‹ Les œuvres poetiques d'André de RivaudeauChapitre 16 sur 39 · AMAR · texte numérisé non relu

AMAR

De ses Prœuosiz.

LA TROVPE.

Âmy, ie vous vplain bien , Car Yostre long labeur ne vous seruira rien.

Vous tombez d'vn escueil dangereux en vn pire , Car le mescbant Aman qui gouuerne Tempire Nostre race destruit •, mais dictes-nous pourquoy Plutost n'auez cerebé la présence du Roy ?

SDŒON.

Pour ce qu'au temps du gratieux roi Daire , Le gouuerneur n'estoit pas si contraire.

le vous suppli ) mes Dames , dictes-moy Pourquoy Aman bait si fort nostre loy?

LA TROVPE.

Le discours est bien long , bien fort longue Tiniure

Pour laquelle ces maux le panure peuple endure :

Vous entendrez pourtant depuis le premier trait

Pour quelle cause Aman nous persécute et bait.

AssvERE donnait vn banquet magniflque

A tous les Princes grans de la terre Persique :

La cour de son palais^ à quatre rancs entiers,

Estoit bordée autour de forts grans piliers,

L'estoffe d'or massif, et la façon antique

Dont iadis abondoit le Temple ludalque :

Au sommet cent tapis , pleins d'autant de couleurs

Qu'au printemps les verds prés nous descouurent de fleurs ^

La rose, ni le lis, ni la fleur immortelle,

La pourpre , le coural , ni l'arc qui nous decelle

L'ordonnance du Ciel , ni l'oyseau excellent

TRAGEDIE BAINCTE. lOT

Qui vente a sa compagne un pannacbe brillant, Portent couleur en eux dont les tentes polies Incomparablement ne feussent embellies ; L'artifice de loing nature deuanceoit , Et en quelques endroits soy-mesme surpassoit; Tout autour paroissoit yne peinture vifue , Et enseignoit comment nostre gent fut captiue. Là , par TAssyrien nostre malbéureux Roy Voyoit égorgeter ses enfans deuant soy ; Le Cbaldœen , soldat d'une dextre sanglante , Bouillant, écarteloit mainte teste innocente. Quelqu'vn pilloit le Temple et l'autre le chasteau , Tel geinoit vne femme et l'autre vn enfant beau. C'est assés de cela dont triste est la mémoire : D'autre part se lisoit des Rois Persans la gloire , Cynis tetoit la louue , et Harpacte esprouueoît Le fiel d'yn Âstyaga et ses enfans mangeoit, Et reuenchoit après la vengeance félonne Faisant iustement perdre à son Roy la couronne : Là y Cyrus se baussoit, sur mille Roys, vainqueur! Mais du fait de sa mort Tonurier estoit menteur, Par l'ignorée mort du désastreux Cambyse La seigneurie estoit à vn vilain acquise.

Soudain par son bon sens Daire la saisissoit, Et premier au soleil son cbeual bennissoit; On l'aperceuoit bien en vtie œuure muette, La ruse estoit pourtant clairement descouuerte. Xerxe sur terre ferme vne grand mer creusoit , Et ailleurs de la mer vn lieu ferme faisoit ; Mais la fuite estoit teue, et sa honte étemelle, Et celle tant de fois mal vengée querelle,

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