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Je le feis en telle façon,
Voyant celle devant mes yeulx Consentant a ma desfaçon, ,,..4 1" Sans ce que ja luy en fust mieulx ; Dont je me dueil et plains aux cieulx, En requerant d’elle venjance
À tous les dieux venerieux,
Et du grief d’amours allejance.
Et se j’ay prins en ma faveur ae Ces doulx regars et beaux semblans +" De tres decevante saveur
Me trespersans jusques aux flans, Bien ilz ont vers moy les piez blans Et me faillent au grant besoing.
Planter me fault autres complans
Et frapper en ung autre coing.
Le regart de celle m’a prins
Qui m’a esté felonne et dure : es Sans ce qu’en riens aye mesprins, ‘7: : * ù Di Veult et ordonne que j’endure
La mort, et que plus je ne dure ;
Si n’y voy secours que four.
Rompre veult la vive souldure,
Sans mes piteux regretz oïr !
os de
Pour obvier a ces dangiers,
Mon mieulx est, ce croy, de four.
Adieu ! Je m’en vois a Angiers : Puisqu’el ne me veult impartir
Sa grace, il me convient partir.
Par elle teurs, les membres sains ; : ‘ ‘:
Au fort, je suis amant martir
Du nombre des amoureux sains.
Combien que le depart me soit Dur, si faut il que je l’eslongne :
Comme mon povre sens conçoit, Autre que moy est en quelongne, Dont oncques soret de Boulongne Ne fut plus alteré d’umeur.
C’est pour moy piteuse besongne :
Dieu en vueille oïr ma clameur !
Et puis que departir me fault,
Et du retour ne suis certain
(Je ne suis homme sans desfault
Ne qu'autre d’assier ne d’estain, + Vivre aux humains est incertain ©‘ Et après mort n’y arelaiz, LreX Je m’en vois en pays loingtain),
Si establis ces presens laiz.
Premierement, ou nom du Pere, Du Filz et du Saint Esperit, Et de sa glorieuse Mere Par qui grace riens ne perit, Je laisse, de par Dieu, mon bruit :À maistre Guillaume Villon,
i © Qui en l’onneur de son nom bruit, Mes tentes et mon pavillon.
Item, a celle que j'ai dit, Qui si durement m’a chassié Que je suis de joye interdit Et de tout plaisir dechassié, TA Je laisse mon cuer enchassié, .:. :"" Palle, piteux, mort et transy: | Ne Elle m’a ce mal pourchassié, : :
Mais Dieu luy en face mercy!
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Item, a maistre Ythier Marchant, Auquel je me sens tres tenu, US Laisse mon branc d’assier tranchant, + * Ou a maistre Jehan le Cornu,
Qui est en gaige detenu
Pour ung escot huit solz montant ;
Si vueil, selon le contenu, | Qu'on leur livre, en le rachetant. ,: .. |
Item, je laisse a Saint Amant PR a Le Cheval Blanc, avec la Mulle, ‘ | Et a Blarru mon dyamant À Et l’Asne Royé qui reculle. ‘1:
Et le decret qui articulle
Omnis utriusque sexus, :
Contre la Carmeliste bulle (.!!
Laisse aux curez, pour mettre sus.
— 4 RAA 4 Lan.
Et a maistre Robert Valée,
Povre clerjot en Parlement,
Qui n’entent ne mont ne vallée, C :- J'ordonne principalement
Qu’on luy baille legierement | Mes brayes, estans aux Trumillieres, °° Pour coeffer plus honnestement
S’amye Jehanne de Millieres.
Pour ce qu’il est de lieu honneste, Fault qu’il soit mieulx recompensé, Car Saint Esperit l’admoneste, Obstant ce qu’il est insensé ; } nv Pour ce, je me suis pourpensé;
Puis qu’il n’a sens ne qu’une aulmoire, A recouvrer sur Maupensé,
Qu’on lui baïlle Art de Memoire.
Item, pour assigner la vie
Du dessusdit maiïstre Robert,
(Pour Dieu, n’y ayez point d'envie!) Mes parens, vendez mon haubert, Et que Pargent, ou la plus part,
Soit emploié, dedans ces Pasques,
À acheter a ce poupart .
Une fenestre emprès Saint Jaques.
Item, laisse et donne en pur don
Mes gans et ma hucque de soye ESS À mon amy Jacques Cardon, — Le glan aussi d’une saulsoye, :
Et tous les jours une grasse oye {4'° Et ung chappon de haulte gresse, È Dix muys de vin blanc comme croye, Et deux procès, que trop n’engresse.
' à DL ».
À Si Lt »0-
Item, je laisse a ce noble homme, Regnier de Montigny, troys chiens ; Aussi a Jehan Raguier la somme
De cent frans, prins sur tous mes biens.
Mais quoy P Je n’y comprens en riens Ce que je pourray acquerir :
On ne doit trop prendre des siens,
Ne son amy trop surquerir.
Item, au seigneur de Grigny Laisse la garde de Nijon,
Et six chiens plus qu’a Montigny, Vicestre, chastel et donjon ;
Et a ce malostru chanjon, Moutonnier, qu’il tient en procès, Laisse trois coups d’ung escourjon, Et couchier, paix et aise, es ceps.
Et a maistre Jaques Raguier
Laisse l’Abruvouër Popin, \ ass Pesches, poires, sucre, figuier, * , Tousjours le chois d’ung bon loppin, Le trou de /a Pomme de Pin,
Clos et couvert, au feu la plante, Emmailloté en jacoppin ;
Et qui voudra planter, si plante.
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Item, a maistre Jehan Mautaint
Et maistre Pierre Basanier, Le gré du seigneur qui attaint 3 v' v Troubles, forfaiz, sans espargnier ; De Et a mon procureur Fournier, :
Bonnetz cours, chausses semelées, voi
Taillees sur mon cordouannier,,, 7 Pour porter durant ces gelées.
Item, a Jehan Trouvé, bouchier, ,; .« Laisse le Mouton franc et tendre, “*:
Et ung tacon pour esmouchier 4 Le Beuf Couronné qu’on veult vendre, Ou la Vache ; qui pourra prendre
Le vilain qui la trousse au col,
S’il ne la rent, qn’on le puist pendre Ou estrangler d’ung bon licol !
Item, au Chevalier du Guet,
Le Hëaulme luy establis ;
Et aux pietons qui vont d’aguet
Tastonnant par ces establis,
. Je leur laisse deux beaux riblis,*;" La Lanterne a la Pierre au Let.
Voire, mais j’auray les Troys Lis, S’ilz me mainent en Chastellet.
Item, a Perrenet Marchant,
Qu’on dit le Bastart de la Barre,
Pour ce qu’il est tres bon marchant,
Luy laisse trois gluyons de fuerre SA :*:"* Pour estendre dessus la terre
A faire l’amoureux mestier,
Ou il luy fauldra sa vie querre,
Car il ne scet autre mestier.
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‘ ” Item, au Loup et a Cholet Je laisse a la fois ung canart LR Prins sur les murs, comme on souloit, Envers les fossez, sur'le tart, | ::Kx Et a chascun ung grant tabart {.
De cordelier jusques aux piez, Busche, charbon et poix au lart,}, ,7— Et mes houseaulx sans avantpiez.
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on De rechief, je laisse, en pitié,
À trois petis enfans tous nus Nommez en ce present traictié, Povres orphelins impourveus, Tous deschaussiez, tous despourveus, Et desnuez comme le ver ;
J’ordonne qu’ilz soient pourveus,
Au moins pour passer cest yver :
Premierement, Colin Laurens,
Girart Gossouyn et Jehan Marceau, Despourveus de biens, de parens, |. EN Qui n’ont vaillant l’ance d’ung seau, ET Chascun de mes biens ung fesseau, …., Ou quatre blans, s’ilz Payment miculx.
I1z mengeront maint bon morceau,
Les enfans, quant je seray vieulx !
Item, ma nominacion,
Que j’ay de l'Université, Laisse par resignacion
Pour seclurre d’aversité Povres clers de ceste cité Soubz cest inlendit contenus ; Charité m’y a incité,
Et Nature, les voiant nus :
C’est maistre Guillaume Cotin
Et maistre Thibault de Victry, Deux povres clers, parlans latin, Paisibles enfans, sans estry, Humbles, bien chantans au lectry ; Je leur laisse cens recevoir
Sur la maison Guillot Gueuldry, En attendant de mieulx avoir,
mire
Item, et j'adjoings a la crosse
Celle de la rue Saint Anthoine,
Ou ung billart de quoy on crosse, Et tous les jours plain pot de Saine ; Aux pijons qui sont par essoine Enserrez soubz trappe volliere,
Mon mirouër bel et ydoine
Et la grace de la geollicre.
Item, je laisse aux hospitaux
. Mes chassiz tissus d’arigniée, >; ‘' L | : Et aux gisans soubz les estaux, ‘.:
Chascun sur l’oeil une grongniée, :
Trembler a chiere renfrongniée, Megres, velus et morfondus, Chausses courtes, robe rongniée,
Gelez, murdris et enfondus.