‹ Les œuvres de Francoys Villon, texte établiChapitre 26 sur 49 · BELLE LECON DE VILLON AUX ENFANS PERDUZ · texte numérisé non relu

BELLE LECON DE VILLON AUX ENFANS PERDUZ

EAULX enfans, vous perdez la plus

Belle rose de vo chappeau ;

Mes clers pres prenans comme glus,

Si vous allez à Montpipeau Ou a Rueil, gardez la peau :

Car, pour s’esbatre en ces deux lieux,

Cuidant que vaulsist le rappeau, La perdit Colin de Cayeux.

« Ce n’est pas ung jeu de trois mailles, Ou va corps, et peut estre l’ame.

Qui pert, riens n’y sont repentailles Qu’on n’en meure a honte et diffame ; Et qui gaigne n’a pas a femme

Dido la royne de Cartage.

L’homme est donc bien fol et infame Qui, pour si peu, couche tel gage.

« Qu’ung chascun encore m’escoute !

On dit, et il est verité,

Que charretée se boit toute,

Au feu l’yver, au bois l’esté.

S’argent avez, il n’est enté ;

Mais le despendez tost et viste.

Qui en voyez vous herité ?

Jamais mal acquest ne prouffite. »

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