‹ Les œuvresChapitre 93 sur 149 · PLACET A VNE DAME · texte numérisé non relu

PLACET A VNE DAME

Plaise à la Duchesse très-bonne (1;, Aux yeux tres-cIairs^ aux bruns cheueux^ Reyne des flots de la Garonne^ Dame du Loth^ et de tous ceux Qui virent iamais sa personne :

De laisser entrer franchement, Sans peine et sans empeschement, Vn homme au lieu de sa demeure ; Qui y s'il ne la voit proroptement , Enragera dedans vne heure.

On a pour luy trop de rigueur Chez vous : et tout haut il proteste.

Que par vn larcin manifeste, On retient son ame et son cœur.

Et que Ton ne veut pas le reste.

L'vn est dedans, Tautre est dehors, Et Fvn et Fautre est tout en flame :

Il est raisonnable, Madame, Ou que Ton reçoiue son corps, Ou que Pon luy rende son ame.

Il se voit pris comme au lacet , Et souffre vn estrange supplice.

Mais le pauuret est sans malice.

Ne refusez pas son Placet ; Car sans doute il est de iustice.

Il a trop souffert de moitié.

Au nom de sa ferme amitié.

Consolez son ame abbatuë :

Ou dites, au moins, par pitié A vostre Suisse, qu'on le tuë.

(1) La duchesse d'Aiguillon.

AVTRE.

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