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DÉPART DE DEUX BIENFAITEURS ;-RETOUR DU COMTE DE FRONTENAC

Dans l’automne de 1689, le R. P. Beschefer, qui s’était rendu deux fois cher et précieux à la maison par son dévouement à l’époque du second incendie, fut rappelé en France pour y être Procureur des missions. ‘ Le 19 novembre, disent les Annales, il vint dire ici la messe et nous communier pour la dernière fois, Ce coup fut vivement senti de toute notre Communauté, qui avait en ce bon Père une parfaite con-

fiance, C'était un homme d’un mérite distingué, un directeur ti. 0 érlairé et expérimenté, et d’une prudence au-dessus du commun. La sommission aux ordres de la divine Providence a seule pu nous consoler dans la privation d'une personne qui, pendant plus de seize ans, avait su remplir le vide causé par la mort du vénérable P. J, Lalemant. Le KR. P, Germain fut nommé à la place du R. P. Beschefer, qui s’embarqua pour la France en compagnie d’un autre bienfaiteur, M. le Marquis de Denonville.”

Nous dirons d’abord un mot du prédécesseur du Marquis de Denonville. “ Ce 1er jour d'octobre 1682 (') arriva en ce pays pour être gouverneur, M. le Général de la Barre. Il logea chez les RR. PP. Jésuites jusqu'après le départ de M. le Comte de Frontenac, qui l'avait précédé en cet emploi et l'avait exercé dix ans.”

M. de la Barre était âgé, et ses forces se trouvaient peu en rapport avec les difficultés sans cesse suscitées par l’intrigante politique des Iroquois. “ Pendant son séjour en ce pays, il nous a gratifiées d'un morceau de terre à proximité de nos étables et très-avantageux à notre communauté.”

“ Dans l'été de 1685 arriva M. le Marquis de Denonville avec Mme. sa femme et Miles. ses filles” (?).

(1) A l'été de 1682, «e rattache l'incendie de la Basse-Ville où les magasins furent consumés avec tout ce qu'ils contenaient. ‘On perdit plus de richesses dans cette triste :: ît que tant le Canada n’en possède à présent,” dit l'Histoire de l’Hôtel- Dieu. La perte était commune aux marchands de Montréal et à ceux de Québec. M. Au. bert de la Chesnaye, dont la maison fut seule sauvée, témoigna sa

reconnaissance envers Dieu en épuisant ses fonds pour faire des avances à ses voisins affligés.

(*) M. de Champlain, M. d’Aiïlleboust et M. le Marquis de Denonville sont les seuls gouverneurs qui amenèrent leurs épouses en Cavada.

Le Marquis de Denonville, si peu heureux dans ses entreprises contre les Iroquois, fut rappelé à la cour, où le Roi, qui l’honorait de son estime, le fit sousprécepteur des enfants (*) de France fils du grand Dauphin: les ducs de Bourgogne, d'Anjou et de Berry. ‘ Tout le pays témoigna une grande douleur de son départ.”

Le Marquis de Denonville sut conserver dans cette haute position la rare piété qui faisait pour ainsi dirs le fond de son caractère, puisque le duc de S. Simon, le censeur le plus rigide de la cour, ne peut se défendre de lui accorder le tribut suivant: ‘“ Denonville mourut aussi (1710), brave et vertueux gentilhomme qui avait été gouverneur-général du Canada où il avait très-bien servi.”

Sa fille, Mille. Marie-Catherine de Brisay de Denonville, conserva au milieu du grand monde la tendre piété dont elle avait fait preuve pendant son séjour an pensionnat. Plus tard, elle se fit religieuse chez les Carmélites de Chartres, où elle se rendit remarquable pas la sainteté de sa vie; elle gouverna assez longtemps la maison en qualité de supérieure. Le Marquis de Denonville avait un fils qui était dans l’armée et qui ne vint jamais en Canada.

Nos lectrices se rappellent les bienfaits de M. et de Mme. de Denonville, surtout à l’époque du second incendie.

“ Le 12 octobre, Mgr. de Québec revenant de sa visite de Plaisance ou terre de l’Acadie, arriva heureusement avec M. de Frontenac, qui revenait de France

«1) Ces jeunes princes eurent pour précepteurs troïs hommes hautement renommés pour leurs vertus; le duc de Beauvilliers, Féné. lon, depuis Archevêque de Cambrai, et le Marquis de Denonville,

pour prendre une seconde fois le gouvernement du pays.” Malgré les occupations sans fin occasionnées par les trahisons et les surprises des Troquois, “ le 5 décembre, M, le comte entra sur les 3 h. de l’aprèsmidi en notre Monastère nous faire visite. Mgr. de Québec le conduisait, accompagné du Capitaine des Gardes et de quelques autres officiers, Pendant son premier gouvernement, il s'était toujours porté pour ami de notre communauté, qu'il a obligée en tout ce qu'il a pu.” Nos lectrices verront que cette gracieuse visite du Comte de Frontenac ne fut pas la dernière.

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