BALLADE DU CONCOURS DE BLOIS
E meurs de seuf auprès de la fontaine, Chault comme feu, et tremble dent a dent ; En mon païs suis en terre loingtaine ; Lez ung brasier frissonne tout ardent ; Nu comme ung ver, vestu en ot Je ris en pleurs et attens sans espoir ; Confort reprens en triste desespoir ; Je m’esjouÿs et n’ay plaisir aucun ; Puissant je suis sans force et sans povoir, . Bien recueully, debouté de chascun.
Rien ne m’est seur que la chose incertaine ; Obscur, fors ce qui ést tout evident ;
Doubte ne fais, fors en chose certaine ;
Science tiens a soudain accident ;
Je gaigne tout et demeure perdent ;
Au point du jour dis : «Dieu vous doint bon soir!» Gisant envers, j’ay grant paour de cheoir ;
J’ay bien de quoy et si n’en ay pas ung ; Eschoitte attens et d’omme ne suis hoir,
Bien recueully, debouté de chascun.
De riens n’ay soing, si mectz toute ma paine D’acquerir biens.et n’y suis pretendent ;
Qui mieulx me dit, c’est cil qui plus m’attaine, Et qui plus vray, lors plus me va bourdent ; Mon amy est, qui me fait entendent
D’ung cigne blanc que c’est ung corbeau noir ; Et qui me nuyst, croy qu’il m’ayde a povoir ; Bourde, verté, au jour d’uy m'est tout un ;
Je retiens tout, rien ne sçay concepvoir,
Bien recueully, debouté de chascun.
ENVOI
Prince clement, or vous plaise sçavoir
Que j’entens moult et n’ay sens ne sçavoir :
Parcial suis, a toutes loys commun. à Que sais je plus ? Quoy P Les gaiges ravoir, "4 \é
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2e LE DIT DE LA NAISSANCE
DE MARIE D’ORLÉANS Jam nova progenies celo demittitur alto.
[Viraize, Ecl. IV, v. 7] LOUÉE conception Envoiée ça jus des cieulx, Du noble lis digne syon, Don de Jhesus tres precieulx, MARIE, nom tres gracieulx, Fons de pitié, source de grace, La joye, confort de mes yeulx, Qui nostre paix bastist et brasse !
La paix, c’est assavoir, des riches, Des povres le substantement,
Le rebours des felons et chiches, Tres necessaire enfantement, Conceu, porté honnestement, Hors le pechié originel,
Que dire je puis sainctement Souvrain bien de Dieu eternel !
Nom recouvré, joye de peuple, Confort des bons, de maulx retraicte ; Du doulx seigneur premiere et seule Fille, de son cler sang extraicte,
Du dextre costé Clovis traicte ; Glorieuse ymage en tous fais,
Ou hault ciel creée et pourtraicte Pour esjouÿr et donner paix !
En l’amour et crainte de Dieu Es nobles flans Cesar conceue, Des petis et grans en tout lieu À tres grande joye receue,
De lamour Dieu traicte, tissue, Pour les discordez ralier
Et aux enclos donner yssue, Leurs lians et fers delier.
Aucunes gens, qui bien peu sentent, Nourris en simplesse et confis,
Contre le vouloir Dieu attentent,
Par ignorance desconfis,
Desirans que feussiez ung fils ;
Mais qu’ainsi soit, ainsi m’aist Dieux, Je croÿ que ce soit grans proufis.
Raison : Dieu fait tout pour le mieulx.
Du Psalmiste je prens les dis :
Delectasti me, Domine,
In factura tua ; si dis :
Noble enfant, de bonne heure né, A toute doulceur destiné,
Manne du Ciel, celeste don,
De tous bienfais le guerdonné, Et de noz maulx le vray pardon !
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