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conduits à notre petite chapelle où aous chantâmes le Te Deum avec une joie nonparelile. Comme il était trop tard pour prolonger sa visite, ce bon Prélat revint le cinq nous dire La messe et nous communia de sa main, puis il visita notre nouveau Monastère, nons réitérant les témoignages de son affection et de sa bonté toutes paternelles. À son retour de Montréal, le samedi des quatre-temps de septembre, il voulut nous donner la consolation de voir conférer les Ordres dans notre petite chapelle, qui fut remplie; nos deux Prélats y étaient etenviron dix-huit prêtres. M. Tremblay (:) fut fait prêtre et M. Doucet, diacre,
Nous verrons encore ailleurs avec quelle délicatesse ce bon Pasteur s’appliquait à consoler ses filles de l’exiguité et de la pauvreté de leur sanctuaire,
“ Mgr. de Saint-Valier avait apporté de France une relique considérable de l’apôtre S. Paul. La Mère Marie des Anges entreprit de lui faire une châsse, Elle la fit de papiloche en imitation d’orfaiverie à deux faces, et réussit si parfaitement que plusieurs personnes crurent que la châsse était d'argent massif. Cela nous procura l'avantage de posséder près d’un mois ce précieux trésor. Mgr. avait fait publier une procession extraordinaire pour la translation de la relique le jour de la Conversion de $. Paul. La veille, nous l’exposâmes dans notre petite chapelle et fimes le salut. Mgr. nous fit baiser à toutes la relique, nous en laissa une particule, puis ferma la châsse. Sur les 5 h: du soir, trois ecclésiastiques vinrent quérir la châsse, laquelle était posée sur un brancard garni d'une toilette de moire d'argent cramoisie, avec une
(1) M. Tremblay a été un des hommes éminents dun Séminaire des Missions Étraugères de Québec. Il résiduit ordinairement à Paris.
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grande frange d’or ; elle était couverte d'une écharpe brochée or et argent appartenant à M. le Marquis de Denonville. Les prêtres entrèrent dans la chapelle où nous étions toutes, en manteaux, un cierge ardent à lamain. Nous chantâmes l'hymne en l’honneur du Saint, puis entonnant le Laudate Dominum, omnes gentes, poursuivimes processionnellement jusqu’à la porte 1h conventuelle, où nous nous rangeâmes des deux côtés 14 pour laisser passer la chésse, que suivaient nos pen- 1 sionnaires et nos séminaristes. Nous la couvrimes | alors d'une tavaiolle, ces messieurs ayant ordre de la porter secrètement, d'abord à l’'Hôtel-Dieu, puis à la | chapelle de l'Évêché, où Mgr. la veilla toute la nuit. 4 La procession du lendemain fut magnifique, on n’en | avait pas encore vu une si belle; nos deux seigneurs Évêques s’y trouvèrent dans leurs habits pontificaux. Après l'office, Mgr. donna à diner à treize pauvres puis traita magnifiquement Mgr. l'Ancien, M. le Doyen, etc. Il officia à vêpres, fit le sermon, et donna la bé. nédiction du S. Sacrement. Ainsi finit cette grande il journée.”
di! La première quinzaine de février fut consacrée à la visite épiscopale de notre Monastère “ qui se fit avec grande consolation de part et d'autre et abondance de bénédictions célestes, Mgr. poussant la condescendance jusqu’à venir plusieurs fois dîner dans notre réfectoire (petite dépense) et faire la récréation avec la Communauté. Le 16 février, jour de la conclusion, il donna d’abord la confirmation à une postulante:et à une vingtaine de pensionnaires. Après la messe, il monta à la Communauté où il nous fit une courte mais fervente exhortation. Ce bon Prélat nous continuant ses faveurs, venait nous voir au moins tous les quinze jours.”
Mgr. honora encore notre chapelle quasi souterraine à la fête de S. Joseph, nous disant la messe et donnant la bénédiction du $. Sacrement le soir.
“ Enfin le 15 mai, à la veille de partir pour son voyage de Plaisance, il nous dit la messe, nous communia toutes et nous fit une pressante exhortation sur }; l'amour de Dieu et du prochain et l'esprit de ferveur.”
Nos Annales nous citent encore une grande consolation de cette année 1689, due à la complaisance des MM. du Séminaire ; “ce fut de recevoir chez nous notre Dieu triomphant le dernier jour de l’octave de la Fête-Dieu ; la pluie ayant empêché la procession de venir le jour de la fête, ces messieurs se firent un plaisir de réparer la perte que nous avions faite.”
Les Annales font remarquer que le reposoir avait été dressé dans le bout du bâtiment où l’on préparait la chapelle, en attendant les moyens de bâtir l'église. Les deux années précédentes, le reposoir avait été fait à l’entrée de /a porte du Frêne.
“# Nous n'eûmes l'exposition du $. Sacremeni que le jour de la fête et le dimanche dans l’octave, les autres jours pendant la messe de communauté et de 44 h. à 54 le soir,” sans doute à cause de la position de cette chapelle au milieu des offices communs,