‹ Les Ursulines de Québec [microforme]Chapitre 86 sur 156 · AVE JOSEPH · texte numérisé non relu

AVE JOSEPH

" ’tis an old and hallowed prayer,

I love that ‘ Ave Joseph:

And with it comes the voice of lakes, of hills and valleys fair; Of rivers wildly flowing, of woodlands stretching wide ;—

These mingle in that ‘ Ave’? in one o’erwhelming tide.

*Twas heard amid the forests that mantled ail the land,

Where trod the holy missioner, his crucifix in hand :

?Twas heard when Heaven the compact sealed, ‘ Joseph the guardian Ï ratify the choice New-France has made by publie vow !"’ [thou,

Oh! ‘twas a thought with blessings rife, in Joseph’s hands to place The youthful colony, set d :wn amid the Indian race;

Yes ! ’twas a deed of wisdom, à Patron high to claim :—

Where Jesus reigns and Mary pleads, Joseph prays not in vain.

Soon hither bound as sent by Heaven, what gen’rous souls appvar | Fearless Brebeuf! I see thee, with thy martyr'd brethren near : I see the Red-:1an sudden pause and own his Muker God ; Aad ranks of Saints rejoicing rise, ready to give their blood,

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$19.—pDéÉvoTION À LA SAINTE FAMILLE.

Voyons maintenant se confondre en une seule les trois plus touchantes dévotions de notre sainte et consolante Religion, et pour cela remontons encore au berceau de la colonie.

“ Le premier jour de mai 1637, dit la Relation, M. le (rouverneur fit dresser devant l’église un grand arbre enrichy d'une triple couronne, an bas de laquelle il ÿ avait trois grands cercles l’un sur l'autre, enrichis de festons, qui portaient ces trois beaux noms écrits comme dans un écusson: Jésus, Marie, Joseph. Cet arbre fut salué d'une escouade d’arquebusiers qui le vinrent entourer.”

Toutes les fêtes du pays se faisaient à la militaire, comme on le voit, et nos pères ne ménageaient pas plus leur poudre quand il s'agissait de témoigner leur dévouement à la Religion, que lorsqu'il était question de défendre la patrie,

Mgr. de Laval, à son arrivée dans le pays, fut charmé des dévotions qu’on y pratiquait en l'honneur de Jésus Marie, Joseph, et il projeta dès lors d'établir () la con-

Ye hosts of fervent chrietians, speak, and tel] your deeds of love ; Ye ladies fair who chose these wilds for sake of Him above;

Tell us the secret of your strength ;—methinks L'hear you say:

46 ?Twas Joseph lulled the winds and waves,and cheered us on the way.’

4 He pointed to the harvest ripe and showed the laborers rare-'’ Oh, Canada! what ow’st thou not to Joseph’s guardian care!

Thy debt the cireling years increase; still let thy faith appear ; — When Joseph prays and Mary pleads, can Heaven refuse to hear ?

Q@) “Mgr. de Laval choisit quatre des plus habiles et des plus vertueux théologiensde ce pays (Canada), pour composer un office propre à la fête de la sainte Faille. Ce fut M. Les. À. des Maizerets et M. Henri de Bernières, ainsi que les RR. PP.Dablov et Bouvart de la Com-

frérie dite de la sainte Famille; ce quil fit en 1665 par un mandement exprès,

Cette belle dévotion ne tarda pas à produire les heureux fruits d'un renouvellement de ferveur partout où elle s'introduisit, “ Ce n’est pas seulement chez les peuples policés, et parmi les personnes consacrées à Dieu que se trouve la dévotion, disait la Relation de 1664 ; les sauvages en sont capables et les cabanes d’écorce cachent autant de vertu qu'on peut en souhaiter dans les cloîtres. Depuis qu'on a introduit dans l’église des Hurons de Québec, une dévotion qui fait de grands fruits parmi les Français de ce pays, et qu’on leur a inspiré le dessein de régler leurs familles sur celles de Jésus, Marie et Joseph, on ne peut croire jusqu'où va la ferveur de ces pauvres barbares.”

“ L'ona institué dans ce pays, écrivait la Vén, Mère en 1664, une congrégation de la sainte Famille pour la réformation des ménages. Les hommes sont conduits par les Révérends Pères, les femmes associées par des

pagnie de Jésus. Après que ces quatre ministres du Seigneur eurent accompli leur travail, ils convinrent, avec l'agrément de Mgr. de Laval, de soumettre l'office qu'ils avaient composé à la révision de M. de Santeuil, chanoine de l'abbaye de S: Victor à Paris, qui avait un talent merveilleux pour la composition des hymnes d'Église, M. de Santeuil, qui se trouva fort honoré de cette commission, corrigea et “uit dans un style plus élégant la prose aussi bien que les hymnes en l'houneur de la sainte Famille et les renvoya à ces Messieurs, lesremerciant des lumières qu'ils lui avaient données, avouant que s'il y avait ajouté quelque chose ce n’était que pour leur obéir. Ensuite l’on adopta un chapelet en l'honneur de la sainte Famille ; il était composé de trois dizaines On le cominence par un acte a’invocation à la sainte Trinité; sur les gros grains, on dit le Pater et sur les petits, c'est à dire, à la placs des Ave, ces mots: Jesu, Maria, Joseph, Joachim et Anna, succurrite nobis, suivi du Gloria Patri à la fin de chaque dizaine.”

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dames de piété, et Les filles par les Ursulines. Elles se rangent tous les dimanches chez nous, où une de nous a ie soiu de leur faire l'instruction, dans laquelle on ne fait que conserver en elles les sentiments et les pratiques qu'on leur avait déjà enseignés. Voilà, outre nos sauvages, les liens qui m'attachent à ce pays.”

Nos Meres continuèrent ainsi à rassembler leurs anciennes élèves jusqu'à l'année 1676. Vers cette époque, la conférie ayant été enrichie d'indulgences extraordinaires, les jeunes filles furent invitées à jouir de ces privilégas, et les réunions durent alors se faire dans l'église paroissiale de Québec. A partir de cette époque, aucun document ne nous donne de détails sur cette confrérie établie à Québec, mais il paraît que {a ferveur et la piété y régnaient en 1694, puisque les femmes et les filles de la société se relusèrent à toutes les invitations de M. de Frontenac, et qu’elles ne voulurent être ni actrices, ni spectatrices, duns la fameuse comédie du “ Tartufe,” au châteun S. Louis et (1) aillengs. Trois seulement des associées assistèrent à ces représentations, et elles furent aussitôt exclues de la confrérie, au témoignage de M. de la Tour,

Les religieuses des communautés de Québec et de Montréal se firent inscrire, parait:il, à la paroisse de Québec jusqu'à l’année 1759, et il n’a pas été sans intérêt pour nous de trouver, sur le catalogue de la société, les noms de plusieurs de nos anciennes Mères. Depuis 1759, les dames pieuses seules ont composé cette association, qui tient ses réunions régulièrement à la Basilique, dans la chapelle de la sainte Famille,

(:) Nos Annales ne disent pas que Turtufe ait été joué aux Ursulines.

une fois le mois; c'est là que ces pienses dames éliseut leurs Directrices, et conviennent des différentes œuvres de charité ordinaires on extraordinaires,

Les miracles opérés par l’intercession de la sainte Famille et les bienfaits sans nombre que les fidèlesen ont obtenus, ont rendu cette dévotion une des plus populaires du pays durant de longnes années, La plupart des anciens tableaux peints dans le pays, on même en France, ont pour sujet la sainte Famille de Jésus, Marie, Joseph. Nous avons l'avantage de posséder deux ou trois de ces tableaux, qui dénotent nn bon goût chez les artistes. C'était un tableau de la sainte Famille qu’en 1690, on avuit placé dans le clocher de la Cathédrale, et qui délia tous les boulets que l'amiral Phipps lit tirer pour l'abattre,

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