DERNIER CHAPITRE
Le lendemain, M. de Rosbourg mena encore Sophie chez sa belle-mère. L'entrevue de la veille avait fait une fâcheuse impression sur l'état de la malade. Le curé y était; il administrait l'extrêmeonction*. M. de Rosbourg et Sophie se mirent à genoux près du lit de la mourante. Quand le prêtre se fut retiré, Mme Fichini appela Sophie, et, lui prenant la main, elle lui dit d'une voix entrecoupée :
« Sophie, . . . j'ai un enfant, . . . une fille. ... Je suis ruinée. ... Je n'ai rien à lui laisser. ... Tu es riche, . . . prends cette pauvre petite à ta charge,... protègela.... Ne sois pas pour elle... ce que j'ai été pour toi.... Pardonne-moi.... Je n'exige rien.... Ne me promets rien,... mais sois charitable... pour mon enfant.... Adieu,... ma pauvre Sophie.... Adieu,... ma pauvre, pauvre enfant!
— Soyez tranquille, ma mère, dit Sophie, votre
1, Sacrement qu on administre aux mourants.
fille sera ma sœur, et je vous promets de la traiter et de l'aimer comme une sœur. Mme de Fleurville, qui est si bonne, et M. de Rosbourg, mon excellent tuteur, me permettront d'avoir soin de ma sœur. N'est-ce pas, monsieur de Rosbourg?
M. I)E ROSBOURG
Oui, mon enfant, suis l'instinct de ton bon cœur; je t'approuve entièrement.