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CHAPITRE VI

-t du jeune fils de madame de Rambouillet. ~ Voiture rejoint Gaston. Monsieur se prépare à la guerre.

ilonsieur^ dans sa fuite précipitée, ne s'était fait suivre que d'une fie de sa maison. Voiture put séjourner quelque temps encore à by mais ce fut pour y être témoin d'un affreux événement qui l jeter le deuil et la désolation dans la famille de madame de RamiSfki : son second fils, gracieux enfant de huit ans, ayant émisé sa gouvernante qui venait de voir un pestiféré, fut atteint mtoie de la contagion, et mourut au bout de quelques jours. Ma- Doîselle de Rambouillet et mademoiselle Paulet l'assistèrent jus- ■u dernier moment. Voiture, qui vivait presque dans la maison, iODçait ainsi à madame de Sablé cette mort effroyable et inatdne:

tar vous consoler de la mauuaise nouuelle que vous auez déjà apprise, le sçay point de meilleur moyen que de vous faire peur pour vous- ■ne. Sçachez donc que moy qui vous escris , ay esté trois iours durant me maison , où deux personnes mouroient de la peste. lamais vous ne Bi mieux que de sortir de Paris , puis que c'estoit le temps où les mestes gens deuoient estre affligez. Madame de Rambouillet a perdu ^pedt-fils , qui est mort de la peste en trois iours : et elle n'a pas voulu Ik de sa maison tant qu'il a esté en vie. Vous pouuez juger, Madame , ^ lin ne m'a pu empescher d'estre tousiours parmy eux, puisque vous Nia point icy. Mais j'ay peur que ie ne vous espouuante trop ; et que Uededont îe veux guérir vostre ennuy, ne soit plus violent que le mal. ■hes donc , que moy qui vous escris, ne vous escris point , et que j'ay loyé eette lettre à vingt lieues d'iey, pour estre copiée par vn homme » ie n^ay iamais veu —

2es plaisanteries paraîtront cruelles, si Ton songe que celle à qui

m s'adressaient avait toujours la mort devant les yeux , et la re-

iait au point qu'elle ne visitait pas ses amies lorsqu'elles étaient

|ilenient*enrbumées.

"éndant que Voiture badinait sur cet horrible f<ujet Ac la peste.

la situation se compliquait chaque jour davantage : le roi

Ison frère de la Bourgogne, et faisait enregistrer au parloneotj Dijon un édit qui déclarait criminels de lèse-majesté les pri adhérents de Gaston. Celui-ci quitta immédiatement le roy et, suivi de tous ceux qui étaient nommés dans la déclaratioD J|

4 retira d^abord sur les terres d'Espagne, à Besançon, et bientMa en Lorraine. Le 24 juillet, parut une ordonnance qui enjoig tous les domestiques de Monsieur qui voudraient demeurer ( maison, de se rendre auprès de lui en Lorraine dans Tespacel quinze jours, après quoi il ne leur serait plus permis de sortit j royaume pour l'aller trouver, non plus qu^à ceux qui seraient! en Lorraine de revenir dans le royaume, sous quelque préteite^ ce fût, à peine d'être déclarés perturbateurs du repos public, i comme espions et punis selon la sévérité des lois. On avait < de comprendre les officiers de ce prince dans la déclaratioD i condamnait comme criminels de lèse-majesté ceux qui l'a suivi. On leur avait pei-mis d'aller servir leur quartier auprès de ^ personne, et de sortir du royaume ou d'y rentrer quand ils te! laient : mais on s'était aperçu qu'ils abusaient de cette libertép apporter des paquets adressés à différentes personnes, ou des 1 les et des satires contre le gouvernement, qu'ils répandaient ^ toutes les villes du royaume.

^ Voiture fut atterré par cette ordonnance; il avait toujours eui grande sympathie pour le parti le plus fort, et il lui en beaucoup de déclarer la guerre à tant de ses amis sans avoir i moins l'espérance du triomphe. Ce sentiment résulte clairement j

{ ces lignes, qu'il écrivait à son intime ami le cardinal de la Valel

MONSEIGNEVB,

Quoy que j'espère estre dans quelques iours plus prés de vous qui suis : ie crois qu'il est à propos que j'en prenne congé dés cette que ie vous die , qu'enfin , après beaucoup de peine , ie suis résolu I trouuer mon Maistre, voyant que ie n'en ay plus icy. Selon que il entendre , ce n'est pas me mettre du costé des plus forts ^ et ie pas que ie le fortifie guère par ma présence. Au moins , ie voit liki^ l'exemple de Monsieur de Lorraine , et le peu de secours qu'il a aux affaires de l'Empereur, que les grands hommes ne font pas toutes choses; et qu'ils ont besoin de l'assistance des autres, et de de la Fortune. Tant y a , Monseigneur, que ie feray tousiours vnc action en sortant de Paris : et ie crois qu'il faut autant de courage force t)our quitter cette Ville , que pour en prendre autant que le Ecfi Suéde en tient en Allemagne

Vcriture avait raison de s'effrayer. A son arrivée en Lomûne^ flri condamné à un service actif auquel ses fonctions de Paris ne tndent guère habitué. Nommé chargé d'afTfures près de la reine % tère^ il était presque toujours en route entre Bruielles et Nancy^ QHS que ses efforts amenassent aucun résultat^ les deux parties conactantes n'ayant pas d'autres ressources que celles qu'elles attenlient de l'Espagne.

Gaston s'était établi en Lorraine comme dans une terre à lui : veuf dpuis deux ans^ il négociait son mariage avec la princesse Marguete, sœur du prince régnant, pendant que Puylaurens séduisait la t rinoesse de Phalsbourg, autre sœur du duc. Ils ne songeaient tous is deux qu'à l'amour, lorsque l'arrivée soudaine du roi de France int trouMer leur félicité. Monsieur dut quitter de nouveau Nancy, b il venait d'épouser secrètement Marguerite; il se retira près de * I mère, à Bruxelles, et avec la dot de sa nouvelle épouse il leva t ne armée et s'apprêta à la guerre.

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