L'AY OU PLUSTOST RONDEAU
orT, j'appelle de ta rigueur,
Qui m’as ma maiïstresse ravie, Et n’es pas encore assouvie Se tu ne me tiens en langueur :
Onc puis n’eus force ne vigueur; !/ Mais que te nuysoit elle en vie, En
Mort?
Deux estions et n’avions qu’ung cuer; S’il est mort, force est que devie, Voire, ou que je vive sans vie Comme les images, par cuer,
Mort!
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€, Item, a maistre Jehan Cornu Autre nouveau lais lui vueil faire, Car il m’a tous jours secouru
À mon grant besoing et affaire ; Pour ce, le jardin luy transfere, Que maistre Pierre Bobignon M'arenta, en faisant refaire
L'uys et redrecier le pignon.
Par faulte d’ung uys, jy perdis
Ung grez et ung manche de houe.
Alors huit faulcons, non pas dix, N’y eussent pas prins une aloue.
L’ostel est seur, mais qu’on le cloue.
Pour enseigne y mis ung havet;
Qui que lait prins, point ne m’en loue :
Sanglante nuyt et bas chevet!
Item, et pour ce que la femme
De maistre Pierre Saint Amant (Combien, se coulpe y a a l’ame, Dieu luy pardonne doulcement !) Me mist ou renc de cayement, Pour le Cheval Blanc qui ne bouge Luy changeray une jument,
Et /a Mulle a ung asne rouge.
Item, donne a sire Denis Hesselin, esleu de Paris, Quatorze muys de vin d’Aulnis Prins sur Turgis a mes perilz.
S’il en beuvoit tant que peris En fust son sens et sa raison, Qu’on mette de l’eaue es barilz:
Vin pert mainte bonne maison.
Item, donne a mon advocat,
Maistre Guillaume Charruau,
Quoy que marchande ou ait estat, Mon branc ; je me tais du fourreau.
Il aura avec ung réau
En change, affin que sa bource enfle, Prins sur la chaussée et carreau
De la grant cousture du Temple.
Item, mon procureur Fournier Aura pour toutes ses corvées (Simple sera de l’espargnier)
En ma bource quatre havées,
Car maintes causes m’a sauvées, Justes, ainsi Jhesu Christ m’aide !
Comme telles se sont trouvées; Mais bon droit a bon mestier d’aide.
Item, je donne a maistre Jaques Raguier le Grant Godet de Greve, Pourveu qu’il paiera quatre plaques, (Deust il vendre, quoy qu’il luy griefve, Ce dont on cueuvre mol et greve,
Aller sans chausses, en eschappin),
Se sans moy boit, assiet ne lieve,
Au trou de /a Pomme de Pin.
Item, quant est de Merebeuf Et de Nicolas de Louviers, Vache ne leur donne ne beuf, Car vachiers ne sont ne bouviers, Mais gens a porter esperviers, Ne cuidez pas que je me joue, Et pour prendre perdris, plouviers, Sans faillir, sur la Machecoue.
Item, viengne Robin Turgis
À moy, je luy paieray son vin; Combien, s’il treuve mon logis, Plus fort sera que le devin.
Le droit luy donne d’eschevin, Que j’ay comme enfant de Paris:
Se je parle ung peu poictevin, Ice m’ont deux dames apris.
Elles sont tres belles et gentes, Demourans a Saint Generou Pres Saint Julien de Voventes, Marche de Bretaigne ou Poictou.
Mais i ne di proprement ou Yquelles passent tous les jours ; M’arme! i ne seu mie si fou,
Car i vueil celer mes amours.
Item, a Jehan Raguier je donne, Qui est sergent, voire des Douze, Tant qu’il vivra, ainsi l’ordonne, Tous les jours une tallemouse, Pour bouter et fourrer sa mouse, Prinse a la table de Bailly;
A Maubué sa gorge arrouse,
Car au mengier n’a pas failly.
Item, et au Prince des Sotz
Pour ung bon sot Michault du Four, Qui a la fois dit de bons motz
Et chante bien « Ma doulce amour ! »
Je lui donne avec le bonjour ;
Brief, mais qu’il fust ung peu en point, Îl est ung droit sot de sejour,
Et est plaisant ou il n’est point.
Item, aux Unze Vingtz Sergens
Donne, car leur fait est honneste,
Et sont bonnes et doulces gens,
Denis Richier et Jehan Vallette,
À chascun une grant cornete
Pour pendre a leurs chappeaulx de faultre ; J’entens a ceulx a pié, hohete!
Car je n’ay que faire des autres.
De rechief donne a Perrenet,
J’entens le Bastart de la Barre,
Pour ce qu’il est beau filz et net,
En son escu, en lieu de barre,
Trois dez plombez, de bonne carre, Et ung beau joly jeu de cartes.
Mais quoy ? s’on l’oyt vecir ne poirre, En oultre aura les fievres quartes.
Item, ne vueil plus que Cholet
Dolle, trenche, douve ne boise,
Relie broc ne tonnelet,
Mais tous ses houstilz changier voise À une espée lyonnoise,
Et retiengne le hutinet ;
Combien qu’il n’ayme bruyt ne noise, Si luy plaist il ung tantinet.
Item, je donne a Jehan le Lou, Homme de bien et bon marchant, Pour ce qu’il est linget et flou,
Et que Cholet est mal serchant, Ung beau petit chiennet couchant Qui ne laira poullaille en voye, Ung long tabart et bien cachant Pour les mussier, qu’on ne les voye.
Item, a l’Orfevre de Bois,
Donne cent clouz, queues et testes, De gingembre sarrazinois,
Non pas pour acouppler ses boetes, Mais pour conjoindre culz et coetes, Et couldre jambons et andoulles, Tant que le lait en monte aux tetes Et le sang en devalle aux coulles.
Au cappitaine Jehan Riou,
Tant pour luy que pour ses archiers, Je donne six hures de lou,
Qui n’est pas viande a porchiers,
Prins a gros mastins de bouchiers,
Et cuites en vin de buffet.
Pour mengier de ces morceaulx chiers, On en feroit bien ung malfait.
C’est viande ung peu plus pesante, Que duvet n’est, plume, ne liege.
Elle est bonne a porter en tente,
Ou pour user en quelque siege.
S’ilz estoient prins a un piege,
Que ces mastins ne sceussent courre, J’ordonne, moy qui suis son miege, Que des peaulx, sur l’iver, se fourre.
Item, a Robinet Trascaille, Qui en service (c’est bien fait) A pié ne va comme une caille, Mais sur roncin gras et reffait, Je lui donne, de mon buffet, Une jatte qu’emprunter n’ose ; Si aura mesnage parfait :
Plus ne luy falloit autre chose.
Item, donne a Perrot Girart, Barbier juré du Bourg la Royne, Deux bacins et ung coquemart, Puis qu’a gaignier met telle paine.
Des ans y a demie douzaine
Qu’en son hostel de cochons gras M’apatella une sepmaine, Tesmoing l’abesse de Pourras.
Item, aux Freres mendians,
Aux Devotes et aux Beguines, Tant de Paris que d’Orleans,
Tant Turlupins que Turlupines, De grasses souppes jacoppines
Et flaons leur fais oblacion ;
Et puis après, soubz ces courtines, Parler de contemplacion.
Si ne suis je pas qui leur donne,
Mais de tous enffans sont les meres, Et Dieu, qui ainsi les guerdonne, Pour qui seuffrent paines ameres.
Il faut qu’ilz vivent, les beaulx peres, Et mesmement ceulx de Paris.
S’ilz font plaisir a nos commeres,
Ï1z ayment ainsi leurs maris.
Quoy que maistre Jehan de Poullieu En voulsist dire ef reliqua,
Contraint et en publique lieu, Honteusement s’en revoqua.
Maistre Jehan de Mehun s’en moqua ; De leur façon si fist Mathieu ;
Mais on doit honnorer ce qu’a Honnoré l'Eglise de Dieu.
Si me soubmectz, leur serviteur En tout ce que puis faire et dire, À les honnorer de bon cuer Et obeïr, sans contredire ; L’homme bien fol est d’en mesdire, Car, soit a part ou en preschier Ou ailleurs, il ne fault pas dire Se gens sont pour eux revenchier.
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Item, je donne a frere Baude, Demourant en l’ostel des Carmes, Portant chiere hardie et baude, Une sallade et deux guysarmes, Que Detusca et ses gens d’armes Ne lui riblent sa caige vert. | Viel est : s’il ne se rent aux armes, C’est bien le deable de Vauvert.
Item, pour ce que le Scelleur
Maint estront de mouche a maschié, Donne, car homme est de valeur, Son seau d'avantage crachié,
Et qu’il ait le poulce escachié,
Pour tout empreindre a une voye ; J’entens celuy de lEveschié,
Car les autres, Dieu les pourvoye !
Quant des auditeurs messeigneurs, Leur granche ilz auront lambroissée ; Et ceulx qui ont les culz rongneux, Chascun une chaire percée ;
Mais qu’a la petite Macée
D’Orleans, qui ot ma sainture, L’amende soit bien hault tauxée :
Elle est une mauvaise ordure.
Item, donne a maistre Françoys, Promoteur, de la Vacquerie Ung hault gorgerin d’Escossoys, Toutesfois sans orfaverie ; :
Car, quant receut chevallerie,
Il maugrea Dieu et saint George.
Parler n’en oit qui ne s’en rie, Comme enragié, a plaine gorge.
Item, a maistre Jehan Laurens, Qui a les povres yeulx si rouges Pour le pechié de ses parens
Qui burent en barilz et courges, Je donne l’envers de mes bouges Pour tous les matins les torchier ; S’il fut arcevesque de Bourges, Du sendail eust, maïs il est chier.
Item, a maistre Jehan Cotart,
Mon procureur en court d’Eglise, Devoye environ ung patart,
Car a present bien m’en advise, Quant chicaner me feist Denise, Disant que l’avoye mauldite ;
Pour son ame, qu’es cieulx soit mise, Ceste oroison j'ai cy escripte.
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