A MONSIEVR DE MAISON-BLANCHE
à Constantinople.
LETTRE CXXL MONSIEVR,
dans mentir^ vous auriez tort de vous faire Turc. Car ie vous ûre , que vous auez beaucoup d'amis dans la Clircstient/* : <*t >tre réputation y est si grande^ que si j'estois en vr>stre place , ^enns mieux en venir joûir^ que de crimmander k quaranti; lie lanissaires^ épouser la fille du Grand Seigneur^ et oMva ^^tranà quelque temps de là. le ne st.-ay i>as comme bofil hiUth sm mtezd^4sie, mais ie vous asseure^ que cinq ou hxx Ai*% plut» les personnes de l'Europe , sont dii'Uf^nuës anK>ureu(^^ (Ut %out>. pourueu que vous ne vous soyez rien fait coufjer : au li<^ i\iut js trounez-là des filles qui voui» prient de inh ncii^ir, sotih U)m idrez iey aussi chèrement qu'il > ous plaira. Tout de U>n , \oh très n'ont iamais Cût tant de l#rujt à Londres ^ qu'eileb en t(mi à pis. Tout le monde en parie ; chacun les âi^ir^t : ^it w 1/^ OiajA<J igneur sçau(»t combien vous estes coiiiâdej'aJ^le pHJSu} kb <'Am^ ns , il vous meltrcHt pour toute i ostie \ j*r daiis Mtf^ (if-:^ tr^ui-^ <Ui ht Tuoire. Madame la Priinsesse me demaudoit J'aulre ïo^jr, a'ïl e^U^il DC vray, que vous eussiez tant d'espj-h que J'ou div^it. î\ sy\ oit que quatre ioore- que Mademoiselle de Bouiliou jjj auoit fait mesme question : ^ il n y a j>erbc»uu»:',. qui nt^ t hbioriTi*- du biui* i se fait à cette beui-e de vous datib l«r :■^^»î^'ie. Ca.» \j'j\m >out di»< vray, vostre p^ysioiiomir- ne l'ait pa^ iu^^^*» .n\v. ijr t^^v''•^ y i* <1« a en vous: et c'est vue niei-uvilU- . '^u*/ hv.r \'Mrt' in\n*: ou w^u: pris vne fois poui vd lu^i^iiieu? . Oî' u*^ i'j;^»jioi- iamait <■ n'V.m : , ce que vous val«r : e1 pour ^'.lut vy-iiiio? auUur *.;m* n'.'u? l« riteZyil faut vous au'ju pi-aii'.fu* aman: mu» • Vx iat» *ji n^ ^'y^'
auoir iamais veu , et ne vous connoistre que par vos lettres. !^3n rité, elles sont extrêmement agréables : et je lie le suis iamais ^' à tous ceux (qui m'ayment , que quand ie leur en porte ? qu\ne. Pai^ticulierementMonsieur et Madame de Rambouillet 9 ^ demoiselle leur fiDe^ et Monsieur le Marquis de Pisany^ en ^ rauis, et ont. pris de là vne estime et vne afTection tres-particufia pour vous. Songez donc à entretenir ce que vous auez icy actp^ en m'écriuant le plus souuent^ et le plus agréablement^ que too pourrez.'Jl ne faut point faire d'effort pour cela. Le lieu où vous est? vous fournira d'icy à dix ans^ de quoy dire tousiours des choK nouuelles. le voudrois bien, qu'il me fust aussi aisé de vousIm entretenir : et qu^en vous descriuant nos habillemens^ nos^façonsd faire^ de viure^ de manger^ les accoustremens et les beautez deix femmes y ie pusse faire des lettres que vous prissiez plaisir de lin Mais hors les cérémonies de nostre Religion^ ie crois que vousn'i uez encore rien oublié de ce qui se fait ici. De sorte ^ Monsieii qu'il ne me reste rien à vous dire ^ sinon que ie vous honore p faitement^ et que ie vous ayme de tout mon cœur : et vous sçm cela aussi bien que moy. Car de vous raconter de quelle sorte no auons secouru Gazai ^ et comment nous auons pris Arras^ et Tun quel plaisir cela vous donneroit-il, vous qui estes accoustuméà^ armées de trois cens mille hommes , et qui auez encore assez fra elle dans Fesprit vostre prise de Babylone? le vous diray seulenK vne chose , qui vous doit estonner. Monsieur le Prince d^Orange i battu à cette heure tous les ans cinq ou six fois : et Monsieur Comte d'Harcourt fait des choses que le Roy de Suéde luy enu roit, s'il estoit au monde. Adieu, Monsieur. Quoy qu'il en arriu aimez-moy tousiours : et faites-moy l'honneur de croire , que suis autant que je dois, et auec toute sorte de passion,
Fosire , etc.