une criminelle qui attend sa sentence, Son lit était une paillasse piquée et sa chaussure, des souliers de paille de blé-d'Inde, qu'elle faisait ellemême. Le temps qui lui restait après avoir satisfait à ses exercices spirituels, était consacré au travail pour l’ornement des au-

tels, et elle donnait gratuitement aux églises, ces beaux ornements brodés en or et en argent, dont elle fournissait elle-même tous les matériaux,

Au mois de septembre 1714, la sainte recluse fut atteinte d’une forte fièvre accompagnée d’une toux violente qui mit bientôt ses jours en danger, Le 2 octobre, fête des saints Anges, elle reçut les derniers sacrements, et ces esprits bienheureux, visibles à ses yeux sans doute, remplirent dès lors son âme d'une paix et d’une douceur toute divine. Intimement unie à son Dieu depuis tant d'années, cette âme céleste vit avec bonheur se briser les derniers liens qui la retenaient à la terre: ce fut le 3 octobre 1714,

Il y eut une coïncidence remarquable entre la mort de Mlle. Le Ber à Montréal, et celle de sa vertueuse tante aux Ursulines de Québec. Vers le milieu de septembre 1714, toutes deux tombent malades, frappées d'accidents à peu près semblables, fièvre, toux, ete, Toutes deux conservent jusqu’au dernier soupir le libre usage de leurs facultés pour louer et bénir le Seigneur, puis s'élancent avec transport, et presque en même temps (!) dans le sein de Celui qui avait toujours été l'unique centre de leurs affections,

(2) La Mère Marie Le Ber de l’Annonciation décéda le 2 octobre

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