N08 DOCUMENTS HISTORIQUES
Nos lectrices ont déjà pu entrevoir que nous avons été à même de puiser à des sources authentiques, les éclaircissements nécessaires sur les différents points et faits contenus dans cette Histoire de notre maison. Disons sans plus tarder que les documents historiques qui nous guident dans notre travail, sont:
1° Nos Registres, qui contiennent des listes de Religieuses, des listes d'élèves ete.
2° Notre “ Vieux Récit,’ qui entre dans certains détails à l'égard des personnes et des événements. * Ainsi que dans nos Registres, tont se qui est antérieur aux deux incendies y est rapporté de mémoire, souvent retracé par les mêmes mains qui avaient écrit sur l'original.
3° Les Chroniques de l'Ordre de sainte Ursule.
4° Les Lettres Spirituelles et Historiques de la V Mère de J'Incarnation. Ces Lettres ont été réimprimées à Tournai en 1876, avec huit lettres inédites, à la demande des Ursulines de Québec, sous la direction de M. l'abbé P. F, Kichaudeau, Aumônier des Ursulines de Blois,
5° Les ouvrages de Dom Clande Martin.
6° Les Annales manuscrites des 50 premières années du Grand Couvent des Ursulines de Paris (au faubourg St. Jacques), que nous possédons depuis 1835, ainsi qu'une partie considérable des Registres de cette maison.
7e Les Relations des Jésuites, publiées sous les auspices du Gouvernement Canadien en 1858, inestimable trésor historique, s'étendant jusqu’à l’année 1680.
8° Les Annales de notre maison, faisant suite au “ Vieux Récit” nos Religieuses ayant conservé jusqu'aux temps actuels, l'usage suivi dans les Communautés du pays, de tenir des annales où se relataient les événements publics et particuliers,
Nos lectrices trouveront encore, groupés d'espace en espace, des lettres, des actes capitulaires, des concessions, des contrats, ainsi que d'innombrables témoigages de bienveillance de la part des autorités ecclésiastiques, civiles et militaires, Que de charmants détails parlois dans ces écrits du temps passé, dont chaque page rappelle l'antique simplicité, ainsi que la charité inépuisable de nos pères. Tantôt c'est une lettre du secrétaire de la Compagnie des Cent Associés, (*) qui remet aux Ursulines, au nom de la religion, une petite dette contractée pour l'entretien des sau-
(1) ff À Paris, ce 15 avril 1652,
{Ma Révérende Mère, ‘ C'est avec joie que j'apprends de vos nouvelles par votre lettre du 14 septembre 1652, et que moyennant la grâce de Dieu, vous vous
bâtissez petit à petit et selon qu'il vous donnera des forces. Ilest trèsbon père et ne dénie point à ses enfants le nécessaire. Pour ce qui regarde notre Compagnie, vous en devez attendre toutes sortes d’assistances, et pour ce qui regarde deux cent cinquante-deux livres que vous devez an magasin, par compte arrété avec le Sr. le Tardif en 1645, notre compagnie vous les a remis dès le 11 avril 1650, ainsi que je vois sur mes registres, ce qui faitque vous ue devez pas avoir peur d'en être inquiêtée, comme je ne crois pas que personne ne vous demande rien de la part de la Compagnie; et de fait, je sais bien que eur la liste des débiteurs de la Compagnie vous ne vous y trouverez pas, et ainsi vous devez demeurer en repos de ce côté-là, et si quelqu'un vous en parle, vous n'aurez qu’à montrer ma lettre. .......
4 Ma sœur de $. Paul, religieuse Ursuline à Meaux, m'en a écrit pour vous et vous fait réponse à celle que vous lui avez fait la faveur de lui écrire. Je vons assure qu'elle aime bien le Canada, et si elle était plus jeune qu’elle n'est, je crois qu'elle ferait tous ses efforts pour y aller finir ses jours. Pour vous dire qui elle est, ce n'est pas celle qui est à Ste. Avoye, celle-ci s'appelle Marie Cheffault; elle est ma propre sœur, qui ayant êté mariée quelques vingt années, et n'ayant point eu d'enfants, après deux autres années de veuvage, se mit avec les Religieuses de Meaux, et leur porta du bien, c’est pourquoi elles l'ont fait passer pour fondatrice : il y a bien dix-huit ans qu'elle est religieuse.
& Pour ce qui regarde la situation du pays, j'avoue que cela me touche, mais ne me décourage pas ; toutes les affaires de Dieu ont des traverses, et au fond si Dieu ne veut r&s que l'on passe outre, il faut se conformer à sa sainte volonté. Vous avez perdu une sainte fille (la Mère S. Joseph): c'est que Dieu l’a voulu récompenser de ses travaux : ce qui est un peu fâcheux, c'est que l’on ne trouve pas de ces filles à la douzaine ; il faut pourtant espérer en la bonté et miséricorde de Dieu qu'il n’abandonnera pas un si saint ouvrage. Il me semble qu'il est superflu de vous recommander à M. le Gouverneur, car il vous aime beaucoup, et comme le pays a besoin de vous, je ne crois pas que cela puisse beaucoup vous servir; toutefois, je le ferai” puisque vous le désirez. de recommande tous nos messieurs les [nendar ts et Directeurs à vos bonnes prières, et n'oubliez pas leur serviteur, qui vous est trés-cordialement,
Ma Révérende Mère, & Votre très-humble et très-obéissant serviteur, ‘6 À, CREFFAULT./?
vages; tantôt c’est une petite concession (') faite aux Ursulines par le Gouverneur, le curé et les marguilliers de Québec,
Au milieu des longs et pénibles travaux qu'a demandés de nous l'Histoire si consciencieuse que nous publions de notre Monastère, nous avonerons qu'une consolation nous à sans cesse accompagnée ; c'était de reconnaitre, après chaque recherche laborieuse, combien sont fidèles les traditions conservées parmi les anciennes religieuses de notre Communauté,
(1) Le document suivant est, à notre avis, une vraie peinture de mœurs.
‘ Nous soussignés curé et marguilliers de la paroisse de Québec en la Nouvelle-France, déclarons que sur le différend survenu entre la dite paroisse et les Révérendes Mères Ursulines, touchant les places des anguilles du Cap aux Diamants, nous avons cédé et cédons pour toujours aux susdites Révérendes Mères Ursulines, les dites places et Cap aux Diamants, jusqu’à la concession de maître J, Mahen qui constitue les bornes de la concession de la paroisse de ce côté-là : et ce moyennant une barrique d'anguille friiche pour reconnaissance annuelle ; laquelle reconnaissance annuelle, les dites Révérendes Mères pourront racheter toutes et quantes fois qu'il leur-plaira par un présent fait à la paroisse: Et pour la cabane de planches érigée sur la dite place aux dépens de la paroisse, elle demeurera en propriété aux dites Révérendes Mères, moyennant la somme de cent francs une fois payée.
{€ Fait à Québec à l'assemblée des margnilliers, ce 29me octobre 1653, (Signé): Jerôme Lalemant, Louis d'Ailleboust, Jean Bourdon, et Jean Godefroy.”
Au revers est écrit : ‘Nous soussignés, curé et marguilliers de l4 paroisse de Québec, déclarons que nous serons contents pour le rachai de la susdite reconnaissance si les Révérendes Mères dounent à la paroisse une chasuble blanche Aonnéte pour servir aux grandes têtes de l’année.”
sonmsriss.ss ss...
Plus bas est écrit: ‘Je soussigné, Jerôme Lalemant, faisant fonction de curé en cette paroisse, déclare avoir reçu la dite chasuble belle et bien conditionnée. Fait à Québec, ce 12 novembre 1654,
J, LALEMaANrr.