‹ Les œuvres poetiques d'André de RivaudeauChapitre 11 sur 39 · AKAR · texte numérisé non relu

AKAR

Et leur meilleur repos fut quand par mainte guerre

Et au prix de leur sang ils conquirent leur terre ;

Et Teurent-ils conquise alors par fer et feu ,

La pluspart d'eux périt. Surtout fut triste vn vœu

De celui qui ayant à la vintiesme ville

Prins les maisons d'Âmmon sacrifia sa fille ,

Âpres qu'elle eut deux mois par les monts lamenté

Le destin ennemy de sa virginité.

Alors estoyent encor' les forces Philisthines

Neufues à Israël , quand ces verges diuines

Leur vindrent de surcroist, et leurs tranchans cousteaux

Les firent lre3bucher à tas et à monceaux.

Depuis ces hommes las des luges et Prophètes

Soumirent jà des Rois leurs endurcies testes,

Randant leur estât pire et leurs conditions ,

Et s*abondonnans plus aux persécutions.

Au plus vaillant d'eux tous la mort fut pourchassée ,

Par l'iniuste Saûl y combien que rabaissée

L'audace Philistine eust été par Dauid ,

La vie presque ensemble et l'honneur il perdit.

Depuis estant haussé , bien que la renommée

L'ait fait le meilleur roi de la terre Idumee,

Il foula toutefois l'Israélite gent,

Assez accoutumée à pareil traitement.

Il feit iniustement tuer le panure Vrie

Au siège de Rabbath , dont son ame marrie

Flora depuis la mort, et se désespéra,

Quand le Seigneur son Dieu de ces maux l'asseura,

Dauid l'as tu fait? Ma vengeance dernière

Sera tousiours sur toy, et l'espee meurtrière

Ne se verra dehors en aucune saison

THAGEDIB SAINGTB. M

De ton sang, de ta race, et toute ta maison.

Et fut comme tousiours le Seigneur véritable,

Dauld soudain perdit cest enfant misérable

De Bethsabée et luy, et après quelque temps

Il sentit les efforts de ses fils violens.

Ammon, son premier-né en son lit de main forte

Souilla sa sœur Thamar, puis luy ferma la porte.

Et depuis Absalom vengeur et sans pitié

Feit assommer Ammon soubs ombre d'amitié,

Apres auoir couué une emprise mortelle

Deux années durant de la mort fraternelle ,

Cest Absalom monta sur le lit paternel ,

Et versa sur son chef vn malheur éternel ,

Quand non content d'auoir fait massacrer son frère

Il s'essaya rauir la vie de son père :

Or Dauid despesché de cest ennemi fort

Retombe tout soudain par vn sien nouueau tort

En vn tourment nouueau , et après Tiniustice

Qu'y a souffert des siens , luy-mesme par son vice

Ruine ses suiets quand le peuple conté

Il entend par loab le nombre estre arresté,

Dlsraêl huit cent mille ayant porté les armes,

Et cinquante milliers de luda bons gendarmes.

Car fièrement haussé de ce nombre si grand ,

Il oublia les biens receus du Dieu viuant.

Lors vn soldat des cieux de mains vindicatiues

Noya de sang vermeil les campagnes luifues :

le laisse que tantost Adonie rauit

Peu s'en fallut le sceptre à son père Dauid.

le tay la longue faim que les Israélites,

Ayans faucé leur foy aux fiers Gabaonites y

(a AMAfk

Auaient deuant souffert , et la trop dure loy Qu'ils feirent supporter à sept enfans de Roy. Les races peu après par deux Rois diuisees Tournèrent contre soy leurs armes aiguisées.

Et sans aucun repos portèrent bien long temps L'insupportable ioug de leurs princes tyrans. Et n'eurent aucuns rois iustes ni débonnaires Qu'Ezechie et losie à tous autres contraires. Et ce peu de bon temps bien fort tost s'en vola, Quand loacim de Dieu le temple viola Et suiuit les faux Dieus des nations payennes. Puis esclaue se veit des mains assyriennes.

Sedecie depuis consomma le malheur, Ayant estrangement offencé le Seigneur, Qui voyant derrober par luy sa saincte gloire, Abolit de tous poincts d'Israël la mémoire :

Feit occire le peuple et d'vn bras irrité Dès le bas fondement arracha la cité.

Israël ne fut plus qu'vne poignée d'hommes Bannis de leur pals, le demeurant nous sommes De ce nombre petit , qui tous les iours mourons , Et pires que la mort mille tourmens souffrons, Depuis que cest Aman gouuerne la contrée Et a vers nostre Roy si fauorite entrée.

Il me hait par sur tous, et despit à grand tort Par tous moyens qu'il peut me pourchasse la mort. Il m'a fait esleuer vne croix vergoigneuse Pour contenter vn peu son ame furieuse , lusqu'à ce qu'à loisir il impetre du Roy Les testes en vn iour de mes frères et moy ; Mais Dieu dispose tout, vne humble patience

TRAGEDIB SAINGTE. IB

Peut surmonter d'Aman la roide violence.

Au fort, s'il faut ployer soubs nos persécuteurs,

le ne suis pas meilleur que mes prédécesseurs.

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