‹ Les œuvresChapitre 47 sur 149 · A MADAME LA PRINCESSE · texte numérisé non relu

A MADAME LA PRINCESSE

LETTRE CIV

Madame,

A moins que d^estre cloué à Paris, rien n^eust pu m^empescher d'aller aujourd'huy à Poissy, Car quelque chose que j'aye dû d'une autre Princesse, il n'y en a point au monde que ie voye si volontiers que vous. Mais comme vous sçauez. Madame, qu'vn clou chasse l'autre : il a fallu que la passion que j'ay pour vous, ait cédé à vne nouuelle, qui m'est suruenué , et qui, si elle n'est plus forte, est pour le moins à cette heure plus pressante. le ne sçay pas si vous entendrez cecy, qui semble n'estre dit qu'en Enigme. Mais ie vous asseure , que j^ay vne raison fondamentale de ne bouger d'icy, sur laquelle ie n'ose appuyer, et qu'il n'est pas à propos de vous expliquer dauantage. l'ai délibéré long-temps en moy-mesme, si ie danois aller : et il y a eu vn grand combat entre mon cœur, et vne autre partie que ie ne nomme pas. Mais enfin. Madame, ie vous auoùe, que celle qui raisonnablement doit estre dessous, a eu le dessus : et que J'ay mis deuant toutes choses, ce qui naturellement doit estre derrière. le vous jure pourtant, qu'en l'assiette où ie suis, ie ne pouuois pas faire autrement : et que vous qui estes la plus considérée personne du monde , et qui faites tout auec ordre, n'en eussiez pas fait moins que moy, si vous eussiez esté en ma place. le prie Dieu, Madame , que vous ne vous y voyez iamais. Car en Testât où ie me trouue, il n^y en a point de bonne pour moy : et ie suis partout comme sur des espines. le ne puis aller à pied, ie suis fort mal à

eual^ le carrosse m'est trop rude^ et les chaises mesmes deMon- 3ur de Souscarriere me sont incommodes. le suis^

Vostrcy etc.

K Parb le 5 Aoo&t 1630.

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