‹ Les œuvresChapitre 9 sur 149 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

tare eu Lorrains. — Retour de Monsieur. — Ses favoris. — Monsieur quitte de nouveau la France.

i^oUure^ à son grand regret , dut rejoindre son maître. Il fut fort n accueilli de la petite cour de Lorraine^ où sa réputation l'avait ioédé. Là^ comme à Paris ^ les dames et les grands seigneurs le tarent à Tenvi; mais Voiture, mal portant et plus mal disposé, ne tondit pas à leur attente: s'il retrouvait de l'esprit, c'était pour ndre sa détresse à madame de* Rambouillet, comme dans cette le datée de Nancy :*

Madame,

)epuis que ie n'ay eu rhonneur de vous voir, j'ay eu des maux qui ne Muuent dire. Mais ie n'ay pas laissé , auec tout cela, de me souuenir 08 que vous m'auiez commandé. En passant par Espemay, ie fus voir rostre part Monsieur le Mareschal Strozzi : et son tombeau me sembla nagnifique, que voyant en quel estât j'estois, et me trouuant là tout té, j'eus enuie de me faire enterrer avec luy. Mais on en fit quelque kulté, pource que l'on trouua quej'auois encore trop de chaleur. Je résolus donc de faire porter mon corps jusqu'à Nancy : où enfin , Ma- M, il est arriué si maigre et si défait, que ie vous asseure que Ton en met lorre beaucoup qui ne le sont pas tant. Depuis huit iours que j'y suis,ie y pu encore me remettre : et plus ie m'y repose , plus ie m'en trouue • Aussi , il y a si grande différence des quinze iours que i'ay eu l'honm d'estre auecque vous , aux quinze derniers que j'ay passez ; que ie Htonne comme ie la puis souffinr : et il me semble que Monsieur Marine qui est içy Maîstre d'école, etmoy, sommes les deux plus pitoyables anples que l'on puisse voir du changement de la fortune./l'ay des oofifemens et des foiblesses, qui me prennent de iour à autre, sans B l'on puisse trouuer icy de Theriaque : et ie suis plus malade que ie ne i iamais , en vn lieu où il n'y a point de remèdes pour moy.^e sorte , dame , que ie crains fort que Nancy ne me soit aussi funeste qu'il le au Duc de Bourgogne : et qu'après auoir eschappé de grands périls, et isté a de grands ennemis , aussi bien que luy ; ie ne sois destiné à finir mes iours. l'y resisteray pourtant , autant qu*il me sera possible. Car il ▼ray que j'appréhende de ne plus vture , quand ie songe que ie n'aurois s l'honneur de vous voir. Et après auoir failly à receuoir la mort par la in d*vne des plus aimables Demoiselles du monde , et manqué tant de

âO - VIE DE VOITURE.

belles occasions de mourir en vostre présence : il me fascheroit m'estre venu faire enterrer à cent lieues de V4)us; et de penser que q iour, en ressuscitant, j'aurois le déplaisir de me trouuer encore v en Lorraine.

Ce premier exil ne fut heureusement pas long ; les envo

• Monsieur, le Coîgneux et le cardinal de BéruUe, négociaient nient avec les plénipotentiaires de Richelieu, MarillacetBout Et au mois de janvier 1630 ils conclutent un ^cC/Ommodeme devait être peu sincère, et que les deux partis regardaient c provisoire* Le duc d'Orléans reçut des lettres-patentes pour mentation de ses revenus, et les brevets des deux gouverne d'Orléans et d'Amboise. Alors seulement il consentit à rentre

• le royaume. Il revit à Troyes le roi son frère qui parut avoir le passé , et lui offrit le commandement de Tarmée de Gham] destinée à arrêter l'empereur et à tenir en respect ce même

• Lorraine qui, la veille encore, était le meilleur ami de Monsie

Voiture, qui n'avait aucun goût pour les orages de la pol s'empressa de revenir à Paris pendant cette trêve passagère cardinal de Richelieu s'efforçait de rendre définitive. Avec o pénétrant auquel rien n'échappait, il n'avait pas tardéà s'ape que le seul moyen de dominer Monsieur c'était une allianc

I ses favoris; il résolut d'acheter Puylaurens et le Goigneux.L quis de Rambouillet fut diargé de négocier cette affaire. On cent mille écus à Puylaurens pour acheter le duché de Da que le roi promit d'ériger en sa faveur en duché-pairie. ï

i Goigneux qui, deux fois veuf, soupirait après le chapeau Ai nal, il eut en attendant la charge de président à mortier, et fit entrevoir la pourpre dans l'avenir.

La reine mère, en apprenant ce traité, s'emporta contre quis de Rambouillet: « Il m'a coupé la gorge, disait-elle; gneux et Puylaurens sont des coquins, ils ont vendu mon f En polrtique habile, elle comptait pourtant qu^ils reviendr elle, et que leur nouvelle liaison avec le cardinal ne durer longtenms. Elle ne se trompait pas : Monsieur avait été v^ ses favonsau mois de novembre 1630, et le 31 décembre, s quinze gentilshommes, il se rendait chez le cardinal et Pi grossièrement, à l'instigation de le Goigneux et de Puylaur s'étaient crus joués par Richelieu. A la suite de cette équipa ion s'enfuit d'abord à Orléans, et bientôt, menacé de tous c< les troupes royales, il se retira en Bourgogne, où la trahison

^ de Bellegarde lui livrait la ville de $eure.

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