‹ Les Ursulines de Québec [microforme]Chapitre 137 sur 156 · RES · texte numérisé non relu

RES

PR

une mère véritablement chrétienne, qui s'élève à la hauteur de sa sublime mission. Que de saints prêtres, de ferventes religieuses, ont dû à ces premières impressions du berceau et du foyer leurs aspirations vers la vie parfaite? Il n’en est pas moins vrai, néanmoius, que la direction tout à fait chrétienne donnée à lintelligence, dans lacquisition des connaissances humaines, est d'une importance majeure, et que d’elle dépend le développement des précieux germes de vertu déposés dans le cœur de l'enfant.

Rien n’est mieux constaté, par nos anciens registres, que le zèle des parents pour l'éducation de leurs filles, et ce fait est aussi glorieux à la religion qu'honorable à la population du pays. Ces colons des premiers temps, dont la fortune était si modique et Ja carrière si périlleuse, étaient des pères véritablement dignes de ce nom, ne comptant plus les sacrifices quand il était question du bien-être moral de leurs enfants; ils se rendaient parfaitement compte de ce que l'avenir d'un peuple emprunte à l'éducation, Magistrats, hommes de science, interprêtes de sauvages, médecins, marchands, industriels de toute espèce, agriculteurs, tous amènent leurs filles an Monastère, Nos lectrices ne verront pas sans admiration arriver des extrémités mêmes de la Nouvelle-France, de l’Acadie, du Détroit, de la Louisiane, les filles de ces vaillants officiers dont les exploits ont tant de fois sauvé le pays, de ces hardis explorateurs qui ont couvert de gloire le nom français: les De Tonty, De la Vérandrye, De Bienville, Hertel, De Lamothe-Cadillac, etc. Placés par devoir sur les limites les plus distantes de la colonie, pas un d'eux n'a négligé de faire instruire ses filles et lorsque leurs propres ressources font défaut, ils réclament l'indulgence des

Religieuses: le registre des “ Pensionnaires sur la fondation ” est là, pour rappeler la noble attitude des uns, et la touchante et intelligente charité des antres.

Le même zèle continne aussi à se manifester de la part des antorités ecclésiastiques et civiles, qui incessamment figurent sur le Registre comme défrayant, en tout ou en partie, l'éducation de nombre de jeunes filles. Nous avons déjà vu avec quelle condescendance Mgr, de Saint-Valier venait encourager de sa présence les touchantes cérémonies de la première communion et autres solennités du pensionnat.

“ Chaque pays a sa noblesse, dit M. l'abbé Tanguay dans son Dictionnaire Généalogique. Nons svons eu celle du sang. Elle nousest venue en grande partie de la France. Plusieurs noms figurent dans notre histoire, qui brillaient au temps des Croisades: c'est la noblesse de vieille roche, sinon la plus riche, Elle a été plus largement représentée sur nos rives que dans aucune autre colonie. Il n’est pas nécessaire de citer les noms, ils sont assez connus : ils appartiennent presque tous à l'Histoire, Nous commençons à les voir figurer dans nos archives presque aussiiôt après 1632. Chaque année en fournit de nouveaux jusqu’en 1665. Mais alors le régiment de Carignan, qui fut presque tout licencié ici, jeta sur nos rives une nombreuse population appartenant à la meilleure aristocratie” L'auteur nous montre la noblesse de la robe et celle de la science figurant à côté de la noblesse de l'épée, et méritant à divers titres de s’allier avec elle, “ Nous avons en outre, ajoute-t-il, une noblesse à nous, noblesse qui s’est acquise dans des luttes terribles au commencement de la colonie. Elle est moins ancienne que l’autre, mais elle est plus nationale, plus complètement canadienne,”

Nos lectrices pressentent qu’il ne s'agit pas seu'cment ici de quelques-uns de nos héros, dont les exploits ont été reconnus par des titres officiels; ils sont bien une des gloires du pays; mais le dévouement, dans ses différentes sphères, a aussi son illustration, « te couronné d’une auréole impérissable. L'Égh du

Janada a eu ses martyrs, parmi les laïcs comme parmi ses apôtres; elle a eu des chrétiens-modèles dans presque tous ses premiers enfants, qui venaient expressément, en ce pays sauvage, pour y établir le règne de Dieu, et qui y sont restés on a vu au prix de quels sacrilices. Voilà une noblesse que le Canadien doit priser plus que toute autre, et à laquelle il doit se rattacher de toutes les puissances de son âme, en se rattachant à ses ancètres,

A ces réflexions, nous ajouterons que le Monastère aussi a ses titres d'honneur, et qu'il en a libérabl nt doté notre pays à son origine, en lui déput: ?8 femmes admirables qui, dans les divers états de la vie, ont fait sa gloire et sa consolation.

En reconnaissant au passage les filles et les petitesfilles de ces premières élèves du Monastère, nous avons regretté de n'avoir pas, dès la première liste, indiqué les alliances. Nous allons manitenant réparer cette omission, ne reprenant toutefois que les noms dont nous avons pu tracer l’origine avec certitude.

Qui ne tiendrait à honneur de se rattacher plus on moins directement à ces premières femmes du pays, qui s'inspirèrent des vertus et du dévouement de la Vén. Mère Marie de l’Incarnation et de ses Compagnes ? Dans cette pensée, nous avons voulu, au moins dans une certaine mesure, nous rendre compte des générations d'élèves qui se sont succédé au pensionnat, pendant

le: soixante premières années, Les lacunes du Registre nous ont frappée davantage à mesure que nous avancions : nombre de pages sont restées incomplètes. On sait que c'est à la suite de deux incendies que le Registre a été refait, Cependant, le résultat de ce travail ne sera pas, nous l’espérons, sans intérêt, il dira bien hant à toutes et à chacune de nos lectrices, que leur souvenir reste parmi nous, et qu'elles sont les monuments vivants de l'éducation religieuse et soignée que cette maison s'efforce de donner aux jeunes personnes qui lui sont confiées, Ni elles nous aiment, si elles s'aiment elles-mêmes, qu'elles continuent d’avoir toujours devant les yeux cette recommandation de l'Écriture, qui leur a été bien des fois répétée en cette maison, par ceux qui en étaient les sages directeurs: Curam habe de bono nomine

ÉLÈVES DE LA VÉN. MERE MARIE DE L'INCARNATION ET DE SES PREMIÈRES COMPAGNES D'APOSTOLAT, 1639—1700.

M. le Chevalier J,. C. Taché, dans une lettre en date du 25 août 1866, nous disait, parlant de l'Histoire des Ursulines : Cet ouvrage n'est pas seulemc** l'Histoire de la Communauté... c'est encore l'histoure de la famille canadienne ; nos aïeules, nos grand mères, nos mères, nos sœurs, nos cousines, sont inscrites dans ce touchant tableau ! Nous sommes heureuse de pouvoir aujourd'hui donner de plus amples détails, grâce au Dictionnaire Généalogique de M. l’abbé Tanguay, et autres sources,

Les noms de famille sont en petites majuscules, ceux des élèves, en italiques,

—Signifie épousa ; —= en secondes noces ; + en troisièmes noces ; * autre famille,

M. et T. R. désigneront Montréal et Trois-Rivières, et autres lieux à une certaine distance de ces villes Les familles de

Q 'ébec, ou à dix lieues en amont ou en aval de Q 1ébec, seront d'ordinaire sans indication de lieu.

Page 1