S15.—FONDATION DU SÉMINAIRE DES M'!SSIONS ÉTRANGÈRES DE QUEBEC
Mgr. de Laval n eût-il jamais eu d'autre titre à la reconnaissance de la postérité, la seule fondation du séminaire de Québec aurait suffi pour immortaliser sa mémoire. Quelle Institution en effet que celle qui, depuis deux siècles, est l'asile de la vertu, le temple de la science, le boulevard de la Religion, l'honneur et la gloire du pays!
La fondation du séminaire de Québec date de l’année 1: ? Mgr. de Laval, de retour de son premier voyage en France, d'où il avait amené plusieurs prêtres d'un mérite distingué, entre autres M. Louis À. des Maizerets, forma cette petite société qu'il bpelait dans la joie de son cœur “la sainte Famille des Missions Étrangères, prenant pour modèle la sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. Une tonte petite maison située auprès de l’église paroissiale, fut l’humble berceau d’une grande et belle Institution que Dieu, dans sa sagesse, avait destinée à exercer une influence aussi puissante que salutaire sur l'avenir du Canada; Institation qui a grandi dans les proportions majestueuses que nous lui connaissons, et qui est à la fois Séminaire, Collége et Université,
[l est intéressant à la piété catholique de suivre les cemmencements de ce précieux établissement, Les habitants de Québec avaient amassé six mille livres pour la construction d'un presbytère et avaient remis cette somme à Mgr. de Lavai. Le 30 décembre 1668, le saint Évêque, inspiré d’en hant, réunit les paroissiens et leur offre de loger le curé à perpétuité, s'ils veulent lui abandonner cette somme avec la jouissance du terrajn qui leur appartient, On accéda de grand cœur
la demande de Monseigneur, et les MM. du Séminaire devinrent ainsi propriétaires de tout le terrain situé autour de l’église, qu'ils possédèrent jusqu'en 1703,
Mgr.de Laval, pour assurer la stabilité de son œuvre, fit en 1664, aux prêtres des Missions Étrangères à Paris, qui venaient d'organiser complètement leur séminaire, une invitation dont voici un intéressant passage :
“ Vous y trouverez, dit-il, un logement préparé et un fonds suffisant, pour commencer un petit établisment d'une maison de votre Congrégation, qui ira tou- Jours en augmentant, comme je l'espère,” Il n’y a pas, ce semble, de parole d'homme qui mérite mieux le nom de prophétie, et nos lectrices de la ville de Québec qui assistent avec tant d'intérêt aux brillantes séances de l’Tniversité- Laval, n'ont pas de peine à convenir que le saint Évêque avait singulièrement bien prévu le futur snccès de son œuvre, (:) La grande féte du 23
(1) Mgr. de Laval dans le dessein qu'il avait toujours eu de perpétuer la concorde et l’unité dans tout son clergé, engagea les Jésuites à signer un acte d'union spirituelle avec le Séminaire. Le R, P.F. Le Mercier, leur Supérieur, le signa le 21 décembre 1665, au nom de la Compagnie, et MM. ie Bernie: les Maizerets pour le Séminaire. On promettait de vivre i ur frères, de se donner mutuellement l'hospitalité, de dire une messe } née pour chaque associé défunt. On fit une associati blable avec le Séminaire de $S. 8. de M tréal au mois de févrir 1688, Les Religieuses entrêrent dans cette association en s'engageant à faire des prières et des communions.
Li convenait suriout que welui de tous ces corps auquel !’Évêque était personnellement uni, donnât l'exemple de la concorde et fût, pour ainsi dire, le lieu de l'union générale. Rien ne représente mieux la primitive Église que la vie de ce ciergé. Ils n'étaient tous qu'un cœur et qu'une me, sous la conduite de Mgr. de Laval. Ils ne faisaient qu'une seule famille dont il était le pére. Biens de patrimoine, bénéfices simples, pensions, présents et honoraires, ils mirent tout en commun. Mgr. de Laval ne faisait rien de considérable que de con:cert aves tout s0n clergé ; ses bieus aussi étaient en commun. Il n'y
mai dernier (1878) a mis comme le sceau à la prédiction, tout en rendant au Séminaire les restes précieux de son saint Fondateur. La procession grandiose qui se fit à cette occasion, les porteurs de la châsse faisant halte dans les différentes églises de la ville, restera, dans l'histoire de ce pays, comme un éclatant témoignage de la reconnaissance du clergé et du peuple de la Province de Québec, Le discours de circonstance fut prononcé par Mgr. Antoine Racine, Évêque de Sherbrooke. Le même prélat, alors Desservant de l’église S. Jean, fat aussi l’orateur de la grande fète du 200ème. anniversaire de Ja fondation du Séminaire de Québec, célébré avec grand enthousiasme il y a quinze ans, par le clergé de l’Archidiocèse et par la population de cette ville.