‹ Les vacances de la famille PlumetChapitre 21 sur 21 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

Tous réunis 1

Sur le quai de la gare de Biarritz, cinq petits goélands blancs attendaient leur grand frère qui s’était séparé d’eux pour la première fois de sa vie.

Aussi lorsque le train entra en gare, ce fut une très grande agitation parmi les goélands.

« Le voilà! crièrent-ils. Les voilà! » et d’un compartiment, on vit trois mouchoirs qui s’agitaient frénétiquement. De ce compartiment descendirent le commandant O’Reneck d’abord, puis Yves, puis Pierre, enfin Lisbeth. Alors ce furent des cris de joie, des baisers et des rires sans fin!

« Nous avons papa! Nous allons pouvoir vivre avec vous et nous amuser dans la maison Joyeuse, » s’écria Lisbeth.

Jean et Jacques s’attachaient à tous les

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pas du commandant. Songez donc un marin, un vrai!

Us se demandaient quand viendrait le moment où ils entendraient dans ses moindres détails le récit du torpillage et de l’évasion

« Les voilà! Les voilà! » s’écrièrent les petits Plumet.

du commandant, — car celui-ci ne parvenait pas à répondre à toutes les questions qu’on lui posait à la fois.

La première chose que firent les six Plumet, ce fut d’aller rendre une visite à « l’île mystérieuse » où avaient été amassés des trésors sans pareils, et là, tandis que leurs parents conversaient tranquillement dans le salon de la villf^

Joyeuse, ils s’installaient sur le divan, sur les coussins pour délibérer et établir un vaste programme de toutes les distractions auxquelles l’on pourrait se livrer ensemble.

« Est-ce que vous allez demeurer à Biarritz ? demanda Pierre à Yves et à Lisbeth.

— Bien sûr que non! D’abord, moi, maintenant, je vais continuer mes études et me préparer pour le Borda , car ma petite sœur n’a plus besoin de moi puisqu’elle a papa et tante.

— Alors, dirent les deux jumeaux en battant des mains, vous y serez avec nous?

— Si vous êtes reçus! fit remarquer Lisbeth d’un petit air ironique.

— Oh! Oh! voyez-vous ce mauvais augure! Cassandre, va!

— Qu’est-ce que c’est que Cassandre?

demanda Louis, le gros joufflu.

— C’est une femme de l’antiquité qui prévoyait tous les malheurs.

— Alors, elle devait être bien ennuyeuse! dit Jean.

— Si on l’avait écoutée, la ville de Troie n’aurait pas été prise.

— Qu’est-ce que Troie?

— Est-ce que vous allez faire un cours d’his-

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toire? dit Paul. Parlons de nous.... Alors si vous ne restez pas à Biarritz, vous irez à Paris?

— Sans doute dit Lisbeth. Et si papa navigue.... Eh bien!... j’ai une idée sans pareille.... Si nous demeurions tous ensemble? C’est ça qui serait délicieux!

— C’est ça, c’est ça! Moi, je suis d’avis qu’il faut tout de suite proposer cette idée à nos parents dans le cas où elle ne leur viendrait pas.

— Oui! Oui! Allons-y tout de suite.... Vite! »

D’un bond, Yves, Lisbeth, Pierre, Jean

Jacques, Paul, Louis et Rose, qui s’efforçait de marcher bien vite avec ses petites jambes, afin de suivre les autres, descendirent l’escalier, traversèrent le jardin, passèrent par le trou de la haie et firent irruption dans le salon où étaient réunis leurs parents.

« Papa! papa.... Nous habiterons ensemble!

— Nous nous préparerons au Borda.

— Je m’occuperai de Rose.

— Je ferai mes devoirs.

— Nous sortirons ensemble. »

Il était difficile de saisir le sens des cris tumultueux des enfants, aussi M. et Mme Plumet se bouchèrent-ils les oreilles pendant que le commandant disait ;

« Impossible de comprendre un mot à ce que vous dites. Je donne la parole à Pierre.

— Voilà, dit Pierre subitement intimidé. Nous pensons ou du moins nous disions que voilà... si vous... pour travailler. »

Un éclat de rire général accueillit ces paroles.

« Je crois que tu bafouilles, mon garçon, dit M. Plumet, passe la parole à un meilleur avocat.

— Oui, Yves...,

— Non, pas moi....

— Eh bien! moi, alors, dit Paul, avec son petit air sérieux. Nous demandons, nous, les enfants, à nos parents de vivre tous ensemble. Il y a bien assez de place dans la maison de Paris pour cela.... Yves ira au lycée avec nous, et Lisbeth restera avec Pose qui l’aime beaucoup....

— Oh oui! dirent en même temps Lisbeth et Pose.

— N’interrompez pas l’orateur.

— ... De sorte, continua tranquillement Paul, que lorsque le commandant repartira en mer....

— Tu es bien pressé, mon ami, attends un peu....

— ... Lisbeth et Yves ne seront plus aussi seuls, car Mlle O’Peneck pourra s’installer à un étage de la maison. Voilà notre proposition à nous, les enfants,

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— Mon ami, dit le commandant, tu es fait pour être orateur. Tu ne te laisses ni interrompre, ni intimider et tu vas droit au but.

— Eh bien! mes petits, dit M. Plumet, il faut vous avouer que nous venons d’avoir la même idée... alors.... »

Mais il ne put finir son discours, lui, car les enfants se jetèrent comme des fous au cou de leurs parents, les embrassant et les remerciant du bonheur qu’ils leur donnaient.

La fin des vacances approchait et tous pensaient sans tristesse à la rentrée à Paris, car ils avaient l’espoir de vivre ensemble aussi joyeusement qu’à Biarritz.

« Pour des vacances bien employées, déclarait Pierre de temps en temps, ce sont des vacances bien employées! »

On voulut refaire les promenades dont on garderait toujours le souvenir. On alla à Bayonne boire du chocolat sous les arcades de la rue du Port-Neuf, on se rendit en bateau à Guéthary, mais cette fois-ci il n’y eut pas de retour en cachette; on fit des déjeuners dans les bois, on construisit des forts sur la plage; « l’île mystérieuse » fut visitée dans tous les recoins et ses trésors exhibés et admirés. Il fut convenu que chaque année on viendrait passer les

vacances dans les deux villas qui avaient été le théâtre d’événements si mémorables.

On laissa la chambre de « l’île mystérieuse » telle qu’elle était; on emporta seulement! quelques costumes, des coquillages, des étoffes, des coussins qu’on rassemblerait dans une pièce de la maison de Paris.

Et un beau jour, la famille Plumet et la famille O’Peneck prirent le train pour Paris le plus joyeusement du monde. Deux enfants n’avaient-ils pas retrouvé leur père et, chose surprenante, n’avaient-ils pas- maintenant cinq frères et une petite sœur?

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