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GLOSE

De bon cœur ie vous fois hommage^ Ensemble au Comte Guiclieus.

DE M0N8IEVR DE VOIÏVM:. 593

Mais ie hay for en mon courage.

Ce failly glouton d'Ârnaldus.

le ci*oy qu'il a les sens perdus ; Ni bien, ni sang il ne ménage :

Et luy qui sçait tant de rébus.

Est moult echars de son langage.

Le glout, pourtant; par fois fait rage : Et pour en parler sans abus.

Nous n'aurions pas grand auantage, Quand tels ribauds seroient pendus.

Mais ie voudrois que vous, sans plus.

Ayant d'écrire le partage; Tout autre écriuain fust perclus :

Ce ne seroit ia grand dommage.

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NOVVELLES OEWRES

DE MONSIEYR

)E VOITVRE.

LE LIBRAIRE AVX LECTEVRS,

Qvelques personnes ont eu cette opinion, des diverses Imt^x^sions que ie vous ay données iusqulcy, des Lettres et des ^ers de feu Monsieur de Voiture : qu'on n'auoit pas fait vu ^^ix assez exact de ses écrits, qu'il n y deuoit entrer que les pièces les. plus acheuées ; et que les belles choses qu'il a faites, y perdent vue partie de leur grâce, par le mcslange des médiocres. Quelques autres ont tenu, au contraire, que tout estoit précieux de cet Autbeur ; qu'il n'a point tiré de si petite ligne qui n'ait son prix ; et que tout ce qu'il escriuoit , gardant tousiours le rare charactere de son Esprit, il se falloit bien donner de garde d'en supprimer les moindres billets. L'vne et l'autre de ces deux opinions a eu ses partisans, et partisans si qualifiez et si célèbres, qu'il seroit difficile de ^e déterminer à Tvn des partis, au préjudice de l'autre. Aussi n'ayant garde d'entreprendre de décider icy , lequel de ces deux sentimens est le plus plausible et le mieux fondé, ie vous diray seulement, que Taccueil fauorable que le public a fait aux Oeuures de cet Autheur, m'a animé à la recherche de quelques autres pièces de sa façon, qui ne fussent point encore venues à vostre connoissance : £t ie n'ay pas esté si malheureux en cette seconde nauigation, où ie me suis embarqué par le désir de vous complaire ; que ie n'y

508 LE LIBIUIRE AVX LECTEVRS.

aye desconuert de noùuelles terres abondantes en fruicts, dignes devostre curiosité, et de vostre goust. Mais comme il eil des productions de TEsprit comme de celles de la Nature; et que dans les vnes ni dans les autres tout ne se rencontre iamas d'égale force, ni ^e pareille valeur : si tout ne vous semble pas exquis de celles-cy ; au moins j'ose tous assenrer que lom ny trouuerez rien qui ne soit digne de vous estre offert; et il ne ro'arriuera point de rougir de mon présent, tandis que ie ne TOUS donneraj que ce qui part de cette main. Feu Honsienr k Comte d'Auaux, dont la Vertu sera'tousiours paiement renerie des François et des Estrangers, qui seul pouuoit par son estime faire la réputation d'un Authenr, et qui estoit vn de ceux qm disoient qull ne falloit rien perdre des escris da nostre : nous auroit bien donné par cet auis, l'exemple de faire de quelques Tues de ses Lettres, qui ont esté trouuées pannyles papiers de FAutheur, ce qu*il conseilloit qu'on fist de celles de TAuthenr mcsme. En effet elles sont si belles, et si capables decontribner à la gloire de V\ïi et de l'autre; que ie n'aurois fait aucune difficulté de les donner au Public ; si les Maistres des rares trésors de son Esprit, et qui en r'enferment beaucoup d'autres dans leur cabinet, Tauoient voulu permettre. Que si le temps les met en quelque meilleure disposition de vous obliger; et que quelque autre obtienne d'eux ce consenlemei^t, ie ne mauqueray pas devons les donner. Elles vous forceront d'auouer que ce grand bomme, n'estoit pas moins consommé en la science de bien dire, qu'en celle de bien faire , et qu'il estoit capable de toutes choses. le n'en vseray pas de mesme d vne autre pièce, dont vne personne d'éminente condition de Tautre sexe, vous auroit voulu priuer. Vous serez donc auertis sur ce sujet, qu'vne Dame de grande qualité , et sans comparaison de plus grand mérite : ayant inuenté le plus ingénieux sujet de Boman dont l'esprit humain se puisse auîser, sous le nom fameux

LE LIBKAIRE AVX LECTEVRS. :m

^*AlddaKs : Nostre Àatheur sur le dessein qu'elle luy en auoit sommuniqué, auoit commencé de le rédiger par escrit, et les Edeilles manuscriptes en ayant pareillement esté trouuées parmj ses papiers après sa mort; si le jugement que la modestie de cette Dame luy fait faire, d'vn Ouurage où die a tant de part, en «fipit esté creu, il auroit continué de demeurer enseueli dans Iw mesmes ténèbres où il a esté jusquicy. Mais ce Fragment en lestât que pour son malheur, (ou plustost pour le nostre) il se trooue anjourd*huy ; mérite mieux, que la considération particaliere de ce qui la r^arde, ne luy permet d'en penser. C'est Tn échantillon d'vne fort belle pièce, qui tout esloigné qu'il est de sa perfection et de la dernière main de F Autheur : ne laisse pas de donner suffisamment à connoistre la noblesse et la 'dignité de son sajet, et qui en laisse dans l'esprit vue si belle Idée, que ce ne sera pas sans laisser en mesme temps à la postérité qui le verra, tu regret étemel que l'Escriuain en soit demeuré là. A moins que le mesme Esprit à qui la gloire de l'innention en est deûe, voulust donner la pièce toute entière de sa façon. Aussi Monsieur de Pinchesne, neueu de l'Autheur, à qui vous deuezle premier reciieil de ses Oeuures, comme plus intéressé que personne à la gloire de Monsieur son Oncle, en a jugé auec quelques-Tus de ses Amis^ plus fauorablement qu'il n'a pieu à cette illustre personne de faire. Monsieur Gostar entre antres a appuyé de son auis par escrit, le jugement qu'il en auoit fait : et prétendant qu'autant snr leur commun conseil, que sur la foy du nom de ses Authenrs, il n'y a rien à craindre de cet Ouurage; il acreu, qu'il me lepouuoit liurer de son chef, sans aucune autre authorité, et qu'en se chargeant tout seul du reproche que le public luy en pourroit faire, il n'estoit pas besoin d'yn ample consentement. Vous lui aurez encore à la faneur de ce premier , l'obligation d'vn autre Fragment de l'Eloge du Comte-Duc dOliuares; qui tout tronqué qu'il est, ne laisse pas

m) LK LIliRAlUli: AUX LECTEURS.

pour la grauité de son sujet, et pour les nobles sentimens dm véritable Ministre d*£stat qui s'y trouuent, d'estre digne de vostrç curiosité. C'est tout ce que j'ay pu recueillir de plus rat et de plus nouueau, des écrits d'vn Autheur si célèbre: et comme après Tapplaudissement que ses premières Oeuareioit eu, c'est mériter du public que d'en faire de nouuelles recberdies; ie vous prie, pour principal pajemrat, de m'en scanoir au moin quelque gré.

NOVVELLES LETTRES

DK MONSIEVR

DE VOITVRE.

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