‹ Les œuvresChapitre 48 sur 149 · A MONSIEVR CHAPELAIN · texte numérisé non relu

A MONSIEVR CHAPELAIN

MONSIfiVfi^

le feray ce que vous desirez. Si c'est pour Famour de vous, ou K)ur l'amour de Monsieur de Balzac, ie ne sçaurois vous le dire : et snedémesleroispascela, quandj'ysongerois jusqu'à demain. Vous uez tous deux vne si égale authorité sur moy, que si en mesme jmps Fun me commandoit de manger, et l'autre de boire, ie mour- )is de faim et de soif : au moins selon les Philosophes. Car ie ne ouuerois iamais de raison de me déterminer plustost à Tvn qu'à lutre. Mais» de bonne fortune, vous vous entendez si bien enseme, que vous ne me ferez iamais de commandemens contraires : et «18 estes tellement d'accord, que toutes les fois que ie feray ce le Ton me commandera, j'obeïray à tous les deux. le suis fasché î vostre clou , et ie vous en plains. Mais à ce que ie puis juger, ce est rien au prix de celuy que j'ay. Le mien est latus clauus,

cum lato purpura clauo.

l si vous en auiez vn pareil sur le nez, vous l'auriez sur tout le sage. Il me fait encore grand mal. Cela me dispense de vous aller Av. Car afin que vous le sçachiez, il y a tus lati claui. le suis,

MoNSiEVB, Vostre^ etc.

Le 10 d'Âoust 1639.

;i) Jean Ghapeiain, membre de l'Académie française, auteur de la Pucelle d'autres misérables ouvrages, naquit le 4 décembre 1595, et mourut le 22 féer 1674.

A MADAME *^

LETTRE CVL

Madame^

La lettre que vous desirez de voir, ne vaut pas vne ligne deœDs auec laquelle vous l'auez demandée. Mais vous^ qui fistes tant hier de la deuote : ne faites-vous point de scrupule d*escrire de on choses-là la semaine Sainte? et n'en voyez-vous pas la consequenoB, et l'effet qu'elles peuuent faire ? Fauois mis ma conscience en repos : et pour cela j'auois résolu de ne vous reuoir iamais. Mais vosin lettre m'a remis en desordre : et auec vos perles et vos quatre mille francs ^ ie me suis laissé regagner aussi bien que l'autre. le ne croyois pas, que vous deussiez iamais vous seruir de ces moyensJài pour regagner vn amant ^ ny que cette sorte de chose pust aooir di pouuoir sur moy : et sans mentir^ c'est la première fois que ie me suis laissé éblouir aux richesses^ et que l'aident m'a tenté. Aussi, à dire le vray^ les perles ne furent iamais si bien mises en œourei qu'elles le sont dans vostre lettre : et vos quatre mille francs^ delà sorte que vous les employez^ en valent plus de trois cens mille^ Vous estes vne personne incompréhensible : et ie ne puis m'estonner assez , que sans auoir leu Hérodote ^ et sans vous seruir des Saturnales^ vous puissiez escrire de si jolies lettres. Pour moy, Madame, ie commence à m'imaginer^ que vous nous auez trompez. le crois que vous sçauez la source du Nil : et celle d'où vous tirez toulies les choses que vous dites , est beaucoup plus cachée et plus inconnue. Enfin , quoy que die vostre Portier, ce n'est pas Madame la Marquise de Sablé qui est la plus charmante personne du monde. Il y a plus de charmes dans vn coin de vos yeux, qu'il n'y en a en tout le reste de la terre : et toutes les paroles de la magie , ne font pas tant d'effet, que celles que vous escriuez.

A MADAME

Î.ETTRE (A ir.

Madame , Huelqu'vne des Fées, à qui vous dites que vous abandonnez vos

1)E MONSIEVR DE VOITVRE. 250

Lettres^ après les auoir escrites , a touché à celle que vous m'auez enuoyée. Encore faut-il que ce soit vue des plus sçauantes de leur troupe , et qui ait autant demeuré à la C40ur, que dans les bois. le ne croy pas , qu'il y en ait beaucoup enlre-elles qui en sçeussent faire autant : et ie pense^ que la mesme qui vous inspire quand vous parlez, vous a pour cette fois aydé à écrire. Outre les gentillesses que j'y ay remarquées, et les beautez visibles qui y sont : il y a encore quelque chose qui fait que le cœur est touché autant que Pesprit, et vue vertu secrette qui produit des effets extraordinaires. Aussi-tost que i'ay eu acheué de la lire, ie me suis trouué guery de tous mes maux : et comme s'il n'y eust plus eu d'absence au monde , point de désirs, ni de craintes, mon ame a esté dans vue parfaite tranquillité. Cela, Madame, me semble n'auoir pu se faire que par Féerie : et vous aimer comme ie fais, et estre content sans ▼DUS voir , n'est pas vne chose qui puisse arriuer naturellement. Qaoy qu'il en soit, ie vous suis obligé, de m'auoir mis en Testât où ieme trouue : et puisque la raison ne me pouuoit consoler, vous aaez bien fait d'y employer les charmes, le crains seulement, qu'ils ne durent pas assez. le me défie d'vne joye que ie sens, et dont ie ne voy pas la cause. Et j'ay peur qu'il n'arriue de moy, comme de ces corps, que Ton éuoque du tombeau, et qui n'estant animez que par magie, n'agissent que pour peu de temps, et tombent fout à coup , dés que l'enchantement est fmy. No souffrez pas , que cela soit de la sorte : et puisque vos paroles me r'animent, et que vos Lettres sont des caractères auec lesquels ie ne sçaurois mourir : ayez soin de les renouueler tousiours, et faites-moy au moins subsister par artifice, jusqu'à ce que ie vous retrouue, et que vostre présence me redonne vne véritable vie. Il faut croire , que la description que vous me faites de vos auentures, est bien agréable, puis qu'elle m'a fait prendre plaisir à tant d'incommoditez que vous auez eues. le vous supplie, continuez à me rendre compte de toutes vos fortunes : et comme vous me dites celles que vous auez eues dans le bois , mandez-moy celles que vous aurez lors que vous coucherez à la ville. Au reste, vous auez bien pris l'occasion de faire paroistre, que vous sçauez la ***.

A MADAME LA MARQVISE DE SABLÉ

LETTRE CVÏÏL

Madame^

Quelques galantes que soient les Lettres de Monsieur de la Mesnardiere : nous n'auons pu nous contenter Mademoiselle de Chalai$ et moy^ de ne receuoîr que cela à ce voyage ^ mesmement ne nous ayant appris autre chose ^ sinon que vous estiez fort enrumée. Mait cela est estrange^ que moy qui vous ay tant fait la guerre^ d'astre trop craintiue, en ce qui est de vostre santé, ay pris à cette heure cette mesme humeur pour ce qui vous regarde, et qu^vn rume que vous auez me tourmente plus qu'vne fièvre continue que j'auiois. Il est vray, que j'y ay maintenant assez d'interest pour m^en mettre en peine , puisque de là dépend vostre voyage, et de vostre voyage toute ma joye. Car ie vous asseure , Madame , que ie suis résolu à n'en auoir aucune, si vous ne venez pas, et que ie dois estre le plus heureux ou le plus malheureux homme du monde cet hyuer, sekm la resolution que vous prendrez, le vous puis dire aussi, que vous aurez vostre pai-t du contentement que vous nous donnerez, et que vous serez icy indubitablement plus diuertie et plus gaye, et par conséquent plus saine. Mais en attendant que vous veniez : que vous seriez bonne , si vous vouliez enuoyer deuant Mademoiselle Coulo et Mademoiselle de Bois d'Amour! afin qu'au moins durant ce temps-là, j'aye quelqu'vn à qui parler de vous, et auec qui ie puisse tromper mon impatience

Cela est bien hardy, Madame, d'effacer quatre lignes tout de suite, en écriuant à vne Marquise. Mais vous sçauez mieux que personne, combien il importe que cela soit permis, et de quelle vtilité est dans la société humaine la liberté des effaceures. le n^escris point à Armande. Car ie suis dépité, de ce qu'elle ne m'a point écrit ce dernier voyage. Fenuoye vne bourriche, de Galans, que ie uous supplie tres-humblement de faire mettre entre les mains de sa confidente. Elle en vsera comme elle verra plus à propos : et les gardera pour elle, si elle iuge , qu'elle ne les puisse présenter à Armande, sans donner du soupçon à sa merc. le la prie pourtant de choisir les plus beaux , et de vous les présenter de sa part. le dirois de la mienne, si j'osois; et si ie ne sçauois bien que vous ne prenez gucres de plaisir, quand on vous donne, le leur enuoyc aussi des images : pourco

qu'il m'est souuenu que ie leur en auois promis. le ne vous mande rien de vostre amie. La pauure fille comme ie croy est en vn déplorable estât. Sou mary ne part iamais vn moment d'auprès d'elle. 11 FestoufTe à toute heure : et sa mère ne Pestouffe pas moins. Enfin iamais personne ne fut si peu mariée^ et ne le fut tant. Madame, venez vistement voir cela, le suis ,

Vostre y etc,

le m'en vais faire vn petit voyage à Blois, mais ie seray à Paris dés que ie sçauray que vous y serez, ou que quelqu vn des v(»stn\s y sera.

A MADAME ***

LETTRE CIX

Madame,

Quoy que je n'espère pas me pouuoir iamais acquitter des obligations où me mettent vos ciuilitez , ie serois bien marry de vous estre moins obligé : et bien que ie me trouue indigne de tous les honneurs que vous me faites, ils ne laissent pas de me donner vue extrême joye. Quand ie ne sçaurois rien de vous que vostre condition ot vostre naissance, tousiours tiendrois-je à grand honneur, d'auoir rcceu de vos lettres, et de me voir honnoré de vos commandemcns. Hais la fortune ayant fait , ie ne sçay par quelles rencontres, qu'es - <ant fort éloigné de vous, j'ay l'honneur de vous connoistrc aussi particulièrement, que ceux qui en sont le plus prés : ie vous auoijc, Madame, que j'ay Vn contentement qui ne se peut exprimer, et que ie «ens mesme quelque vanité d'auoir receu tant de grâces d'vne personne, que ie tiens il y a desia quelque temps, la plus accomplie de son siècle , et en laquelle ie sçais que se trouuent toutes h;s qualitez, qui peuuent donner de l'affection, et de l'estime. Si j'f•stoi^ si peu du monde, que ie n'eusse iamais rien ouy dire de cela, encore jugerois-je par vos lettres, qu'il n'y a rien en Franee qui éfiale vostre ciuilité et vostre esprit : et de si belles et si obligeantes [mrolcs que celles que vous me faites riionnenr de m'écriie, me ifn»ient imaginer de vous quelque chos^ dV-xlraoïdiiiair^-. lÀUn soni telles <»n vérité. Madiuiie. quede quelqiu- pî»ri qu'<ll'- me \\u *-u\.

j'en serois extrêmement louché. Mais il est vray, que la personos dont elles partent me les rend encore beaucoup plus considérables; et que la main qui les a écrites y leur donne vne force et vne verto, qu'elles ne pourroient auoir d^ailleurs. Si après cela ie sers de tout mon cœur, et auecque tous mes soins A***, ce ne sera pas n» grande merueille. Vous m'y auez obligé de sorte, qu'il ne m'est pis possible de faire autrement : et vous ne m'auez pas laissé déroofn d'y acquérir aucun mérite. le voudrois. Madame, qu'au lieu de me recommander vne personne que j^ayme, et que j^estime desia beaocoup, vous m'eussiez commandé en trois mots, quelque chose de bien difficile, et à laquelle j'eusse eu quelque répugnance : afin que vous eussiez pu connoistre en quelque sorte, ce que vous pouuet sur moy, et que ce ne sont point vos extrêmes bontez, ny cette &çon d'escrire dont vous gagnez d'abord le cœur de ceux qui lisent Ss vos lettres, qui m^obligent à vous obeïr , mais le respect que j'iy pour tant de merueilleuses qualitez qui sont en vous, et rinclinatioû auec laquelle ie suis,

Yosire^ etc.

A MADEMOISELLE DE BAMBOVILLET.

LKTTRK ex.

Mademoiselle,

Personne n'est encore mort de votre absence, horsmis moy : et ie ne crains point de vous le dire ainsi cruëment , pource que ie crois que vous ne vous en soucierez gueres. Neantmoins, si vous en vou-' lez parler franchement, à cette heure que cela ne tire plus à conséquence, j'estois vn assez joly garçon : et hors que ie disputois quelquefois volontiers, et que j'estois aussi opiniastre que vous,ie n'auois pas de grands défauts. Vous sçaurez donc, Mademoiselle, que depuis Mercredy dernier, qui fut le iour de vostre parteraent, ie ne mange plus, ie ne parle plus, et ie ne vois plus : et enfin il n'y manque rien, sinon que ie ne suis pas enterré. le ne Tay pas voulu estre si-tost, pource premièrement que j'ay eu tousiours auersion à cela : et puis, ie suis bien-aise que le bruit de ma mort ne coure pas si-tost , et ie fais la meilleure mine que ie puis, afin que l'on ne s'en doute pas. Car si on s'auise que cela m'est arriué iustement sur le point que vous estes partie , l'on ne s'empeschera iamais de

is mettre ensemble dans les couplets de L'année est bonne, qui irent maintenant par tout. En vérité ^ si j'estois encore dans le nde^ vne des choses qui m'y feroit autftnt de dépit^ seroit le peu discrétion qu*ont certaines gens^ à faire courre toutes sortes de »ses. Les viuans ne font rien y à mon auis , de plus impertinent 3 cela ^ et n^est pas jusques à nous autres morts^ à qui cela ne >laise. le vous supplie^ au reste , Mademoiselle^ de ne point rire lisant cecy. Car sans mentir^ c'est fort mal-fait de se mocquer ► trépassez^ et si vpus estiez en ma place, vous ne seriez pas biens qu^ou en vsast de la sorte. le vous conjure donc de me plaindre, puis que vous ne pouuez plus faire autre chose pour moy, d*auoir n de mon ame. Car ie vous asseure, qu'elle souffre extrêmement. rs qu'elle se sépara de moy, elle s'en alla sur le grand chemin de artres, et de là droit à la Mothe : et mesme à l'heure où vous li- K cecy, ie vous donne auis, qu'elle est auprès de vous : et elle ira tle nuit en vostre chambre , faire cinq ou six grands cris , si cela t vous tourne point à importunité. Je crois que vous y aurez du aisir, car elle fait vn bruit de Diable, et se tourmente, et fait vne mpeste si estrange, qu'il vous semblera que le logis sera prest à renuerser. l'auois dessein de vous enuoyer le corps par le Messaîr, aussi-bien que celuy de la Mareschale de Feruaque. Mais il est i vn si pitoyable estat,'qu'il eust esté en pièces, deuant que d'estre jpres de vous : et puis j'ay eu peur que par le chaud, il ne se gasist. Vous me ferez vn extrême honneur, s'il vous plaist de dire aux eux belles Princesses auprès de qui vous estes : que ie les supplie 'es-hurablement de se souuenir, que tant que j'ay vécu, j'ay eu ne affection sans pareille pour leur seruice tres-humble , et que ette passion me dure encore après ma mort. Car en Testât où ie uis, ie vous iure, que ie les respecte et les honore autant que j'ay unais fait. le n'oserois dire, qu'il n'y a point de mort, qui soit tant îur seruiteur que moy. Mais j'asseureray bien, qu'il n'y a point de ivant , qui soit plus à elles que j'y suis. Ny qui soit plus que moy,

Mademoiselle, Voslre, etc.

mon départ n^est pas tout à fait perdue^ vous ne me refuserez pts cette grâce : mesmement ayant à vostre besoin vn si bon Secrétaire que celuy dont vous auez accoustumé de vous seruir. l'ay sceu que vous m^auez fait l'honneur de boire à ma santé. Mais en Testât où elle est, il faut de plus forts remèdes que celuy-là pour la remettre: et il n'y a gueres que de vous que j'en puisse attendre. Mais selon que vous aimez tout ce qui vous appartient ^ et qu^il me souuient de vous auoir veu protéger autrefois vos sujets : ie croy que vous ne m^abandonnerez points moy qui suis le vostre autant q\^ si j'estois né dans vostre Bourg des Essars, et qui fais profession d'eslre particulièrement,

MoNsiEVR , Vosire , etc.

A MADEMOISELLE DE KAMBOVILLET.

LETTRE GXIV.

Mademoiselle, 1

Il faut auoùer que ie suis de bonne amitié. Tai regret de ne vous ! point voir, comme si j'y perdois quelque grande chose, et ie m'imagine que ie ne passe pas si bien le temps icy que, lors que j'auois Thonneur d'estre auprès de vous. Amiens en vostre absence, me semble moins aimable que Paris : et pouuant tous les iours voir des Dames qui parlent picard admirablement, ie ne m'en tiens pas plus heureux pour cela. La conuersation de Monsieur le Duc de C***, de Monsieur de T***, et de Monsieur de N*** que ie rencontre icy par tout, n'a rien de charmant pour moy. Il m'arriue mesme quelquefois de m'ennuyer d'estre trois heures de suitte dans la chambre du Roy : et ie ne prens pas plaisir de rii'entretenir auec Monsieur Libero , Monsieur Gompiegne, et vingt autres honnestes hommes que ie ne connois point, qui m'asseurent que j'ay vn bel esprit, et qu'ils ont veu de mes œuures. J'ai veu aujourd'huy sa Majesté jouer au. Hoc toute l'apresdinée, et ie n'en suis pas plus gay : et allant règlement trois fois la semaine à la chasse du Renard, ie n'y ay pas vne extrême joie , quoy qu'il y ait lousiours cent chiens, et cent cors qui font un bruit épouuantable, et qui vous entre terriblement dans les oreilles. Enfin, Mademoiselle, les plaisirs du plus grand Prince d» inonde, ne me diuerlissenf pas : et quand ie ne vous vois point, IcSl

Iclîces de la Ck)ur n'ont rien qui me touche. Vous estes sans inenir ^ ingrate^ si vous ne me rendez la pareille. Mais, défiant comme 3 suis, j*ay peur quje vous ne preniez quelquefois plaisir auec Malanie la Princesse, et Mademoiselle de Bourbon : et peut-estre que lepuîs que vous estes à Grosboîs, vous n'auez pas souhaitté cinq m six fois d'estre à Amiens. Si cela est, au moins, pour me recom- >enser d^ailleurs, faites s'il vous plaist, que leui*s Altesses me fasent rhonneur de se souuenir quelquefois de moy, et que ie ne sois )as moins considéré d'elles, pour estre en vn lieu où ie vois deux bis tous les iours le Roy et Monsieur le Cardinal, le vous asseure x>urtant. Mademoiselle, que ie n'en sçay pas plus de nouuelles 30ur cela : et c'est la cause que ie ne vous en mande point. Monsieur Fabert arriuaicy hier au matin, auec ordre à nos Généraux de :e qu'ils ont à faire. Il m'a dit que Monsieur Arnaut a fait rage des pieds de derrière en vn combat qu'il y a eu prés de Lille : et Monsieur le Mareschal de Brezé l'a escrit au Roy, à ce que m'a dit Monsieur de Chauigny. Le bruit court icy, que nos armées reuiennent , et que nous ne reuiendrons pas si tost. Soyez-en faschée, ie vous supplie : et faites-moy l'honneur de croire, que ie suis de tout mon cœur autant que ie dois.

Mademoiselle, ' Voslre , etc.

A Amiens le 10 Septembre I6iv>.

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