AU PÈRE QUI NE MEURT PAS
Jadis à Nazareth, dans l’ombre et le silence, Sous un toit pauvre et nu dont se rit l'opuience, Il était deux tré<ors que les anges, jaloux, Brûluient de posséder et servaient à genoux.
Près de Jésus enfant, de sa divine Mère, Contemplez ce vieillard au regard tutélaire ; C'est le juste Joseph, l’rnge de ce saint lieu Qui garde avec amour Marie et l'Enfant-Dieu.
Vénéré Protecteur ! avec quelle allégresse
Se redit votre nom, vos soins, votre tendresse ! Tout l'univers chrétien exalte avec bonheur L'ami, le confident, le Père du Sauveur!
J'entends notre pays encore à son enfance, Vous nommer son patron, sa plus sûre défense ; Et, par un saint retour de générosité,
Vous gardez de Champlain la naissante cité.
Et quand l'heure venue où nos pieuses Mères, Devaient enfin passer à ces rives si chères, Vous-même, 6 saint Joseph, les prenant par la main, Vous-même les guidez, leur t'acez le chemin.
Oh! que de souvenirs de ce doux patronage ; Que la reconnaissance est vraie en son langage ! La maison consaçcrée à Marie, à Jésus,
Au fidèle Joseph dresse un autel de plus.
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Mais nous ne laisserons pas ce sujet saus parler du “Trésor de S. Joseph.” Nos lectrices se disent pentêtra: “Qu'est-ce donc que ce trésor? serait-il au nombre des choses visibles?” Oui vraiment, ce /résor deS,. Joseph est encore très-visible, surtout pour celles qui ont la consolation d'y puiser. Expliquons-nous.
Vers le tempsde la profession des premières novices, les Diles. Barré, de Boulogne, Bourdon et ds Lauson, la Mère de l'Incarnation, voulant assurer le temporel, ou pour parler le langage de notre siècle, le matériel du Monastère, eut l'idée de déposer dans une cassette, séparées des antres biens de la maison, les dofs ainsi que les pensions qu'elle recevait. Cette aimable prévoyance de notre Mère fut tellement bénie de Dieu que la cassette ne manqua jamais de pourvoir la Com-
Deux siècles écoulés, tout encor le proclame, Tout le redit aux yeux, tout le redit à l’âme ; Saint Joseph en ces murs a sans cesse habité, Et dans les cœurs ausei son amour est resté.
Qu'on aime à saluer cette statue antique
Qui là garde l'enceinte, ici lhumble portique |... Pénêtrez plus avant dans le cloître pieux,
Partout c'est saint Joseph ou son nom glorieux.
Mais dirigeons nos pas vers la chapelle sainte, Nuzareth bien-aimé de cette heureuse enceinte ; Qu'y voyons-nous ? Joseph ; de la Mère et du Fils Il garde les autels comme eux-mêmes jadis !,.....
Insigne bienfaiteur, Joseph notre bon Père,
Oh! de grâce, gardez un autre sanctuaire, Gardez, gardez nos cœurs ;
Que le Sauveur tou jours sans obstacle y réside,
Que Marie ea soit reine et vers le ciel les guide, Sous vos yeux protecteurs |
munauté d'une obole pour les pauvres, malgré les accidents et les revers d’une existence de deux siècles. |
Eh bien ! chères lectrices, la cassette de bénédiction existe encore, ct c’est là qu'on dépose aujourd’hui la partie du revenu annuel dont on peut disposer en faveur d'autrui,
1l y a encore à mentionner l'antique niche du jardin, où nos lectrices ont souvent fait d’aimables pèlerinages. C'est de là que S. Joseph veille sur l'enéemble de son domaine du cloître, tout en présidant aux récréations de ses filles, Cette statue, qui indique l'endroit sacré où reposèrent pendant dix ans les restes mortels de la bien-aimée Mère S. Joseph, a des attraits tout particuliers pour les habitantes du cloître, qui ne manquent pas, au début de leurs promenades d'été, d'aller saluer d'un ‘“ Ave Joseph ” (*) la donce et bienveillante image.