POÉSIES DE M. DE VOITVRE
Elle désire qu'il reprenne Le droit chemin du Bourg-la-Reyne.
A Paris nous le souhaitions^ Et tous les iours le regrettons.
Car nous Paimons d'amour extrême.
Je ne sçay s'il eh fait de mesnie.
Mais pour moy, ie penserois bien.
Que ces grands hommes n'aiment rien.
Pour le seigneur de La Moussaye La chose est bien seure et bien vraye. Que qui ne verroit que ses vers.
Et ne sçauroit point ses reuers.
On Paimeroit d^amour trop forte.
Il escrit d'vne belle sorte, 11 a fort bon entendement, Parle de tout capablement, luge très- bien de toutes choses.
Mais s'il est bon, sont lettres closes : Et le croire seroit abus.
Quand tels ribauds seroient pendus.
Ce ne seroit ia grand dommage, le n'en diray pas dauantage.
Adieu vous dis. Monsieur Arnaut, Le Ciel vous preserue du chaut.
Car le séjour de Catalogne, Vous peut donner de la besogne.
Sur tous sujets faire des vers, ^ Escrire en cent endroits diuers.
Passer les nuits à la campagne, Et les iours au Soleil d'Espagne ; iNe dormir qu'à bastons rompus. Songer à faire des rébus, Suiure tousiours quelque pensée, Auoir eu la teste cassée :
C'en est plus qu^il ne vous en faut.
Adieu vous dis. Monsieur Arnaut.